Préalable CSE Siège – Pas de vacances pour nos revendications !

Nous entrons dans un moment charnière.

La fin de mandature des élus de ce Comité Social et Economique approche, mais nous entrons aussi, et surtout, dans une année d’élection présidentielle.

Et le moins que nous puissions dire, c’est que notre direction laisse tout le monde partir dans tous les sens. Une nouvelle émission politique sur France 2, une nouvelle émission politique sur France 5, chacun son hochet… comme d’habitude !

Mais alors que le directeur de l’information avance ses pions avec son projet « Démocratie », où allons-nous trouver l’ersatz d’un début de débat en interne pour évoquer l’échéance d’avril 2022 ? Allons-nous laisser privatiser ce débat démocratique par quelques présentateurs, quelques politologues, quelques pseudos débats (avec de « vrais gens » comme ils disent), pour arriver au bout du bout à gloser des heures et des heures sur le duel qu’on nous prédit partout et n’importe où ?

Le SNJ en appelle à la responsabilité de ceux qui nous dirigent pour organiser, en interne, une réflexion entre tous les acteurs de l’information impliqués par la présidentielle à venir. Et surtout qu’on ne nous oppose pas comme travail en cours, les fameux ateliers « Présilab » qui, entre autres, font appel à des influenceurs pour tenter de réfléchir à un meilleur traitement de la politique. Une caricature ! La politique dans toutes ses dimensions est une chose sérieuse.

Plus matériel que spirituel, évoquons maintenant la fameuse plateforme « HCorpo » qui, à la base, devait nous faciliter la tâche pour nos réservations d’hôtels et pour nos missions.

C’est pour l’instant, comme nous l’avons déjà dit en réunion de représentants de proximité, tout simplement ni fait ni à faire. Complexité générale du système, complexité pour réserver en même temps avec les autres membres de l’équipe quand la mission n’est pas complètement organisée, choix d’hôtels inadaptés par rapport aux lieux de certaines missions, opacité enfin sur le coût de cette plateforme pour France Télévisions. Nous avons plus l’impression d’enrichir un groupe hôtelier qu’autre chose. Pour nous c’est donc non !

Après nous avoir imposé la carte « Corporate », après nous avoir compliqué la vie avec « Concur », voilà la cerise sur le gâteau avec « HCorpo » ! Si la direction veut continuer à rendre l’organisation des missions toujours plus lourde et contraignante, si elle souhaite décourager les reporters, qu’elle continue ainsi.

Nous avons posé des questions à la direction concernée qui répondra par écrit pendant ce CSE, mais d’ores et déjà nous avons sollicité le secrétaire de l’instance pour qu’il négocie avec le président l’inscription d’un point sur « H Corpo » pour la réunion de septembre.

Quelques lignes de satisfaction maintenant. Sous le haut patronage des élus, le CSE Central et le CSE du Siège ont enregistré une première victoire dans le dossier du projet de transfert d’une centaine de salariés de France Télévisions vers France TV Studio. Un premier point marqué quant à la date de consultation des élus, repoussée de plusieurs mois, contrairement aux désirs de la direction.

Mais sur le fond le SNJ rappelle qu’il est opposé à ce transfert, toujours pas justifié selon nous. La gestion des émissions peut se faire avec France TV Studio, mais les salariés doivent rester liés par contrat à France Télévisions, et à 100% (lire ici le texte SNJ « Non au transfert forcé de nos collègues ! » : 2021 Préalable SNJ au CSE Central du 31 mars (snj-francetv.fr)

Un dernier mot en guise de rappel. Le mercato continue à la rédaction nationale. Certains continueront de cumuler, d’autres auront droit à des émissions ou des moyens supplémentaires. Et nous au quotidien, nous sommes pressés. Pressés de voir les services de la rédaction reprendre le pouvoir sur les éditions, pressés de voir certains encadrants sanctionnés pour leurs mauvais comportements managériaux, pressés d’assister à la remise en cause d’une fusion qui ne cesse de faire des dégâts humains, pressés enfin que nos diagnostics soient pleinement entendus, comme au service JRI par exemple.

