Une journaliste bousculée en plein tournage

MAUVAISE SCENE AU FESTIVAL LUMIERE DE LYON

Jeudi 14 Octobre, une journaliste reporteure d’images de la rédaction de Lyon, qui couvrait le Festival cinématographique Lumière, a été agressée sur la voie publique.

Des anti-presse ? Point du tout ! Il ne s’agissait rien de moins que le directeur du Festival, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes.

La scène a lieu dans la rue, rue du Premier Film, alors que les journalistes attendaient l’arrivée du Prix Lumière 2021 : Jane Campion.

Le directeur, soi-disant « gêné » par la petite lampe d’appoint, s’est précipité vers notre consœur, et a donné un grand coup sur la caméra, qui était en train de tourner.

Une réaction hors de contrôle, bien éloignée de la maitrise de soi et de l’élégance qu’on peut attendre d’un professionnel du monde du cinéma, habitué à fréquenter les grands du 7e Art. Qui plus est dirigée contre une femme. Notre collègue, choquée, a eu beaucoup de mal à continuer son travail.

La scène a été filmée et diffusée dans le JT du lendemain pour dénoncer ce geste violent dont à aucun moment l’auteur ne s’est excusé.

Très vite, le rédacteur en chef de Lyon et la directrice régionale ont tenté de joindre l’intéressé pour protester contre cette attitude. Recevant en retour une réponse déniant toute responsabilité et même accusatoire.

Mais au-delà, quel silence assourdissant de la part de la direction du réseau et de celle de l’entreprise !

Quel manque de considération pour cette consœur, unanimement reconnue pour son professionnalisme toujours exercé dans une grande discrétion et qui ne faisait que son travail !

Est-ce à cause du carnet d’adresses bien rempli du directeur du festival dans lequel figureraient les noms des plus hauts responsables de France Télévisions ?

Loin de vouloir s’excuser de son comportement, l’auteur de ce geste violent menace désormais d’attaquer en diffamation ceux qui osent le dénoncer !

Les journalistes et les techniciens de l’antenne lyonnaise soutiennent leur collègue et sont indignés du traitement de cette affaire par l’entreprise.

Leurs délégués syndicaux et les représentants de proximité demandent à la direction de France Télévisions d’intervenir fermement publiquement, comme ils ont l’habitude de le faire pour d’autres agressions d’équipes de reportages.

Etre gêné par une petite lumière au festival du même nom pourrait prêter à rire : une sorte d’ « Arroseur Arrosé » (film de Louis Lumière de 1895 !).

Mais quand on se présente comme l’héritier des inventeurs du cinéma, de tels comportements sont inexcusables.

Lyon, le 19 octobre 2021

Grève à France 3 Alpes le 12 octobre : un moment historique !

Ce mardi 12 octobre, la mobilisation est massive et sans appel, aussi bien chez les techniciens que chez les journalistes : 70 % de grévistes !

Techniciens vidéo, scriptes, OPS, monteurs : 100 % de grévistes !

La directrice régionale AURA, Isabelle Staes, vient d’annoncer son départ.

Les salariés des Alpes interpellent donc Mr Martinetti, Directeur du réseau France 3, et lui demandent de s’asseoir à la table des négociations.

Paris, le 12 octobre 2021

Transfert de salariés : Danger Grave et Imminent

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Voilà comment nous qualifions la situation de blocage dans laquelle la direction s’est installée dans le dossier des transferts de salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions studio.

Mercredi 6 octobre, à la demande de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) sous la houlette du secrétaire du Comité social et économique, nous étions réunis en CSE extraordinaire pour une alerte DGI (danger grave et imminent).

Une alerte pour interpeller en urgence la direction sur les risques psychologiques qui pèsent sur les femmes et les hommes concernés par ce transfert (plus de 80 salariés). La direction dit ne pas nier les témoignages que les élus ont produit en séance, mais pour autant propose un plan d’accompagnement inadapté !

Le souci n’est pas un manque de soutien psychologique, c’est bien le projet lui-même qui est nocif. Des témoignages validés par la médecine du travail en séance, ce qui est imparable pour la direction si elle était tentée de nier les propos des élus.

Le SNJ réitère donc sa demande claire et cohérente depuis le début. Ce projet doit être arrêté immédiatement ! De plus, les garanties données aux salariés et que la direction a communiquées par courrier individuel sont des garanties en trompe l’œil, car rien n’est dit quant à leur avenir si les émissions sont supprimées. Rien n’est dit non plus sur le régime appliqué en cas de licenciement !

Les élus du CSE siège, soutenus par le SNJ, la CGT, l’UNSA et la CFDT ont voté une résolution qui donne mandat au secrétaire du CSE pour qu’une enquête soit réalisée auprès des personnels en souffrance avec l’appui de psychologues indépendants. Le syndicat Force Ouvrière s’est abstenu, choisissant la voie de la négociation avec la direction, validant en quelque sorte le transfert.

La direction doit préserver la santé de ses salariés et mener toutes les actions nécessaires pour les protéger. Ce n’est pas le cas ici en maintenant ce projet, elle met clairement en danger des personnes qui se disent trahies, qui ont perdu toute confiance après avoir tant donné à l’entreprise ! Des détresses que vos élus SNJ ne laisseront pas dériver encore plus longtemps.

Paris, le 8 octobre 2021

Le SNJ, la CFDT et FO se félicitent de la signature de l’accord intéressement

L’été dernier, la négociation engagée sur l’idée d’un intéressement à France TV aboutissait à la conclusion d’un accord pluriannuel entre la Direction et 3 organisations syndicales – CFDT, FO et SNJ – sur les exercices 2020, 2021 et 2022. Le 28 août dernier, l’entreprise s’engageait ainsi à verser une prime à l’ensemble des salariés pour un total pouvant s’élever jusqu’à 6 millions d’euros pour chaque résultat d’exploitation consolidé bénéficiaire.

