JTs communs : compte-rendu de la saisine intersyndicale

Le 17 janvier, une réunion s’est tenue avec Philippe Martinetti, directeur du réseau France 3.

Réunion d’échanges suite à la saisine des organisations syndicales de France 3 sur les JTs communs et le Plan de Continuité d’Activité (PCA).

A12h05, la direction prévenait les organisations syndicales (SNJ, CGT, CFDT, FO, SUD) que la réunion initialement prévue à 14h, était reportée à 15h. À 14h06, la direction communiquait par mail sur la fin des JTs communs pour les antennes de France  3. Un enchaînement qui démontre une certaine fébrilité du côté de la direction. S’agissait-il de ne pas paraître céder aux salariés ? Quoi qu’il en soit, rédacteurs en chefs, chefs de centres et planificateurs ont été mis à rude épreuve.

La réunion sur la saisine s’est passée relativement sereinement, la direction ayant cédé à la principale demande.

Le directeur du réseau a confirmé qu’au 24 janvier, les 24 éditions reprennent, Dimanche en Politique également. Il a bien précisé qu’il s’agit d’une adaptation du PCA et non de la fin du plan.

Nous sommes revenus sur la façon dont a été lancé ce PCA juste avant la rentrée.

Pour Philippe Martinetti, il s’agissait de protéger les salariés tout en évitant une rupture d’antenne. D’après lui, jamais le prisme économique n’a été pris en compte.

Les organisations syndicales ont déploré la méthode, sa brutalité et son unilatéralité. Samuel Bignon, le DRH du réseau, a répondu que fin décembre, il fallait prendre une décision rapidement vu la virulence du variant Omicron.

Lors de cet échange, le SNJ a développé deux points.

Premièrement, cette crise a appuyé là où ça fait mal. Elle a montré que les organisations qui s’adaptent rapidement et efficacement sont celles qui s’appuient sur une autonomie des équipes de terrain, qui sont confrontées directement aux problèmes.

Or France 3, et plus largement France TV, se sont très fortement centralisés. D’où des réactions disproportionnées et inappropriées, comme ce deuxième confinement de l’info régionale.

Par ailleurs, parler de retour à la normalité est illusoire. La situation est incertaine et complexe. Il y aura d’autres crises, qu’elles soient environnementales, politiques ou sociales. Sans parler du fait que nous ne sommes pas sortis de celle liée au Covid-19. Il n’y aura donc pas de retour à la normalité précédente, mais bien création de nouvelles normalités.

Dans ce contexte, prétendre imposer verticalement un nombre de salariés maximal identique pour chaque antenne de France 3 est totalement inefficace.

Pour le SNJ, il y a nécessité de s’entendre sur une méthode et des objectifs.

Les objectifs : maintenir une offre d’information de proximité digne de ce nom, avec des éditions locales et d’antennes, tout en préservant la santé des salariés. Il ne s’agit pas de maintenir des éditions comme si de rien n’était, alors que nous sommes en crise. Montrer l’adaptation à l’antenne n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un signe de vitalité et d’engagement auprès du public, au moment où il en a le plus besoin.

Sur la méthode : la détermination des actions à mettre en œuvre doit se faire au plus près du terrain. En partant des salariés et de leurs chefs de services et en y associant les répresentants du personnel.

Par ailleurs, cette crise interne, liée à la recentralisation de France 3, met en lumière un impensé de taille.

Depuis 2013, les régions administratives ont été profondément modifiées. Pourtant, aucun travail éditorial n’a été engagé pour repenser nos éditions régionales. Toute absorbée par la centralisation et la transformation des régions en réseau, l’entreprise n’a pas vu la nécessité de travailler l’évolution de son offre éditoriale avec ses équipes.

Résultat prévisible : une crise arrive, la direction supprime d’un trait de plume des JTs d’antennes dont elle ne sait que faire.

En conclusion, le SNJ s’est déclaré satisfait par le retour des éditions d’antennes. Nous sommes par contre réservés sur un retour à 100% du temps d’antenne de nos éditions avec 80% des effectifs, comme par exemple le montage en télétravail maintenu.

Nous n’accepterons pas la politique du yoyo. Celle qui consisterait à placer les salariés en difficulté avec un travail dégradé, pour ensuite de nouveau fermer les antennes.

Philippe Martinetti a affirmé qu’il n’en n’était pas question, il s’est par ailleurs engagé à revoir la méthodologie.

Dans un premier temps, les instances de proximité seraient sollicitées pour accompagner ce nouveau dispositif afin de prendre les décisions au plus près du terrain.

Un avenir relativement proche nous éclairera sur la mise en pratique des déclaration et engagements du directeur du réseau.