Un certain nombre de dossiers individuels sont pris en compte par le nouveau directeur de la rédaction, c’est un fait. Mais notre patience a des limites … en septembre, il sera temps de demander des comptes à la nouvelle direction de l’information.

Nous ne nous laisserons pas endormir par les beaux discours ou par la « calinôthérapie ». Car nous l’avons bien compris, les projets de la direction pour nos rédactions se fondent sur le « reporter multitâche », qui devrait travailler non-stop pour toutes les rédactions du groupe, tout en montant lui-même ses sujets !

Cette vision low-cost de la télévision, avec une rédaction unique et des méthodes venues des chaînes d’info privées, nous ne la partageons pas. Elle menace les conditions de travail des journalistes et des techniciens, et elle réduit la diversité éditoriale de nos éditions d’information.

Paris, le 15 juillet 2021

Réseau F3 – Un nouveau directeur pour le réseau France 3

Un petit tour ….. et puis s’en va !

Décidément, le réseau France 3 multiplie les passages éclair à sa tête depuis un certain nombre d’années.

Les directeurs et directrices s’y succèdent à un rythme endiablé et ne semblent goûter que peu de temps à la fonction.

Une instabilité, érigée en outil de management ou plutôt de mise au pas, comme dans une entreprise du CAC 40. Une stratégie qui n’est pas digne d’un service public de l’information.

Des mandats de deux ans au plus. Celui de l’ex-directeur en poste n’aura pas excédé 9 mois avant de se transformer en une mission auprès de la présidente.

François Desnoyers aura désormais en charge les « synergies au sein de l’audiovisuel public ». Placard doré ou projet mystère ?

Alors que le réseau France 3 traverse depuis une décennie une période de disette sans précédent, que les départs dans le cadre de la rupture conventionnelle collective ne sont toujours pas remplacés et qu’une vaste réforme est attendue dans le cadre de la régionalisation à l’horizon 2022, voilà qu’une énième nomination, la quatrième en 4 ans, surgit comme une passe d’armes une veille de 14 juillet. Une nomination qui n’a pourtant rien de révolutionnaire puisque le nouvel élu occupait jusqu’alors le poste de directeur-adjoint en charge de l’antenne et des programmes pour les stations régionales.

Philippe Martinetti a dévoilé son ambition de créer, c’est son expression «  une task force régionale ».

Pour l’instant, l’urgence est plutôt de réparer des collectifs de travail parfois épuisés et de soulager des antennes souvent sous alimentées voire anémiées. Et non de réformer au pas de charge. Le réseau est toujours en attente de vrais moyens pour présenter à nos publics des éditions et des programmes dignes du service public dans le cadre d’une régionalisation souhaitée mais non pas précipitée et volontairement non financée.

Les salariés de France 3 ont cessé de se comporter en bons petits soldats car ils attendent depuis longtemps des réponses concrètes en termes d’emploi, d’éditorial, d’outils de travail de qualité et de conditions de travail non dégradées.

Rappelons ici que le réseau a enregistré 26 alertes sur la santé depuis moins de trois ans dont deux tentatives de suicide. Et ce ne sont pas les soi-disantes nouvelles perspectives ouvertes dans les différentes expérimentations comme sur la chaîne de plein exercice d’Aquitaine, NoA, qui les auront rassurés.

Pour le SNJ, ce nouveau jeu de chaises musicales démontre une fois de plus que le destin du réseau régional de France ne se joue pas là où on le croit, mais plutôt dans des cabinets ministériels ou des hémicycles et plus surement encore à la direction de la stratégie et à celle de la transformation de l’entreprise.

Le retour d’un management jacobin, sorte de trahison de l’ « esprit Bastille » !