Outre l’existence de ce résultat bénéficiaire, 3 autres critères devaient être respectés :

  • un objectif lié à la maîtrise de la masse salariale ;
  •  un objectif d’audiences, relatif à la couverture hebdomadaire 4 écrans ;
  •  et un objectif lié à la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Pour cet exercice 2020, si particulier, nous redoutions un déficit, annihilant tout espoir de percevoir un intéressement. C’est donc une bonne nouvelle inattendue qui a été confirmée lors du dernier conseil d’administration, validant ce résultat.

L’intéressement devrait être versé en mai. 

Par ailleurs, un dispositif de plan d’épargne entreprise (PEE) et de plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) est en cours de négociation, afin de permettre à chaque salarié de choisir un mode de placement qui lui convient (ou pas). 

Durant cette négociation, la direction a proposé un abondement des dépôts sur ce PERCOL (l’équivalent d’un jour offert par l’entreprise pour 4 jours déposés), mais a proposé en contrepartie de limiter le nombre de jours que les salariés peuvent déposer dans leur CET.

Pour les organisations syndicales, on ne doit pas toucher au chiffre des 22 jours maximum par an d’alimentation du CET, car cela permet à tous les salariés de réaliser un projet personnel.

Il faut que le salarié soit libre de pouvoir choisir entre accepter un abondement en contrepartie de la réduction de l’alimentation de son CET à 5 jours par an ou garder le fonctionnement actuel du CET.

La direction doit nous proposer prochainement une date de réunion pour négocier sur ce thème.

Paris, le 1er avril 2021

Direction de l’information – Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat :

« Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat : « Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Le SNJ signe l’accord sur le télétravail, avec des réserves

Le télétravail, imposé depuis le début de la pandémie, va rester une pratique courante en temps normal. Il est donc nécessaire de l’encadrer. Le SNJ a choisi de signer l’accord proposé par la direction. Toutefois, nous serons vigilants quant au respect des droits des salariés, et nous proposerons d’améliorer le dispositif dès qu’un premier bilan sera effectué. 

Cet accord était très attendu par de nombreux salariés, pour qui un peu de télétravail permet un meilleur équilibre personnel : pas de perte de temps dans les transports et possibilité de mieux gérer son temps de travail.

Il sera donc possible pour chaque salarié de solliciter un avenant « télétravail » à son contrat, sous réserve du feu vert de sa hiérarchie. 

Dès le préambule de l’accord, des engagements importants sont rappelés :

– « la mise en place du télétravail résulte d’un choix du salarié » ;

– « le télétravail n’aura pas de conséquences sur l’aménagement des locaux (…) France Télévisions ne lie pas télétravail et diminution des bureaux attribués ».

Tout au long de la négociation, qui s’est étalée sur plusieurs mois, la direction n’a cessé de vanter un mode d’organisation du travail qui constituerait une nouvelle forme de liberté pour les salariés. Pourtant, l’accord signé comporte des failles, que le SNJ a relevées pendant la négociation :

– Après une demande de télétravail d’un salarié volontaire, les recours en cas de désaccord avec la hiérarchie sont insuffisants. Les syndicats se sont tous inquiétés de possibles disparités dans la gestion du télétravail. 

– Le nombre de jours maximum de télétravail (environ 100 jours par an) est plus élevé que nos préconisations. Pour le SNJ, il ne fallait pas dépasser 2 jours par semaine, voire moins pour les salariés en temps partiel. De plus, la possibilité de longues périodes, intégralement en télétravail, est un facteur de risques pour la santé des salariés et la cohésion des collectifs de travail.

– Le montant des indemnisations (240€ maximum par an) est trop faible. Même s’il est plafonné par des dispositions fiscales, il aurait été nécessaire de prévoir des indemnisations supplémentaires, liées à des achats de matériel (siège ergonomique, etc.).

– Les dispositions prévues, en cas de télétravail imposé en temps de crise, sont trop floues.

– Enfin, le SNJ a demandé que la négociation intègre la recherche de solutions alternatives aux rédactions en open space. Bruyant, stressant, fatigant, l’open space est aussi un facteur de risques en cas de pandémie. La direction a refusé cette demande.

Le SNJ a néanmoins décidé de signer l’accord télétravail. Nous entendons ainsi surveiller son application dans les rédactions et les services, peser dans les commissions de suivi, et faire évoluer ce texte, par avenant si nécessaire.

En effet, le travail imposé à domicile depuis la crise sanitaire a révélé des défaillances de l’entreprise, en particulier au regard de son obligation de santé et de sécurité. Des salariés ont été délaissés ou oubliés, ou au contraire submergés de demandes de la hiérarchie, sans aucun respect du temps de travail et du droit à la déconnexion.

Nous avons également identifié des dysfonctionnements, toujours en cours, dans l’organisation du travail des journalistes.

Selon les termes de notre accord collectif d’entreprise, « la conférence de rédaction est le lieu du débat éditorial ». Tous les journalistes doivent pouvoir y accéder, au besoin par audio ou visioconférence. Or, dans certaines antennes, cette obligation n’est pas respectée, comme elle n’est pas toujours respectée à la rédaction nationale.

Le SNJ invite les salariés à bien peser l’intérêt du télétravail avant de signer un avenant à leur contrat de travail. Notre syndicat se tient à leur disposition pour agir immédiatement si des dérives et des atteintes à leurs droits devaient apparaître.

Paris, le 23 mars 2021