Motion compétences complémentaires : Qualité de l’information et santé ne sont pas négociables

AA lettrine articlesLes militants du SNJ France Télévisions, réunis en Assemblée générale ce 23 septembre 2014, réaffirment leur attachement au principe de la compétence complémentaire : il est défini dans le livre 3 de l’accord collectif d’entreprise, qui détaille les dispositions spécifiques aux journalistes.

Ce texte, validé par la direction et l’ensemble des syndicats représentatifs, permet à de très nombreux journalistes d’exercer une compétence complémentaire dans un cadre satisfaisant, sur la base du volontariat et à l’issue d’une formation.

Le SNJ propose que ces dispositions, aujourd’hui réservées aux journalistes de l’entreprise travaillant pour la télévision, soient étendues aux journalistes qui travaillent ou souhaiteraient travailler pour les sites internet de France Télévisions.

 Le SNJ rappelle que la profession de journaliste doit demeurer ouverte à des parcours multiples et variés. Cette exigence de diversité est indissociable d’une exigence de formation et de validation des acquis.

Nous soutenons et nous encourageons les reconversions professionnelles souhaitées et encadrées. France Télévisions doit permettre à un journaliste de s’orienter vers un nouveau métier, ou à un salarié non-journaliste de le devenir.

En revanche, le SNJ s’oppose fermement à toute dérive visant à instaurer un métier unique de l’audiovisuel, où le salarié assumerait toutes les tâches, techniques et journalistiques. Nous refusons et dénonçons la confusion des métiers, et l’illusion que l’on peut tout faire bien et en même temps.

Ces pratiques inspirées du journalisme « low cost », en vigueur dans certaines rédactions privées, n’ont fait que dégrader la qualité de l’information et la santé des salariés.

Si le SNJ a toujours valorisé la pratique des compétences complémentaires, a toujours souhaité débattre de l’évolution du métier liée aux nouveaux supports numériques, il exige que les journalistes soient en capacité d’exercer correctement leur profession. Le Service Public doit montrer l’exemple en matière de qualité de l’information.

Le SNJ propose donc que:

  • Les dispositions « compétences complémentaires » du livre 3 soient étendues aux configurations suivantes :

        –  journaliste rédacteur travaillant sur les sites internet de France Télévisions et souhaitant exercer une compétence complémentaire

        – JRI souhaitant exercer une compétence complémentaire rédacteur pour les sites internet de France Télévisions

  • Les méthodes de travail dans les bureaux excentrés de France 3 fassent l’objet d’une réflexion nationale, avec comme objectif d’améliorer la coopération entre monteurs et journalistes
  • Les méthodes de travail et les conditions sociales imposées par la direction dans les bureaux de France 2 à l’étranger et dans certaines régions soient revues afin de respecter les textes en vigueur dans l’entreprise
  • Les véhicules de transmission  VRC type Ka-Sat, dont l’efficacité reste d’ailleurs à prouver, relèvent exclusivement de la compétence des techniciens de France Télévisions.

 Le 28 mai 2013, en signant l’accord collectif, la direction et les quatre syndicats représentatifs ont réaffirmé « la priorité de l’exigence de qualité dans le traitement de l’information ».

C’est cette priorité qui doit imprégner les discussions sur l’évolution des compétences complémentaires à France Télévisions. 

 Paris, 23 septembre 2014

Compétences complémentaires, qualité de l’information et santé ne sont pas négociables

Temps de travail : avenue du « forfait-jours », suite

AA lettrine articlesLa semaine dernière, notre communication a eu le don de faire réagir ceux qui nous  dirigent. La rédactrice en chef du magazine « Avenue de l’Europe » mais aussi, et surtout,  le directeur de la rédaction nationale.  Au delà du plaisir de se savoir lu avec intérêt nous nous devions, par transparence  envers les journalistes de la rédaction, de préciser les choses.

