Suppression des éditions nationales de France 3 : le combat commence !

PREALABLE SNJ AU CSE EXTRAORDINAIRE SIEGE DES 29 et 30 AOÛT 2022

Chers membres de la direction, nous vous avons attendu le 12 juillet dernier ! En vain… Vous avez délibérément choisi de snober le CSE du Siège. Pourtant, d’une manière générale, vous êtes plutôt en avance pour nous faire des mauvais coups ! Et pour venir plastronner en séance, en nous expliquant généralement qu’ils relèvent du “sens de l’histoire”. Le dernier en date, c’est donc votre projet « Tempo ». Un projet ou plutôt, si nous appliquons le verbiage du directeur de l’information, nous devrions parler d’intention ou d’orientation stratégique. La nuance est de taille. Cela signifie simplement que le vocable utilisé jusqu’ici était une sorte de paravent empêchant la direction de répondre à nos questions.

Nos questions, là aussi soyons précis. Parlons plutôt de nos fortes inquiétudes. Car depuis la révélation présidentielle, « Tempo » est dans tous les esprits. Le mal est fait ! Avec cette annonce juste avant les vacances d’été, la technique de la sidération ultime a fonctionné. Une belle méthode RH, bien pensée, comme toutes ces réformes pétries de violence sociale. La dernière en date souvenons-nous, c’était le transfert des salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions Studios. Un transfert imposé sans discussion possible, si ce n’est l’accompagnement des salariés vers la sortie. Il aura fallu un drame, et une tentative de suicide à Télématin pour que la direction daigne enfin corriger le projet, dont nous attendons la version définitive.

« Tempo » démarre de la même manière. On annonce le pire en voulant nous faire croire que cette réforme annonce le meilleur. Non, c’est bien le pire pour les salariés du Siège qui travaillent sur les éditions d’information : la fin des journaux nationaux de France 3. Au SNJ, nous ne sommes pas surpris.

Au moment de l’annonce de la fusion des rédactions, il y a une dizaine d’années, nous écrivions que cela se terminerait par la disparition du 12/13 et du 19/20. Les directions successives ont menti, affirmant que cela ne serait pas le cas.

La politique du mensonge également au sujet du Soir 3, supprimé en 2019 au profit du 23 heures de France Info. Une disparition programmée malgré les démentis de la présidence ou du directeur de l’information de l’époque. Un 23 h dont l’audience n’a jamais atteint les niveaux de celui de France 3 et qui disparaît finalement en cette rentrée. Son identité se retrouve noyée dans une grande tranche horaire vespérale de la chaîne Info.

Avec le recul, tout le monde s’accorde à dire que ce transfert de quelques salariés de France 3 vers France Info n’était qu’un cheval de Troie pour nous préparer à ce qui devrait arriver en 2023. La suppression des deux autres éditions nationales de France 3. Et nous ne sommes pas dupes. L’objectif d’une régionalisation low-cost n’est qu’un leurre ! L’enjeu est bien de renforcer à moindre coût la chaine Info de la présidente. Il n’est pas question de remettre en cause le travail de nos collègues. Jamais ! La direction a bien tenté, en déformant nos propos depuis sa création en 2016, d’opposer le personnel de France Info à notre organisation syndicale. Mais elle n’a pas réussi. Le SNJ n’a rien fait d’autre que de s’opposer au projet de Madame Ernotte. En dénonçant les métiers hybrides, le manque de personnel dès l’origine, le management brutal, et les mauvaises conditions de travail ! Nous contestons également un projet éditorial qui, en changeant régulièrement, déstabilise les salariés, car France Info n’est pas dimensionnée pour être une réelle chaine de « Breaking news », par exemple. Et à force de se chercher, le canal 27 fait peser sur les épaules du personnel toutes les carences que nous dénonçons depuis six ans dans cette instance et ailleurs.

Et voilà donc qu’une fois de plus, la trahison s’installe ! La présidente nous parle de régionalisation, alors qu’elle pense en fait uniquement à redéployer une partie des salariés de la rédaction nationale vers France Info. Soit physiquement soit à minima par le fruit de leur travail. Et qui sait si, à la marge, certains seront tentés de partir vers les antennes régionales ? Et que fera la direction si le nombre de volontaires n’est à ses yeux pas suffisant ? Forcera-t-elle la main aux salariés qui ne sont pas dans le casting des éditions de France 2 en les incitant à partir ? La direction va nous répondre que non, bien sûr ! Le problème, c’est que nous ne pouvons plus vous croire…

Ce CSE extraordinaire a donc été demandé par certains élus, et c’est légitime.
Mais entre temps, à l’initiative du SNJ, cinq organisations syndicales ont déposé un préavis de grève pour le 12 septembre prochain. Un préavis, né dans notre esprit après l’affront subi par les élus du Siège le 12 juillet dernier, quand vous n’avez pas daigné venir devant nous. En préférant un « tchat » avec les salariés » pour la présidente, ou aller à la rencontre des journalistes en ce qui concerne les directeurs de l’information et de la rédaction nationale.

