Le SNJ soutient la rédaction en lutte de l’AITV


AITV ça continueDepuis l’annonce du projet de suppression de l’AITV, en septembre 2013, le SNJ n’a eu de cesse de dénoncer l’abandon par la direction de cette structure dont le rôle est essentiel en matière d’information internationale, en particulier africaine. La rédaction en lutte de l’AITV vient de mettre en ligne une carte de voeux pour 2014, sous la forme d’un clip vidéo dédié à l’Afrique.

Ce clip remercie tous ceux qui soutiennent la rédaction et son combat et les appelle à continuer à se mobiliser en 2014 ! Le clip est visible ici :

Le SNJ réaffirme son soutien total à la rédaction de l’AITV et sa détermination à obtenir le maintien de cette activité au sein de France Télévisions.

Paris, le 7 janvier 2014

Temps de travail des journalistes : la stratégie du chaos

AA lettrine articlesL’année 2014 débute dans la plus grande confusion dans les rédactions, avec de nombreuses questions sans réponse sur les congés et jours de RTT. En cause : une note de service où la direction annonce une application partielle et partiale des dispositions sur le temps de travail. Ce serait 39h pour tous, à France 3, dès le 1er janvier, avec perte de plusieurs jours de RTT, et un grand flou concernant les anciens « congés divers ». La note de service a été diffusée en catimini le 23 décembre. Quel courage et quel sens du cadeau de fin d’année !

Cette note de service révèle les trois dérives de la direction quand elle s’occupe du temps de travail des journalistes : intimidation, discrimination et manipulation.

– Intimidation : la direction persiste à vouloir forcer la main aux journalistes pour imposer le forfait jour. Il s’agit une nouvelle fois de « faire peur » en présentant une version dégradée du décompte horaire, afin d’inciter les journalistes à choisir le forfait-jours, dans quelques mois.

– Discrimination : les dispositions sur le temps de travail s’appliquent à tous les journalistes de France Télévisions. Mais la note de service n’aborde qu’un seul cas : celui des journalistes de France 3. Ils seraient les seuls concernés par cette décision. Aucun changement donc dans l’organisation du temps de travail dans les Outremers 1ère, à France Ô ou France 2, que la direction considère à tort comme étant déjà au
forfait-jours. Rien dans l’accord collectif d’entreprise ne permet à la direction d’instaurer ce traitement « à la carte », en préservant certaines rédactions.

– Manipulation : la direction fait mine d’ignorer que l’accord collectif de France Télévisions l’oblige à comptabiliser et à payer ou faire récupérer toute heure supplémentaire, au risque de poursuites devant les tribunaux. Manipulation et ignorance, car elle sous-estime gravement le volume horaire de travail des journalistes.

Le SNJ appelle les journalistes à ne pas laisser la direction bafouer les accords signés. Si elle veut appliquer un décompte horaire strict à 39h00, avec perte de jours de RTT, alors nous vous conseillons de noter scrupuleusement sur votre feuille hebdomadaire (« autodéclaratif ») : l’heure exacte de prise de service, celle du départ en fin de journée, et le temps réel de la pause repas, en particulier pour les équipes de reportage. Puis, d’inscrire tout dépassement au-delà de 39h00, même pour une seule heure supplémentaire. Enfin, nous vous invitons à conserver des copies de ces documents et à les adresser à nos représentants syndicaux.

Ces heures supplémentaires devront être récupérées ou payées, en application stricte de l’accord d’entreprise. Dès le mois de février, si les heures supplémentaires n’apparaissaient pas sur un compteur ou un document de la direction, ou si ces heures étaient refusées par la direction ou l’encadrement, France Télévisions serait coupable du délit de travail dissimulé.

Le SNJ agira en conséquence pour faire sanctionner l’entreprise par l’administration (URSAAF et Inspections du travail) et par la justice (Tribunal
correctionnel). Pour mémoire « la personne qui a recours au travail dissimulé directement ou par personne interposée, peut être condamnée jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (225 000 € s’il s’agit d’une personne morale) ».

Il n’est pas trop tard pour éviter le pire : le SNJ exige de la direction de France Télévisions qu’elle maintienne les dispositions antérieures en vigueur sur le temps de travail à France 3, comme elle le fait pour les autres antennes de France Télévisions. Et ce tant qu’elle ne sera pas en capacité d’appliquer intégralement l’accord collectif, en permettant à chaque journaliste de choisir son mode de décompte du temps de travail.