Philippe Martinetti, nous le connaissons déjà mais lui, connait-il vraiment le réseau régional ? En tous cas, le nouveau directeur, qui a plusieurs fois montré un enthousiasme débordant pour le projet de régionalisation, sait aussi qu’il aura, face à lui, des interlocuteurs coriaces et attachés à une certaine idée du service public « Made In France 3 ».

Le SNJ attend de lui en tous cas que les élus, présents et futurs, soient véritablement écoutés et entendus, ce qui a rarement été le cas ces derniers mois et que ce CSE soit beaucoup plus qu’une instance prétexte ou un passage obligé.

Nous demandons surtout au nouveau directeur d’être à la hauteur des attentes de tous les salariés à l’heure où le Réseau, déjà malmené, doit s’orienter vers une vaste réforme qui ne pourra se faire qu’avec eux.

Paris, le 15 juillet 2021

Liminaire des élus SNJ au CSE Réseau régional des 30 juin et 1er juillet 2021

En premier lieu, le SNJ vous souhaite un bel été
et surtout un repos amplement mérité après une année harassante.

La pandémie nous a tous épuisés, tout comme le calendrier social extrêmement chargé par une direction empressée de faire signer au plus vite bon nombre d’accords.

Un CSE unique qui montre aussi ses limites avec des ordres du jour surchargés et parfois expédiés faute de temps, des visioconférences rendues nécessaires par la crise sanitaire mais qui ont engendré fatigue et frustration.

L’été ne sera pas néanmoins en pente douce avec une grille estivale appauvrie et dépourvue d’originalité avec ici et là des réductions drastiques d’antennes.
La formation des salariés, comme le révèle la commission emploi, n’est pas au beau fixe.
L’emploi est à la traîne, voire carrément sacrifié, puisque tous les départs dans le cadre de la RCC ne sont toujours pas remplacés (plus de 50 départs pour la seule région PACA, une saignée) et que les réductions d’effectifs dans les antennes font déjà des dégâts collatéraux depuis le début d’année avec le 18h30, comme nous le prédisions.
Le déménagement décidé au forceps de France 3 Côte d’Azur ne lasse pas de nous interroger et nous ne sommes pas les seuls car même la presse s’en étonne.

On sait maintenant à quoi est destiné le financement de la régionalisation.
13 millions pour déménager et pas un euro pour les programmes régionaux. Mais nous en reparlerons en temps et en heure dans cette instance.

Une rentrée qui s’annonce déjà maussade sous la bannière d’une régionalisation annoncée avec tambours et trompettes mais qui se présente surtout en pointillé et souvent nez au vent.
La régie automatisée qui sort par la grande porte de l’inspection du travail à Rouen mais qui refait son apparition par la fenêtre en Alsace.

Parlons de l’Humain maintenant.
Des salariés souvent épuisés et démotivés après cette crise sanitaire qui les a tenus éloignés et souvent esseulés. Et leurs représentants, les élus de ce CSE, peu écoutés voire méprisés avec lesquels vous entretenez une relation de défiance.

N’en jetez plus la coupe est pleine, mais malgré tout cela, vous, la direction de cette entreprise et du réseau, demeurez sourde et aveugle.
Les élus ont beau vous alerter à différents niveaux , rien n’y fait.
Vous prenez chaque alerte comme une attaque personnelle alors qu’il s’agit ni plus ni moins pour vous de répondre à une exigence, à une obligation encadrée par la loi : assurer la santé et la sécurité des salariés dans l’entreprise.
Ne vous plaignez plus alors si un jour vous êtes rattrapés par la patrouille.
Demander toujours plus d’antenne à des équipes dont vous réduisez les moyens, cela a un coût humain direct.
Un coût sur la santé physique et psychique des salariés qui se traduit par une perte de sens dans leur travail quotidien .
Interrogez chacun d’eux dans le réseau et ils seront nombreux à vous dire combien ils se sentent dévalorisés dans leur mission de service public de l’information.