Tout d’abord, une adresse au directeur. “Tous les coups sont permis”, dit-il au délégué  syndical SNJ de la rédaction, tentant ainsi en perdant son calme de laisser entendre que  nos informations étaient fausses. « Non, il n’est absolument pas prévu d’empêcher les journalistes au décompte horaire de partir en mission, bien au contraire ». Le directeur aurait donné des consignes : des journalistes au décompte horaire
pourraient partir, mais en aménageant les missions, quitte à rallonger la présence des équipes sur place (pour ne pas générer trop d’heures supplémentaires, voire pas du tout). Bien sûr, nous voilà rassurés… Mais de qui se moque-t-on ?

Les caisses seraient vides mais la solution serait de rallonger les missions ? Tout le contraire du constat actuel… Alors arrêtons les balivernes, on a fini de rire. Quand les représentants du personnel menaient 6 mois de combat pour que nos heures supplémentaires soient reconnues puis payées, la direction a passé 6 mois à faire pression sur de nombreux journalistes pour leur expliquer que “seul le forfait-jours
permettra de partir en mission”.

Le tout après un été meurtrier pour l’information à la rédaction nationale, ponctué d’un courrier provocateur de notre ancien directeur promu au service cynisme et enterrement de seconde classe. De qui se moque-t-on, vraiment ?

Que vont-ils dire bientôt aux JRI de notre rédaction qui ont conservé (avec l’appui des syndicats) une organisation sur 4 jours/semaine et qui sont donc, de fait, au décompte horaire ?

Que vont-ils dire aux journalistes qui couvrent les voyages officiels, et dont l’amplitude horaire est inhérente à la couverture de ces événements souvent incontournables ?

Que vont-ils dire à ceux qui couvrent des actualités qui nécessitent une présence dans chacune de nos éditions ?

Probablement la même chose, avant en coulisses et aujourd’hui sans complexe en pleine lumière. Alors clairement, notre organisation assume les informations révélées la semaine dernière. Les salariés qui constatent chaque jour la déloyauté de ceux qui nous dirigent choisiront leur camp.

La confiance est rompue à travers chaque acte de la direction qui abîme un peu plus notre rédaction. Une rédaction particulièrement atteinte moralement en cette rentrée. Trahis par les mots de Pascal Golomer, menacés par le projet de fusion des rédactions, salis par les suspicions autour de la déclaration des heures supplémentaires, et détournés de leur mission d’informer, les journalistes de la rédaction nationale ne sont pas dupes.

Que la direction donne des preuves, plutôt que d’agiter des démentis dans les couloirs, sans avoir le courage d’écrire qu’elle ne pratiquera pas la discrimination professionnelle par le biais du temps de travail. Toute autre gesticulation n’apparaîtra que comme un mensonge de plus.

Paris, le 10 septembre 2014

Elections professionnelles CE et DP : nous aussi, on fait de la retape !

AA lettrine articlesDe Strasbourg à Reims, de Nancy à Amiens, de  Lille à Dijon en passant par Besançon, et sans oublier Soissons, Dunkerque, Bar le Duc, Montbéliard ou Sarreguemines…

 Le 14 octobre, votez pour nous !

 Nous aussi, nous défendons l’emploi ! Mieux, contrairement à d’autres syndicats, nous refusons et contestons en justice les suppressions de postes du « plan de départs volontaires » de la direction. Préserver l’emploi des statutaires, des CDD, pigistes et intermittents ; lutter pour la  qualité du travail, le droit à l’évolution professionnelle des salariés et le maintien de l’outil de travail ; se battre pour les salaires ; faire concrètement respecter les accords signés et le code du travail ; c’est notre job !

Mais une fois qu’on a dit ça, pourquoi voter pour nous ?

