Journalistes-monteurs : haro sur les apprentis-sorciers

AA lettrine articlesIl n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Concernant la vision hybride des métiers que nos directions veulent nous imposer, le SNJ revient sur les « JRI / monteurs » pour dénoncer à nouveau cette incongruité. Journées de grève, interpellations des délégués du personnel et des élus du comité d’établissement, la direction de l’entreprise a toujours fait la sourde oreille. Pire encore : elle avait même tenté, dans le cadre d’un préavis de grève, de valider le statut de journaliste – monteur via une négociation. La belle affaire.

Mais au delà de la morgue de nos dirigeants voilà qu’aujourd’hui le SNJ reprend la main. Comme nous l’avions dit nous avons saisi l’inspection du travail. Voici des extraits du courrier envoyé par l’inspecteur à la direction :

« Si ces faits sont avérés ils me conduisent à rappeler que les postes de monteurs et de journalistes sont distincts et sont associés à des missions différentes qui figurent dans les contrats de travail (…) cette utilisation des personnels contrevient aux accords collectifs de FTV sur les classifications professionnelles qui définissent précisément la profession de journaliste. (…) il convient de veiller à ce que les équipes de reportage soient constituées en respectant les classifications professionnelles et les missions de chacun »

Un courrier édifiant et qui inscrit clairement noir sur blanc ce qu’il est interdit de faire. Ce que nous dénonçons depuis des mois mais que le directeur des rédactions et sa garde rapprochée ignorent. Ils ignorent les accords signés et bafouent l’équilibre social de notre entreprise avec cette brutalité déjà dénoncée dans d’autres textes.

Ce courrier de l’inspection du travail nous permet aussi de rappeler nos principes. Le SNJ réaffirme donc aujourd’hui que l’accord du 21 septembre 2012 signé par le SNJ, la CFDT et FO sur les compétences complémentaires JRI/rédacteurs apporte la réponse appropriée et suffisante aux besoins des rédactions en matière de double compétence. L’extension à toute l’entreprise de dispositifs qui ont fait leur preuve à France 3 et à RFO est une bonne chose pour France Télévisions et ses salariés.

Le SNJ rappelle que :

  • le journalisme n’est pas une compétence complémentaire
  • la responsabilité éditoriale et juridique ne peut être exercée que par un journaliste
  • la qualité de l’information doit être le critère principal qui guide toute évolution des métiers et des compétences, qu’elles soient éditoriales ou techniques. La qualité « service public » doit être un label reconnu.
  • Il est urgent que la direction de FTV prenne la mesure des problèmes de santé et des accidents de travail dont sont victimes de très nombreux JRI. Un dossier crucial que la direction ne réglera pas en imposant aux JRI de nouvelles tâches, comme le montage, ou la réalisation de directs en extérieur.

En attendant que la direction réponde à l’inspection du travail, il est d’ores et déjà évident que cette fonction hybride de « journaliste / monteur » ou « monteur / journaliste » n’a plus sa place dans l’entreprise. Il est temps que ceux qui nous dirigent se souviennent que des accords d’entreprise signés sont faits pour être respectés.

Paris, le 26 février 2013