Une clause de revoyure est prévue le 21 janvier pour décider de la sortie ou non du PCA.

Paris, le 19 janvier 2022

Dry January

Liminaire SNJ au CSE Réseau régional des 19 et 20 janvier 2022

Au seuil de cette année 2022, nous voici donc, techniciens, administratives et journalistes, soumis par la direction au « Dry January ».
En Français dans le texte, on peut même parler de Triple Sec !

Au retour des vacances de fin d’année, les salariés de région ont reçu en guise d’étrennes une mise à sec avec un plan de continuité de l’activité totalement disproportionné. Une réduction « prévisionnelle » drastique d’équipes entrainant des Journaux Communs quand le besoin de proximité se fait plus pressant et des suppressions d’émissions mettant en danger celles dont les audiences ne sont pas encore enracinées.

Une décision absurde que les salariés du réseau ne comprennent pas et vivent douloureusement. Comme si on voulait souligner par là même leur inutilité quand leurs collègues de l’antenne nationale, information et programmes confondus, continuent de leur côté de travailler quasi normalement. Une iniquité de traitement qui creuse encore plus profond le sillon de la défiance, déjà bien tracé par la différence de moyens de plus en plus outrancière.

Une situation d’autant plus Orwellienne à leurs yeux et à ceux des élus que nous sommes, que les formations planifiées de longue date se tiennent, réunissant dans une même salle, parfois petite, plus de personnes qu’il n’est autorisé, par exemple, pour une conférence de rédaction ou une réunion d’antenne.

Sauf bien sûr à ce que, grâce à cet excès de prudence mal venu et à deux vitesses, la direction du réseau en profite pour faire de nouvelles économies, en ne remplaçant pas les journalistes et les techniciens en formation. Et en planifiant les RTT employeur.

Et ce n’est pas l’annonce cacophonique lundi de la reprise progressive des JT d’antenne qui va atténuer le désarroi ressenti par le personnel.

Autre sentiment d’inutilité : celui qui se dégage du bilan de l’avancée du projet numérique comme de celui des nouveaux JT. Malgré des chiffres impressionnants avancés par la direction du réseau sur le nombre de personnes impliquées, il s’agit pour la plus grande part ou de la totalité d’encadrants. Peu ou pas de journalistes de terrain, vous savez les « reporters », de journalistes web ou de techniciens notamment ceux qui concourent tous les jours à la fabrication de l’information. En matière de sécheresse, là c’est carrément le désert !

Ce n’est pas avec cette absence, avec ce manque de considération, dont vous prétendiez prendre le contrepied, que vous entrainerez les salariés dans des projets stratégiques, décidés au-dessus de leurs têtes.

Quant à l’arrêt des économies subies par le réseau régional, là encore la tournée n’est pas générale. Plusieurs régions vont demeurer dans l’abstinence les vacances prochaines et l’été, et encore bien au-delà de cette année qui commence. Une petite rasade de JT communs pour compenser le manque de moyens.

Alors oui, en guise de vœux pour cette année 2022, que nous souhaitons la meilleure et la moins sobre possibles à toutes et à tous, nous espérons surtout que la direction aura pris de meilleures résolutions. Pour que chacun se sente vraiment un maillon indispensable de cette entreprise et dans le réseau France 3 en particulier.

En visioconférence, le 19 janvier 2022

Levée du préavis : retour des JT régionaux en Bretagne et en Centre-Val de Loire

Suite à la mobilisation d’aujourd’hui, les représentants de proximité et délégués syndicaux ont rencontré en début d’après-midi leurs directions respectives pour échanger. Elles ont proposé un allègement du plan de continuité de l’activité (PCA).

Pour lire le communiqué, cliquer ci-dessous

Crise sanitaire : Non au retour de l’information confinée

JT « grandes régions », suppressions d’émissions, travail à domicile imposé jusqu’à 5 jours par semaine : ce sont les règles fixées par la direction dans le cadre de son plan de continuité de l’activité, pour le réseau France 3, au moins jusqu’à fin janvier. Quelle étrange manière de souhaiter la bonne année aux salariés ! Le SNJ dénonce le caractère extrême de ces décisions. Elles portent gravement atteinte à nos missions, en particulier à l’information de proximité, et au respect dû à notre public.

Mais quelle mouche a donc piqué la direction de France TV ? Elle n’a visiblement pas tiré toutes les leçons des deux années de crise sanitaire que nous venons de vivre, tant son plan de continuité de l’activité contient d’incohérences.

Le SNJ considère qu’il y a pourtant des mesures à prendre, dans le respect de notre santé et de nos missions. Voici nos propositions.