  • Parce que nous représentons la réalité de l’entreprise. Les candidats de nos listes CE et DP, sont réellement sur le terrain, ils travaillent dans leur métier et vivent le même quotidien que vous.
  • Parce que nous mettons en avant le collectif. Les problèmes rencontrés par un salarié sont en réalité partagés par d’autres. La direction a individualisé les relations, pour ne pas devoir régler les situations collectives. Certaines organisations syndicales acceptent de jouer le jeu des petits arrangements secrets, au coup par coup. Pas nous !
  • Parce que nous voulons rendre leur vrai rôle aux instances représentatives du personnel. Elles ne doivent pas être la voix d’une seule organisation syndicale mais parler au nom des personnels, permanents et non permanents. Dans certaines antennes, vos élus constatent un fort mépris pour leur mandat de la part de la direction. En réunion du CE, le directeur du pôle règne en maitre absolu, distribue la parole comme bon lui semble, clôt les débats selon sa volonté, ne répond pas aux questions posées, traite les élus de haut. Nous voulons mettre fin à ce dysfonctionnement !
  • Parce que nous concevons l’entreprise comme un corps vivant, composé d’hommes et de femmes qui ont des droits, des devoirs, mais aussi des compétences et des marges d’évolution. Nous défendons l’emploi des non permanents, parce que nous avons besoin d’eux, parce qu’ils ont besoin de nous. Nous défendons nos métiers et sommes vigilants quant à leurs évolutions.

POUR TOUTES CES RAISONS, ET BIEN D’AUTRES,

LE 14 OCTOBRE VOTEZ POUR LES LISTES CFDT / SNJ !

Les candidats CFDT et SNJ du pôle Nord-Est, le 6/10/2014

Tract intersyndical CFDT SNJ on fait de la retape

Temps de travail : le refus du chantage

AA lettrine articles Quand une entreprise est en difficulté, c’est toujours la faute des employés, jamais celle des  dirigeants. Ces derniers tentent de culpabiliser leurs salariés tout en s’accordant primes,  dividendes et bonus. Cette attitude irresponsable et indécente n’est pas réservée aux patrons  d’entreprises privées. Hélas, ces pratiques et ces discours honteux se retrouvent aujourd’hui  à la direction de l’information de France Télévisions.

Le 18 juillet, le SNJ dénonçait le choix du patron de la rédaction nationale de France 3 : pas d’équipes de reportage à Gaza ou en Ukraine ! Avec comme seule explication, au détour d’un couloir : « tant que vous ne serez pas tous au forfait-jours on fera comme ça ».  Editorialement, une honte ; socialement, un chantage aussi scandaleux qu’illégal.

Cinq semaines plus tard, dans un courrier envoyé aux équipes de la rédaction nationale de  France 3, Pascal Golomer (directeur délégué à l’information) persiste et signe. Il affirme qu’en raison d’une forte actualité, « 4400 heures supplémentaires » auraient été demandées et validées par la hiérarchie au premier semestre.
Il s’agit, selon lui, de l’unique raison pour laquelle « aucune équipe de la rédaction nationale n’est ainsi partie couvrir sur place les affrontements à Gaza ou le crash du MH 17 en Ukraine (…) Nous serons malheureusement contraints de renoncer à d’autres missions dans les  semaines à venir ».

Nous ne pouvons pas vérifier ces chiffres. Nous savons que 4400 heures par semestre, pour une rédaction de 200 journalistes, cela représente moins d’une heure supplémentaire par semaine et par journaliste. Nous savons aussi qu’après avoir tenté d’ignorer la réalité de ces heures supplémentaires de travail, la direction a bloqué leur paiement pendant des mois. Il a fallu une forte mobilisation des salariés et de leurs représentants pour que la direction respecte tout simplement la loi et l’accord collectif.

Nous savons surtout que le 28 mai 2013, la direction générale de France Télévisions et les syndicats CFDT, CGT, FO et SNJ ont signé un accord collectif qui modifie les modalités de décompte du temps de travail. Il laisse le choix à chaque journaliste d’opter pour un décompte en jours (« forfait-jours ») ou un décompte en heures. Le décompte en heures permet, en cas de dépassement, de choisir une compensation en temps (récupération) ou en argent (heures supplémentaires).