Pas une minute pour les élus ce jour-là ! Rien ! Le CSE du mois de juillet s’est tenu sans nous, sans les représentants des salariés et sans les organisations syndicales représentatives du Siège. Pas par susceptibilité non ! Mais en initiant ce mouvement, le SNJ a voulu vous envoyer un message clair. Nous nous plaçons d’ores et déjà sur votre route ! Celle qui selon vous doit nous faire disparaître d’un claquement de doigts. En niant les métiers, le professionnalisme et la vie de chacun d’entre-nous ! Certains portent les éditions nationales de France 3 depuis des décennies, d’autres depuis quelques années, mais nous sommes tous au rendez-vous deux fois par jour, 7 jours sur 7 pour informer notre public fidèle. Avec une ligne éditoriale qui n’est pas celle de France 2. Et vous, tels des fossoyeurs de l’intérieur, vous allez nous expliquer votre intention ? Le préavis du 12 septembre sera négocié le 5, car vous n’avez même pas trouvé le temps de le faire avant ! Une semaine avant, soi-disant pour que nous ayons toutes les informations après la réunion des instances du Siège et du Réseau. Mais pour nous, élus du SNJ, avec la CGC, la CGT, la CFDT et l’UNSA notre préavis est facile à comprendre. Nous ne discuterons pas de « Tempo » tant que le préalable que nous posons ne sera pas accepté : le maintien des éditions nationales de France 3. Nous parlons au nom du SNJ, le syndicat qui s’est battu contre la fusion, jusqu’au bout ! Nous nous sommes battus pour préserver le Soir 3, jusqu’au bout ! Vous considérez sans doute que vous pourrez encore passer en force ! Soyez prévenus que nous sommes déterminés à défendre notre outil, nos « savoir –faire », notre dignité ! Nous défendons ce Service Public de l’information, face à vous qui au fil des années n’avez cessé de l’affaiblir, de le détruire !

Paris, le 29 août 2022

Projet TEMPO – Préavis de grève intersyndical déposé

Le 5 juillet dernier, c’est par un communiqué interne que la direction de France Télévisions a annoncé le lancement de la réforme baptisée « Tempo ». Un choc pour des centaines de salariés, car derrière ce nom inoffensif se cache un projet de casse sociale et éditoriale de très grande ampleur, qui frappe France 3 de plein fouet.

Pour lire le préavis intersyndical, veuillez cliquer ci-dessous

CET – Rétroactivité Bridage des jours déposés

Plusieurs salariés nous ont alerté sur l’inquiétude, mêlée de colère pour certains, qu’ils ont éprouvée à l’annonce d’un bridage du CET à 5 jours en 2022. Il s’agit de salariés qui ont déjà déposé plus de 5 jours sur leurs CET, parfois depuis le début de l’année en conformité avec les accords en vigueur dans l’entreprise.

Pour lire la suite du courrier envoyé à la direction, cliquez ci-dessous

CDD à la rédaction nationale : premier recul de la direction

Le SNJ est impatient. À peine après avoir appris que la direction allait sacrifier 5 de nos CDD historiques à la fin du mois de juin et début juillet, nous avons réagi dans un tract intitulé Régime Sec. Aujourd’hui nous avons été reçus par le directeur de l’information qui annonce le maintien des 5 CDD (sur 16 CDD longue durée à la rédaction nationale) jusqu’à la fin de l’année et promet 2 embauches en CDI. C’est en partie ce que nos réclamions mais nous  restons vigilants ! La pression d’une organisation comme la nôtre n’est pas à négliger, malgré un discours anti-syndical primaire, comme toujours ! Si les promesses ne sont pas tenues, nous renouvelons notre soutien aux CDD concernés pour toute procédure possible et imaginable.
Par ailleurs concernant les rediffusions de sujets envisagées durant l’été, la direction affirme revoir sa copie et travaille à la réduction de la durée des éditions.

Paris, le 24 juin 2022

Stop aux sujets mutualisés et aux JT partagés

Mardi 7 décembre, dans le JT soir de Rhône-Alpes, était diffusé un reportage sur la difficulté de trouver des saisonniers dans la station de montagne de Chalmazel dans la Loire. Un sujet d’actualité tourné…par une équipe de France 2 !

C’était la 3ème diffusion de ce reportage dans la région, après le JT d’Auvergne et l’édition locale de Saint Etienne.

Depuis le 1er septembre, 57 reportages faits par une équipe du siège ont été diffusés en Rhône-Alpes (locales comprises), 42 depuis le début de l’année dans les Alpes et 20 en Auvergne ! Pêle-mêle « la hausse du prix des lentilles du Puy », « le blocage du réseau secondaire dans la Loire » ou « le cèpe, star des sous-bois ».

Des reportages qui auraient pu être faits par des équipes de l’une ou l’autre des 3 rédactions ou dont les angles ne correspondent pas aux attentes et aux connaissances de nos téléspectateurs.

Ce qui met en rage les salariés des antennes d’AURA, ce sont les moyens utilisés pour ce sujet à Chalmazel : un jour de tournage, un jour de montage, sans oublier un drone et un boitier 5D Canon. Quand les journalistes de France 3 en région auront-ils le droit d’utiliser ces mêmes outils ?