Le reportage d’abord

Le télétravail renforcé et imposé, parfois jusqu’à 5 jours par semaine, a prouvé sa nocivité sur la santé psychologique des salariés pendant les premières vagues. Le renforcer aussi massivement est une erreur, d’autant plus qu’il n’y a toujours pas assez de matériel informatique utilisable à domicile pour la plupart des journalistes !

Au contraire, il est indispensable de reconstituer  les binômes pour les reportages. La mesure avait prouvé son efficacité, le risque de contamination étant vite circonscrit. Ce type d’organisation permet d’avoir moins  de gens présents dans les locaux pour les départs et retours de reportages, tout en respectant de bonnes conditions pour le montage dans les locaux.

La constitution des binômes permettait également le maintien de nos missions, en particulier celle de la proximité dans le réseau régional. La direction entendrait habituer notre public à la disparition de cette proximité  qu’elle ne s’y prendrait pas autrement qu’en imposant les JT communs.

Non à l’open space

Au lieu de vider une nouvelle fois les locaux en raison de la crise sanitaire, la direction aurait été mieux inspirée d’écouter les demandes maintes fois répétées du SNJ : il faut réaménager les locaux et en finir avec les open space.

Le web n’est pas une garderie

N’en déplaise à la direction, le web n’est pas une garderie destinée à occuper les journalistes privés de reportages et de JT. Or, une nouvelle fois, les journalistes du réseau régional sont planifiés massivement sur le web. La plupart n’ont pourtant pas bénéficié des formations nécessaires. De plus, la mesure impose une surcharge de travail aux rédacteurs en chef adjoints chargés du numérique.

Enfin, quel dédain pour le travail spécifique réalisé sur le web ! Car nous n’en doutons pas, sitôt la crise sanitaire passée, les effectifs et les moyens dédiés au numérique du réseau régional retrouveront leur niveau ridiculement faible.

Stop aux suppressions d’emplois !

Le plan de continuité d’activité révèle les errances de notre direction dans la conduite de l’entreprise. En supprimant des emplois, comme elle ne cesse de le faire depuis des années, elle a rendu des rédactions et des services exsangues, incapables de faire face à l’absence de quelques salariés. 

Les organisations syndicales qui ont validé la rupture conventionnelle collective devraient y réfléchir à deux fois avant de commettre à nouveau une telle erreur.

Les droits des CDD et pigistes doivent être préservés

Le SNJ exige le respect des droits des CDD et des pigistes. Tous les engagements de contrats doivent être respectés ! Or, nous avons déjà connaissance d’annulations de dernière minute, qui laissent nos confrères et consœurs sans activité professionnelle dans les prochaines semaines.

Gestes barrières mais pas seulement

Le SNJ dénonce également les incohérences et les retards dans l’équipement des locaux. Les gestes barrières sont importants, mais l’aération des locaux tout autant. Pourtant, elle n’est pas suffisamment mise en avant dans les préconisations et les communications de la direction. Quant aux capteurs de CO2, en faveur desquels le SNJ s’est battu, ils ne sont pas tous installés, loin de là.

En complément des mesures mises en place, le SNJ demande que la direction mette des masques FFP2 à disposition des salariés qui le souhaitent, en reportage mais aussi dans les locaux.

La santé et la sécurité des salariés doivent être préservées, c’est une évidence.

En attendant d’éventuelles mesures à la rédaction nationale et dans le réseau ultramarin, le SNJ considère que le plan de continuité de l’activité mis en place par la direction est d’ores et déjà démesuré et inadapté.

C’est un confinement des salariés, de l’information et de nos missions de service public.

Paris le 3 janvier 2022

Propos racistes à l’encontre d’une journaliste de Nouvelle-Calédonie la 1ère

Le SNJ tient à dénoncer les propos racistes tenus par plusieurs internautes, à l’encontre de notre consœur Nadine Goapana. Des propos inadmissibles qui ont été tenus sur les réseaux sociaux dans un contexte politique tendu. Ils démontrent une fois de plus que les journalistes sont des proies faciles, et que la liberté de la presse est une nouvelle fois attaquée. Et ce, dès que les propos des journalistes déplaisent à certains.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre de commentaire haineux est diffusé sur la toile, une autre journaliste en a également été victime cette année. Le SNJ tient à réaffirmer son total soutien à nos consœurs et confrères agressés, et il se tient à leur disposition pour les accompagner devant les tribunaux.

Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, tient également à condamner la montée de violences à l’encontre des journalistes, que ce soit lors de reportages effectués sur des manifestations ou sur les réseaux sociaux, et rappelle que le respect de la liberté de la presse est essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie.

Nouméa, le 21 décembre 2021