Mais aujourd’hui, visiblement, la direction de l’information est incapable de respecter cette signature. Incapable d’assumer son propre accord collectif. Alors, la direction se discrédite en maniant le chantage et l’intimidation. La suite du courrier de Pascal Golomer est éloquente : « nous réunirons les rédacteurs en chef et les chefs de service pour décider avec eux de la manière de procéder pour limiter au maximum le recours aux heures supplémentaires. (…) Pour notre part nous restons persuadés (comme nous l’avons toujours dit) qu’à budget égal, l’option du forfait-jours permettrait aux journalistes de la rédaction de couvrir de manière beaucoup plus satisfaisante l’actualité nationale et internationale ».

La direction ne s’en cache même plus : elle n’entend pas laisser le choix. Forfait-jours pour tous ! Ou bien, à défaut, des éditions affaiblies avec moins de reportages. Sans oublier les menaces sur l’avenir professionnel des journalistes qui refuseraient d’opter pour ce système. Difficile dans ces conditions d’avoir confiance dans l’application loyale du « forfaitjours »… Et l’argument économique n’est pas recevable quand, à l’heure des restrictions budgétaires, la direction continue de sanctuariser les bonus et parts variables versés aux cadres.

Le SNJ exige la transparence sur le budget des rédactions et pas uniquement sur le coût des reportages. Le SNJ exige également une application loyale de l’accord de mai 2013, et la fin des pressions inacceptables exercées sur les journalistes. Ces pratiques sont indignes du Service Public.

Paris, le 27 août 2014

Plan de départs volontaires : passe-droits et inégalités en série

AA lettrine articlesLe 18 juillet s’est tenue la deuxième réunion de la commission nationale de suivi du plan de départs volontaires (PDV). Les informations transmises aux représentants syndicaux corroborent les critiques formulées par le SNJ à l’encontre du plan unilatéral de la direction. Construit sur l’inégalité de traitement entre salariés, ce plan génère des conflits d’intérêt à l’intérieur des équipes.

Au 30 juin, date limite fixée par la direction pour les dossiers de départ en retraite, 366 salariés auraient fait acte de candidature. Parmi eux, 126 occupent un des emplois que la direction veut supprimer. Eux ne seront pas remplacés. Ils pourraient donc partir aux conditions définies par la direction, s’ils satisfont à tous les critères exigés.

En revanche, pour les 240 autres candidats à la retraite, l’incertitude est totale. Car pour eux, il faut trouver un remplaçant… Le départ à la retraite de ces 240 volontaires est désormais subordonné à la volonté hypothétique de mobilité d’autres salariés dont le poste serait supprimé.

Or, au 18 juillet, seuls 3 salariés dans ce cas avaient fait acte de candidature pour une mobilité interne. 3 possibilités de départ pour 240 postulants, sacré bouchon sur la route des départs en retraite !

Le jeu de chaises musicales entre salariés, imaginé par la direction, porte en germe plusieurs effets pervers, notamment la menace de mobilités contraintes. Le risque est grand de voir des salariés mis sous pression, parce qu’ils ne souhaitent pas quitter l’entreprise ou changer d’emploi alors même que des centaines d’autres sont candidats à un départ à la retraite.

 Même embouteillage pour 35 autres volontaires au départ dans le cadre d’un projet création / reprise d’entreprises ou d’une demande de formation.

Conçu sur une inégalité de base entre des salariés auxquels il supprime l’emploi et ceux auquel il le préserve, ce PDV débouche sur une autre inégalité : certains pourraient partir dans des conditions financières plus favorables que celles prévues par les lois et accords, et d’autres ne le pourraient pas.

Enfin, la direction semble tentée d’accorder des passe-droits et de favoriser certaines candidatures afin « d’accélérer » la cadence. Là encore, le principe d’égalité de traitement n’est pas respecté. Pour les candidatures des cadres dirigeants (pour qui des règles particulières ont été mises en place dans le plan de départs), le nouvel organigramme s’adapterait en fonction des souhaits de départ. Un cadre dirigeant pourrait partir avec les indemnités maximales prévues dans le PDV même si son poste n’est pas supprimé, la direction disant : « faites nous confiance, au final il y aura bien 20 postes de cadres dirigeants en moins dans l’organigramme de France télévisions ».

