CDD à la rédaction nationale : premier recul de la direction

Le SNJ est impatient. À peine après avoir appris que la direction allait sacrifier 5 de nos CDD historiques à la fin du mois de juin et début juillet, nous avons réagi dans un tract intitulé Régime Sec. Aujourd’hui nous avons été reçus par le directeur de l’information qui annonce le maintien des 5 CDD (sur 16 CDD longue durée à la rédaction nationale) jusqu’à la fin de l’année et promet 2 embauches en CDI. C’est en partie ce que nos réclamions mais nous  restons vigilants ! La pression d’une organisation comme la nôtre n’est pas à négliger, malgré un discours anti-syndical primaire, comme toujours ! Si les promesses ne sont pas tenues, nous renouvelons notre soutien aux CDD concernés pour toute procédure possible et imaginable.
Par ailleurs concernant les rediffusions de sujets envisagées durant l’été, la direction affirme revoir sa copie et travaille à la réduction de la durée des éditions.

Paris, le 24 juin 2022

Stop aux sujets mutualisés et aux JT partagés

Mardi 7 décembre, dans le JT soir de Rhône-Alpes, était diffusé un reportage sur la difficulté de trouver des saisonniers dans la station de montagne de Chalmazel dans la Loire. Un sujet d’actualité tourné…par une équipe de France 2 !

C’était la 3ème diffusion de ce reportage dans la région, après le JT d’Auvergne et l’édition locale de Saint Etienne.

Depuis le 1er septembre, 57 reportages faits par une équipe du siège ont été diffusés en Rhône-Alpes (locales comprises), 42 depuis le début de l’année dans les Alpes et 20 en Auvergne ! Pêle-mêle « la hausse du prix des lentilles du Puy », « le blocage du réseau secondaire dans la Loire » ou « le cèpe, star des sous-bois ».

Des reportages qui auraient pu être faits par des équipes de l’une ou l’autre des 3 rédactions ou dont les angles ne correspondent pas aux attentes et aux connaissances de nos téléspectateurs.

Ce qui met en rage les salariés des antennes d’AURA, ce sont les moyens utilisés pour ce sujet à Chalmazel : un jour de tournage, un jour de montage, sans oublier un drone et un boitier 5D Canon. Quand les journalistes de France 3 en région auront-ils le droit d’utiliser ces mêmes outils ?

A ce stade, ce n’est plus un soufflet, c’est une énorme claque ! Une marque de défiance et de non reconnaissance des compétences de ses propres journalistes qui ont pourtant la connaissance de leur territoire, un mot maintes fois mis en avant dans le projet de régionalisation.

Au moins, ces journalistes du siège – dont la qualité des sujets n’est pas en cause – auront-ils eu la satisfaction de voir leurs noms crédités dans nos synthés. Un privilège qui nous est refusé dans les éditions nationales qui reprennent tout ou partie de nos reportages.

Il en va de notre fierté !

Mais lorsqu’on connait les intentions de la nouvelle direction régionale en matière de JT communs, rien n’étonne plus : 3 minutes 50 de sujet sans avoir utilisé un seul journaliste, un OPS ou un monteur, c’est autant de « jours-homme » de gagnés !

La mutualisation à l’excès des reportages, pratiqué depuis longtemps entre Lyon et Grenoble, s’érige désormais en mode de fonctionnement quotidien.
La ligne éditoriale n’existe plus. Ce n’est qu’une ligne vide à remplir dans un conducteur et une ligne comptable à inscrire en moins dans le bilan budgétaire. Nos responsables financiers et de l’activité continuent donc à figurer parmi les meilleurs élèves.

Nos directions, régionales et de réseau, ne feraient-elles pas mieux de défendre nos intérêts en stoppant cette hémorragie programmée d’Equivalent Temps Plein dans le réseau régional qui n’a que trop payé ? Les régions les moins bien dotées participant tout autant que les autres à ce jeu de massacre.
Sujets grandes régions, sujets mutualisés avec France 2, JT communs…mais où cela s’arrêtera-t-il ?

Car les conséquences prévisibles de cette politique de chasse à l’ETP sont à très court terme avec cette baisse d’activité provoquée, un risque de fusion définitive des rédactions et services techniques, la suppression des postes gelés dans le cadre de la Rupture Conventionnelle Collective et des conditions de travail toujours dramatiques pour la santé des salariés. Nous sommes tous concernés : journalistes mais aussi techniciens et même administratifs qui voient disparaitre leurs tâches.

Pour le SNJ, c’est non aux reportages mutualisés et c’est non au JT communs aux 3 antennes d’Auvergne-Rhône-Alpes !

Sur ce dossier comme sur d’autres, les élus du SNJ défendent tout autant les journalistes que les techniciens ou administratifs qui concourent à la fabrication de nos journaux et de nos émissions.

L’avenir de France 3 en régions ne doit pas être décidé par des financiers mais partagé par tous.

Paris, le 9 décembre 2021

Des moyens pour un journalisme de qualité !