A ce stade, ce n’est plus un soufflet, c’est une énorme claque ! Une marque de défiance et de non reconnaissance des compétences de ses propres journalistes qui ont pourtant la connaissance de leur territoire, un mot maintes fois mis en avant dans le projet de régionalisation.

Au moins, ces journalistes du siège – dont la qualité des sujets n’est pas en cause – auront-ils eu la satisfaction de voir leurs noms crédités dans nos synthés. Un privilège qui nous est refusé dans les éditions nationales qui reprennent tout ou partie de nos reportages.

Il en va de notre fierté !

Mais lorsqu’on connait les intentions de la nouvelle direction régionale en matière de JT communs, rien n’étonne plus : 3 minutes 50 de sujet sans avoir utilisé un seul journaliste, un OPS ou un monteur, c’est autant de « jours-homme » de gagnés !

La mutualisation à l’excès des reportages, pratiqué depuis longtemps entre Lyon et Grenoble, s’érige désormais en mode de fonctionnement quotidien.
La ligne éditoriale n’existe plus. Ce n’est qu’une ligne vide à remplir dans un conducteur et une ligne comptable à inscrire en moins dans le bilan budgétaire. Nos responsables financiers et de l’activité continuent donc à figurer parmi les meilleurs élèves.

Nos directions, régionales et de réseau, ne feraient-elles pas mieux de défendre nos intérêts en stoppant cette hémorragie programmée d’Equivalent Temps Plein dans le réseau régional qui n’a que trop payé ? Les régions les moins bien dotées participant tout autant que les autres à ce jeu de massacre.
Sujets grandes régions, sujets mutualisés avec France 2, JT communs…mais où cela s’arrêtera-t-il ?

Car les conséquences prévisibles de cette politique de chasse à l’ETP sont à très court terme avec cette baisse d’activité provoquée, un risque de fusion définitive des rédactions et services techniques, la suppression des postes gelés dans le cadre de la Rupture Conventionnelle Collective et des conditions de travail toujours dramatiques pour la santé des salariés. Nous sommes tous concernés : journalistes mais aussi techniciens et même administratifs qui voient disparaitre leurs tâches.

Pour le SNJ, c’est non aux reportages mutualisés et c’est non au JT communs aux 3 antennes d’Auvergne-Rhône-Alpes !

Sur ce dossier comme sur d’autres, les élus du SNJ défendent tout autant les journalistes que les techniciens ou administratifs qui concourent à la fabrication de nos journaux et de nos émissions.

L’avenir de France 3 en régions ne doit pas être décidé par des financiers mais partagé par tous.

Paris, le 9 décembre 2021

Des moyens pour un journalisme de qualité !

Rédactions numériques de France télévisions

L’annonce du dernier gadget gouvernemental, ce 9 novembre 2021, n’est pas pour nous rassurer. Il s’agirait de créer un « grand média numérique de la vie locale », selon les termes de la ministre de la culture.  Autrement dit un site commun aux réseaux France 3 et France Bleu. Quid du pluralisme de l’information ? Quelle place pour la ligne éditoriale et l’indépendance des rédactions ? Quelle hiérarchie de  l’information ? Quels moyens ? Sans aucun doute, ils seront encore prélevés sur ceux déjà indigents des rédactions numériques de France télévisions, au risque de dégrader encore plus les conditions de travail et la santé des salariés.

Une nouvelle confusion pour un projet venu d’en haut sans aucune concertation. Le tout au chapitre du prétendu « web first », qui est LE  projet d’entreprise, selon la présidence de France télévisions.

Web prétexte à économies, web vecteur de conditions de travail dégradée : le virage numérique est en réalité une sortie de route !

Réunis en assemblée générale les 9 et 10 novembre 2021, les adhérents du SNJ ont examiné la réalité du numérique, partout dans l’entreprise.

Le constat est inquiétant :

  • Moyens humains très insuffisants, dans le réseau France 3 et le réseau outre-mer, mais également à la rédaction nationale, où Franceinfo.fr doit toujours faire plus, à moyens constants.
  • Ligne éditoriale parfois floue ou inexistante
  • Injonctions fluctuantes faites aux journalistes sur la manière d’écrire, les mots à employer ou à bannir, les sujets à traiter ou pas
  • Impossibilité d’exercer pleinement la profession de journaliste : il faut alimenter les sites par du desk, au détriment des reportages. Ces derniers ne sont envisageables qu’à la condition de travailler seul, du tournage au montage !
  • Découragement de nombreux journalistes des rédactions numériques : les plus anciens préfèrent « revenir » à la rédaction télé ou radio, les plus jeunes ne voient aucun avenir, tant le décalage entre le discours et la réalité est abyssal.

Le SNJ apporte tout son soutien aux confrères et aux consœurs des rédactions numériques de France télévisions, dont celle de Franceinfo.fr, où les journalistes se mobilisent pour conserver des conditions de travail dignes et maintenir une offre éditoriale à la hauteur du service public.

Nous continuerons notre combat pour la qualité de l’information, l’intégrité de la profession, l’emploi et les conditions de travail.

Paris, le 10 novembre 2021