Le SNJ n’a pas varié de position depuis la présentation du PDV devant le CCE le 15 octobre 2013. Il s’oppose à un projet déséquilibré, qui prévoit l’arrêt total d’activités (sous-titrage France 2 et AITV) et ne garantit pas l’égalité de traitement entre salariés.  C’est pourquoi le SNJ, aux côtés de la CFDT et de la CGC, a introduit un recours devant le Tribunal administratif de Paris contre l’homologation accordée par la DIRECCTE au plan unilatéral de la direction.

L’annulation de cette homologation permettrait de négocier un véritable plan de départs volontaires ouverts à ceux qui souhaitent quitter l’entreprise, sans arrêts d’activités. L’alternative existe. A eux seuls les 366 candidats à un départ à la retraite le démontrent. Cette alternative doit respecter les principes fondamentaux d’égalité et s’appuyer sur un projet de relance pour l’entreprise France Télévisions.

Paris, le 31 juillet 2014

 PDV passe-droits et inégalités en série

 

 

 

 

 

Appel solennel au président de la République

« C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les évènements du monde. »

/…/ »Mais tout cela ne serait rien et toute notre tentative serait vaine et même dangereuse si l’entière indépendance du journal n’était point assurée et s’il pouvait être livré, par des difficultés financières, à des influences occultes. L’indépendance du journal est entière. Les capitaux, dès maintenant souscrits sont suffisants pour nous permettre d’attendre le développement espéré du journal. Et ils ont été souscrits sans condition aucune. Aucun groupe d’intérêt ne peut directement ou indirectement peser sur la politique de L’Humanité. De plus, nous avons inscrit dans les statuts que l’apport de travail fait par les collaborateurs du journal serait représenté par des actions appelées « actions d’apport » qui permettent à la rédaction et à la direction politique de faire équilibre dans la gestion de l’entreprise aux actions numéraires. C’est, dans la constitution de notre journal, une garantie certaine d’indépendance. »

 /…/ » Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’aucun groupe d’affaires est un problème difficile mais non pas insoluble. »

 Jean Jaurès : éditorial du premier numéro de L’Humanité, le 18 avril 1904.

Plantu 100 ans Jaurès

 

Dans les pas de Jaurès, héraut du journalisme, nous lançons l’Appel du centenaire.

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès, journaliste-républicain, honnête et courageux, homme politique incarnant la volonté de paix et d’amitié entre les peuples, était assassiné au Café du Croissant à Paris.

Jaurès dont la haute valeur morale et humaine s’était notamment illustrée lors de l’affaire Dreyfus. Il avait alors su changer d’opinion et faire un vrai travail de journaliste pour ne s’en tenir qu’aux faits, en toute éthique, et ainsi permettre aux citoyens de se faire, à leur tour,  une opinion.

 100 ans après, la liberté de la presse reste fragile…   Menacée par des attaques nombreuses et sournoises des employeurs  de presse qui ne garantissent plus tous, une information libre, pluraliste, de qualité. Des employeurs qui compliquent et déstructurent  le travail des  salariés des médias, particulièrement  celui des rédactions et de leurs journalistes.

Sur fond d’évolution générale vers le numérique et de commode alibi économique, les restructurations et concentrations s’enchaînent, des plans de licenciement et des mesures d’économie d’échelle sont mis en place dans la presse écrite, audiovisuelle et numérique,  la précarité des journalistes s’accroît, les conditions de travail de tous les salariés se dégradent, les négociations, notamment salariales, sont en panne dans toutes les formes de presse, de même que celles sur les journalistes pigistes, l’avenir des reporters photographes (dont le nombre est en cruciale diminution) se bouche à mesure que prospèrent les banques d’images vides de sens, les accords sur la réduction du temps de travail sont revus à la baisse.