Rédactions numériques de France télévisions

L’annonce du dernier gadget gouvernemental, ce 9 novembre 2021, n’est pas pour nous rassurer. Il s’agirait de créer un « grand média numérique de la vie locale », selon les termes de la ministre de la culture.  Autrement dit un site commun aux réseaux France 3 et France Bleu. Quid du pluralisme de l’information ? Quelle place pour la ligne éditoriale et l’indépendance des rédactions ? Quelle hiérarchie de  l’information ? Quels moyens ? Sans aucun doute, ils seront encore prélevés sur ceux déjà indigents des rédactions numériques de France télévisions, au risque de dégrader encore plus les conditions de travail et la santé des salariés.

Une nouvelle confusion pour un projet venu d’en haut sans aucune concertation. Le tout au chapitre du prétendu « web first », qui est LE  projet d’entreprise, selon la présidence de France télévisions.

Web prétexte à économies, web vecteur de conditions de travail dégradée : le virage numérique est en réalité une sortie de route !

Réunis en assemblée générale les 9 et 10 novembre 2021, les adhérents du SNJ ont examiné la réalité du numérique, partout dans l’entreprise.

Le constat est inquiétant :

  • Moyens humains très insuffisants, dans le réseau France 3 et le réseau outre-mer, mais également à la rédaction nationale, où Franceinfo.fr doit toujours faire plus, à moyens constants.
  • Ligne éditoriale parfois floue ou inexistante
  • Injonctions fluctuantes faites aux journalistes sur la manière d’écrire, les mots à employer ou à bannir, les sujets à traiter ou pas
  • Impossibilité d’exercer pleinement la profession de journaliste : il faut alimenter les sites par du desk, au détriment des reportages. Ces derniers ne sont envisageables qu’à la condition de travailler seul, du tournage au montage !
  • Découragement de nombreux journalistes des rédactions numériques : les plus anciens préfèrent « revenir » à la rédaction télé ou radio, les plus jeunes ne voient aucun avenir, tant le décalage entre le discours et la réalité est abyssal.

Le SNJ apporte tout son soutien aux confrères et aux consœurs des rédactions numériques de France télévisions, dont celle de Franceinfo.fr, où les journalistes se mobilisent pour conserver des conditions de travail dignes et maintenir une offre éditoriale à la hauteur du service public.

Nous continuerons notre combat pour la qualité de l’information, l’intégrité de la profession, l’emploi et les conditions de travail.

Paris, le 10 novembre 2021

Une journaliste bousculée en plein tournage

MAUVAISE SCENE AU FESTIVAL LUMIERE DE LYON

Jeudi 14 Octobre, une journaliste reporteure d’images de la rédaction de Lyon, qui couvrait le Festival cinématographique Lumière, a été agressée sur la voie publique.

Des anti-presse ? Point du tout ! Il ne s’agissait rien de moins que le directeur du Festival, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes.

La scène a lieu dans la rue, rue du Premier Film, alors que les journalistes attendaient l’arrivée du Prix Lumière 2021 : Jane Campion.

Le directeur, soi-disant « gêné » par la petite lampe d’appoint, s’est précipité vers notre consœur, et a donné un grand coup sur la caméra, qui était en train de tourner.

Une réaction hors de contrôle, bien éloignée de la maitrise de soi et de l’élégance qu’on peut attendre d’un professionnel du monde du cinéma, habitué à fréquenter les grands du 7e Art. Qui plus est dirigée contre une femme. Notre collègue, choquée, a eu beaucoup de mal à continuer son travail.

La scène a été filmée et diffusée dans le JT du lendemain pour dénoncer ce geste violent dont à aucun moment l’auteur ne s’est excusé.

Très vite, le rédacteur en chef de Lyon et la directrice régionale ont tenté de joindre l’intéressé pour protester contre cette attitude. Recevant en retour une réponse déniant toute responsabilité et même accusatoire.

Mais au-delà, quel silence assourdissant de la part de la direction du réseau et de celle de l’entreprise !

Quel manque de considération pour cette consœur, unanimement reconnue pour son professionnalisme toujours exercé dans une grande discrétion et qui ne faisait que son travail !

Est-ce à cause du carnet d’adresses bien rempli du directeur du festival dans lequel figureraient les noms des plus hauts responsables de France Télévisions ?

Loin de vouloir s’excuser de son comportement, l’auteur de ce geste violent menace désormais d’attaquer en diffamation ceux qui osent le dénoncer !

Les journalistes et les techniciens de l’antenne lyonnaise soutiennent leur collègue et sont indignés du traitement de cette affaire par l’entreprise.

Leurs délégués syndicaux et les représentants de proximité demandent à la direction de France Télévisions d’intervenir fermement publiquement, comme ils ont l’habitude de le faire pour d’autres agressions d’équipes de reportages.

Etre gêné par une petite lumière au festival du même nom pourrait prêter à rire : une sorte d’ « Arroseur Arrosé » (film de Louis Lumière de 1895 !).

Mais quand on se présente comme l’héritier des inventeurs du cinéma, de tels comportements sont inexcusables.

Lyon, le 19 octobre 2021