Les différentes expertises sur la santé des salariés révèlent de manière criante que des risques psycho-sociaux se multiplient dans le réseau avec un encadrement dépassé et une direction des ressources humaines trop souvent aux abonnés absents ou mal formée sur ce sujet.
Et malgré tout cela, la direction veut encore s’attaquer aux métiers en encourageant la polyvalence et le déclin vers une télévision low cost.

Pour toutes ces raisons, le SNJ affichera sa plus grande vigilance face aux évolutions annoncées.
Il s’agit pour nous de préserver la qualité de l’information sur le service public de la télévision régionale dans l’intérêt des journalistes et de tous les salariés de France 3, mais aussi pour nos téléspectateurs qui doivent être notre priorité.

Le 30 juin 2021

La justice annule le licenciement du grand reporter Joseph Tual

Ce vendredi 18 juin 2021,le conseil des prud’hommes de Paris a donc annulé le licenciement de notre confrère Joseph Tual.

Ce grand reporter, figure de la rédaction nationale de France 3, avait été mis à la porte en 2018, après plus de trente ans passés dans les rédactions du service public, et alors même qu’il luttait contre une grave maladie.
Ce licenciement était totalement disproportionné au regard des faits allégués. La direction reprochait notamment à Joseph Tual d’avoir relayé et commenté sur les réseaux sociaux des textes d’organisations (syndicats, SDJ…) critiques à l’égard des patrons de l’Information de France Télévisions.
Les syndicats SNJ et SNJ-CGT étaient justement intervenants volontaires dans cette procédure, en soutien de notre confrère. Le conseil des prud’hommes a jugé notre intervention syndicale recevable, au titre du « préjudice causé à la profession de journaliste ».

La direction a quelques semaines pour faire appel de cette décision de justice, dont les motivations précises doivent être communiquées d’ici quelques jours. Nous y reviendrons très prochainement dans un nouveau texte.
Quoi qu’il en soit, nous sommes ravis pour Joseph Tual, dont la ténacité dans ce combat est une nouvelle fois exemplaire.
Le SNJ se félicite de cette décision du conseil des prud’hommes de Paris, qui a su entendre les arguments brillamment développés lors de l’audience par maître Joyce Ktorza. L’avocate, qui plaidait à la fois pour Joseph Tual et pour les syndicats de journalistes, a rappelé les faits (un grand reporter qui conteste des choix éditoriaux et le traitement de ses enquêtes) et le contexte (la fusion des rédactions nationales, la mise à l’écart de plusieurs professionnels reconnus, un management brutal infligé à de nombreux « anciens  »).

Méthode indigne contre un représentant du SNJ

Le SNJ déplore en revanche certains passages choquants de la plaidoirie de l’avocat mandaté par la direction, notamment ceux où l’honnêteté de plusieurs salariés de France Télévisions a été mise en cause.
L’un de nos délégués syndicaux, qui avait produit une attestation en faveur de Joseph Tual, a été particulièrement visé. Selon l’avocat de la direction, ce confrère ne serait là que pour « instrumentaliser » la procédure afin de servir ses propres intérêts ! Devant la justice prud’homale, il est expliqué que cet élu du personnel ne peut pas être de bonne foi, puisqu’il a été « candidat à la présidence de France Télévisions »  !

Au-delà de l’aspect grotesque de cette allégation, il est honteux de voir une direction, par l’intermédiaire d’un avocat, agir ainsi contre l’un des nôtres, délégué SNJ régulièrement élu par les salariés !
Avoir porté devant le CSA un projet différent de celui de la présidente était parfaitement légitime, et ne discrédite en rien l’action sincère d’un représentant du personnel !
Nous exigeons que la direction cesse d’employer des méthodes indignes qui ne servent aucune cause valable et ne font qu’abîmer les relations sociales au sein de notre entreprise.

Paris, le 21 juin 2021