La reconnaissance juridique des équipes rédactionnelles, seule capable de rééquilibrer les pouvoirs au sein des entreprises de presse et, ainsi de reconnaitre une âme aux rédactions, ne figure dans aucun agenda, ni patronal ni gouvernemental.

A ce tableau s’ajoutent les engagements non tenus du président de la République, François Hollande, en matière de révision complète des aides à la presse (1,2 milliard de financement public par an), , de moyens accordés pour le pluralisme de l’information, de résorption de la précarité. La protection des sources des journalistes, qui avait fait l’objet d’un projet de loi sur lesquels les acteurs du terrain ont été consultés et se sont mis d’accord, vient d’être renvoyée sine die.

Cette situation menace frontalement l’exercice même du métier de journaliste dans sa déontologie et le droit d’accès des citoyens à une libre information. Elle menace l’emploi et les conditions de travail des personnels en général.  Le législateur (Émile Brachard) avait été prudent, en 1935, en liant directement le statut de journaliste à celui de salarié, pour limiter sa précarité et lui éviter d’avoir à choisir « entre le gagne-pain et le gagne-conscience ». Il faut revenir à l’esprit de cette loi.
Clairement, c’est la liberté de la presse et par conséquent la démocratie qui est en danger, et la responsabilité des éditeurs de médias écrits, audiovisuel ou internet, privés ou publics qui est en cause ainsi que celle des politiques.
Aussi, les organisations syndicales représentant les journalistes (Syndicat National des Journalistes, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, CFTC-SJ, Média 2000 CFE-CGC, SNJ-FO) lancent-elles un appel solennel au président de la République qui n’entend toujours pas  la voix des journalistes comme Viviani n’entendit pas celle de Jean Jaurès.

Elles appellent les membres des rédactions, les journalistes isolés et les associations professionnelles à réagir dès la rentrée de septembre, afin que le gouvernement et le parlement mettent en œuvre les mesures nécessaires pour assurer un avenir à la profession de journaliste.

 Paris, le 31 juillet 2014

Appel solennel au président de la République Intersyndicale journaliste 3107 2014

France Télévisions, un groupe sans stratégie internationale

AITV ça continueLancement de la chaine A+ par le groupe Canal, prochaine arrivée en Afrique d’une déclinaison de la chaine Gulli désormais pleine propriété de Lagardère, développement du site africain du Point, les créations illustrant l’appétit des groupes français pour les marchés de la francophonie foisonnent. Grand absent de cette tendance : France télévisions, pourtant actionnaire important de TV5, de CFI et d’Euronews. Un géant sur le papier, un nain dans la pratique.

A quoi bon, en effet, ces participations non assumées dans des chaînes internationales qui nous confinent dans le rôle de l’actionnaire dormant ? L’ordre du jour de cette réunion du comité de groupe France télévisions reflète ce déficit de stratégie à l’international. Aucune information sur les projets de ces filiales, pas plus que sur les partenariats possibles avec les chaînes de France télévisions, aucune perspective de développement au-delà du pré carré hexagonal.

Tandis que la concurrence cherche à conquérir de nouveaux publics, France télévisions se recroqueville à l’intérieur des frontières nationales. Les contraintes budgétaires ne doivent pas justifier l’abandon d’une stratégie à long terme. Dans l’univers sans limite du web, nous avons les mêmes ambitions qu’à l’époque des faisceaux hertziens. Comment ne pas voir que cette approche passéiste et étriquée n’a pas d’avenir ?

Le partage des missions entre France télévisions et France Médias Monde défini par le législateur doit être assumé de manière dynamique et non pas vécu comme une fatalité. A l’heure du numérique, le distingo entre audiovisuel public national et audiovisuel extérieur ne peut plus être posé en termes de zone de diffusion ou d’accessibilité. C’est désormais aussi une question d’angle et d’écriture.

Si l’argent de la redevance n’est pas – formellement – destiné à financer des programmes pour les téléspectateurs africains, les publics de France télévisions se trouvent partout dans le monde. France Télévisions aurait tort de ne pas intégrer cette donnée dans son logiciel et dans la définition de son futur modèle économique.

Au moment précis où les médias du monde entier convergent vers une Afrique en croissance, à l’heure où l’espace francophone se profile comme la nouvelle frontière des médias tricolores, France télévisions cherche à saborder son agence internationale l’AITV. Tant de persévérance à jouer contre son camp laisse songeur. Le futur de France télévisions passe notamment par le renforcement de sa dimension internationale. Le groupe FTV constitue le périmètre naturel de cet essor, le comité de groupe doit être l’instanceoù se dessinera cet avenir.

Déclaration du SNJ, Comité de groupe FTV, 17 juillet 2014

France Télévisions condamnée pour harcèlement moral à l’encontre d’une journaliste

AA lettrine articles« La Cour condamne la société France Télévisions à verser à Madame S. la somme de xxxxx euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice subi du fait du harcèlement moral et du manquement de l’employeur à son obligation de sécurité de résultat (…) La Cour déclare recevable l’intervention du Syndicat National des Journalistes, condamne la société France Télévisions (…) en réparation du préjudice porté aux intérêts de la profession. » Ces condamnations sont extraites d’un arrêt édifiant de la Cour d’Appel de Paris, rendu le 9 avril dernier. Cet arrêt est aujourd’hui définitif, France Télévisions ayant renoncé à se pourvoir en cassation.

Il rend enfin justice à une de nos consoeurs, rédactrice en chef, harcelée pendant plusieurs mois dans une station ultra-marine de France Télévisions. Cette journaliste a traversé une période professionnelle et personnelle très éprouvante, comme le rappelle le jugement : « le lien entre le harcèlement moral subi par la salariée et la dégradation de son état de santé est établi par les certificats médicaux versés au dossier ».

Le jugement, accablant pour la direction, établit que cette dernière « n’a pris aucune mesure pour faire cesser les agissements de harcèlement moral dont elle était informée ». Notre consoeur, dont la situation professionnelle était rendue intenable (mises en cause permanentes, attaques sans fondements), avait pourtant alerté sa hiérarchie et la DRH. La direction de France Télévisions n’a jamais pris les mesures appropriées. Pire, la journaliste victime a été relevée de ses fonctions et mutée !

Dans cette affaire, le SNJ s’est constitué partie intervenante, en raison de « l’atteinte aux intérêts matériels et moraux de la profession de journaliste ». La Cour d’Appel nous a entièrement donné raison, en jugeant cette intervention recevable et en condamnant France Télévisions à payer au SNJ les dommages et intérêts demandés.

Cette décision de justice permet de lever le voile sur des pratiques brutales que le SNJ dénonce depuis plusieurs années. Ces agissements, qui coûtent très cher à l’entreprise, sont enfin sanctionnés par la justice. Pour justifier cette lourde condamnation, la Cour d’Appel détaille des méthodes honteuses de cadres de direction, certains étant nommés dans le jugement. Aujourd’hui, ils exercent toujours des fonctions d’encadrement quand notre consoeur, elle, n’a toujours pas retrouvé de poste correspondant à sa qualification, plus de trois ans après les faits !

Au moment où France Télévisions est en grande difficulté, la priorité de nos dirigeants serait donc de « couvrir » des hauts cadres et leurs pratiques. Quoi qu’il en coûte à l’entreprise. Ces fautes managériales mettent en danger France Télévisions et ses salariés, il est plus que
temps d’y mettre fin ! Le Syndicat National des Journalistes est prêt à assister toutes celles et ceux qui, victimes de ces injustices et de ces méfaits, voudraient en demander réparation devant les tribunaux.

Paris, le 9 juillet 2014

Rédaction nationale de France 3 : honteux chantage

AA lettrine articlesNous y voilà. Le chantage au décompte horaire est dans la place. Au lendemain du crash d’un avion de ligne en Ukraine, aucune équipe de la rédaction nationale ne se rendra sur place. Pas pour un problème de passeport, pas pour un problème d’organisation, pas pour un souci de personnel… Non tout simplement « parce que les heures supplémentaires ont coûté tellement cher qu’on ne peut plus partir en mission ».

Un argument boomerang et pervers puisqu’il installe en fait un aveu d’échec de la direction de la rédaction nationale qui, comme la direction générale, a tout fait pour ne jamais prendre en compte le financement de ces heures supplémentaires prévues dans l’accord collectif. Une honte éditoriale que ce choix de la direction de la rédaction nationale. Une honte parce qu’elle rejette la responsabilité de son choix sur les journalistes qui réclament leur dû. Une honte parce que c’est bien la direction générale qui triche en ne respectant pas depuis le 1 er janvier les termes de
l’accord signé et qui l’engage pourtant.

En fait, l’argument de la direction de la rédaction nationale est simple. Si les gens ne déclaraient pas leurs heures ce serait quand même beaucoup mieux…Une équation tout simplement illégale et pénalement condamnable. Une honte tout simplement en laissant entendre que les instances représentatives du personnel, les syndicats, les salariés seraient donc les seuls responsables de tout cela.

Mais patience, laisse entendre cette même direction, de manière à peine dissimulée : le forfait jour va tout régler, en omettant bien sûr de préciser qu’il coûtera beaucoup plus cher encore à l’entreprise…. Une honte enfin, c’est que cette posture, nous empêche tout simplement de faire notre métier. Oui ce texte se résume en deux mots … une honte

Paris, le 18 juillet 2014

Contrats précaires : Le SNJ en justice contre la direction de France Télévisions

AA lettrine articlesLe SNJ a maintes fois prévenu la direction de France Télévisions : tolérance zéro face aux comportements scandaleux vis-à-vis des salariés précaires. Mais, comme d’habitude, la direction fait la sourde oreille. Le SNJ va donc se porter partie civile, en justice, pour une affaire qui concerne France 3 Alsace.

A trop piétiner la réglementation, on finit par se prendre les pieds dedans. A France 3 Alsace, tout commence par un ultimatum de l’inspection du travail : la direction doit intégrer au plus vite, une journaliste. Motif : une succession de CDD, sur plusieurs années. France Télévisions a un mois
pour se plier à la mise en demeure. La direction du pôle Nord-Est attend le dernier moment pour répondre, et passe outre. Elle ose même affirmer que la journaliste en question n’a jamais postulé en Alsace. Ce qui est faux : elle l’a fait à 8 reprises ! L’inspection du travail n’apprécie ni la désinvolture, ni le mensonge. Procès verbal est dressé. Non seulement pour le cas de cette journaliste en CDD, mais aussi pour quatre autres, employés depuis des années par France 3 Alsace.

Le procureur de la République est donc saisi d’une plainte de l’inspection du travail. En effet, la précarisation d’un emploi permanent est interdite, la peine pouvant aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement ! (article L1248-1 du code du travail)

Le SNJ a décidé de se porter partie civile dans cette affaire, qui porte gravement atteinte aux intérêts de toute la profession. L’inspection du travail a également effectué un autre contrôle à France 3 Alsace. Un contrôle sur la baisse scandaleuse et illicite du salaire des CDD, depuis le 1er janvier 2014. Et l’inspection du travail menace à nouveau de verbaliser France Télévisions, cette fois pour travail dissimulé.

Sur ce point, le 12 mars, face aux syndicats de France Télévisions, la direction s’est piteusement retranchée derrière un « bug informatique ». Elle a affirmé vouloir rectifier cette “anomalie” et payer l’intégralité des salaires fin mars. Dans un climat général de défiance, cet engagement verbal doit être impérativement suivi d’actes, et au plus vite.

Désormais, à chaque nouvelle attaque contre les droits des salariés de France Télévisions, en particulier des plus précaires d’entre nous, le SNJ répliquera sur le terrain judiciaire.

Paris, le 14 mars 2014