Paris, le 2 janvier 2014

France 3 Alpes : amateurisme, autoritarisme et mutisme

AA lettrine articlesComment se discréditer aux yeux du public ? C’est très simple : il faut une pincée d’amateurisme, une grosse louche d’autoritarisme et une casserole de dédain pour les règles déontologiques des journalistes. La preuve à France 3 Alpes.

« Un rectificatif à présent : le journal des Alpes a diffusé, samedi, une information erronée concernant la maire de Meylan. Marie-Christine Tardy n’a pas été mise en examen pour corruption passive, contrairement à ce qui a été dit, mais pour prise illégale d’intérêts. » Avec ces mots, le 25 novembre, le JT de France 3 Alpes dément une information diffusée deux jours plus tôt. Retour en arrière.

Le 23 novembre, un rédacteur en chef adjoint présente un document de justice. Il demande sa diffusion. Le journaliste en charge du web et le responsable d’édition du JT ne le font pas. En effet, le document est ambigu et incomplet. De plus, impossible de joindre le procureur pour vérifier
l’information. Le lendemain, le même rédacteur en chef adjoint s’en prend à toute la rédaction en l’accusant de « manque de compétence ». Avec un ton autoritaire, il fait référence à ses années d’expérience. Sur son injonction, sur le web et dans le JT, France 3 Alpes affirme donc que Marie-
Christine Tardy, maire UMP de Meylan, est mise en examen pour corruption passive. C’est faux. Sur le document de justice en question, un avocat aurait confondu motifs d’ouverture de l’information judiciaire et chefs de mise en examen. Puis, il aurait transmis ce document au rédacteur en chef adjoint. Lequel a oublié un réflexe élémentaire : vérifier l’information !

Aucune explication n’a été donnée à la rédaction. Pourtant, la maire de Meylan a menacé de porter plainte. Faut-il rappeler que, dans ce cas, le présentateur et le journaliste « pilote web » seraient poursuivis mais peut-être pas l’adjoint fautif ? La crédibilité de France 3 Alpes a été mise à mal. C’est l’ensemble de la rédaction qui est touchée dans son honnêteté et sa probité. A l’approche de la campagne électorale pour les municipales, l’élue faussement mise en cause communique sur « la manipulation des médias ».

Le SNJ dénonce le silence de la direction de l’antenne de France 3 Alpes, qui semble vouloir mettre l’affaire sous le tapis. L’utilisation d’une position hiérarchique, afin d’imposer la diffusion d’une fausse information, est pourtant inacceptable. Le SNJ va saisir la commission de suivi de la déontologie et des principes professionnels.

Paris, le 20/12/13

Info 2015 : rêve de direction, cauchemar des rédactions

AA lettrine articlesCette fois ils y sont. Les fossoyeurs des rédactions nationales ont terminé de creuser notre tombe et trépignent d’impatience en attendant la «news factory ». Le comité de pilotage Info 2015 a, secrètement, rendu ses conclusions. Des préconisations révoltantes que le SNJ dévoile dès aujourd’hui, refusant de voir le travail des journalistes broyé par des gestionnaires cyniques.

Tout est prévu, tout est écrit. La fusion de tous les services sans exception, avec la création de deux nouveaux (Hard News (sic !) et Investigation). Des conférences de rédaction communes (12/13 avec le 13h, 19/20 avec le 20h), des reportages communs, un traitement de l’info sur plusieurs chaînes mais dans les mains d’une seule équipe. En cas de scoop ou d’exclusivité, FTV Info aurait systématiquement « la primeur ».

Dans ce document, c’est souvent la surenchère entre apprentis-sorciers : on rêve de créer un « nouveau métier », appelé deskeur-monteur et destiné à fabriquer des sujets d’une minute ! Sans oublier les mutations de journalistes parisiens qu’il faut « redéployer » dans les bureaux régionaux. Ceci n’est qu’une petite partie de leurs « projets ». Des visions managériales indécentes, élaborées en catimini. Rappelons que les personnels concernés ont déjà rejeté, lors d’un vote massif, l’idée d’une fusion des rédactions.

Aujourd’hui notre avenir serait entre les mains de collaborateurs très zélés qui voient la fusion comme une aubaine pour « booster » leurs carrières. Dès la deuxième page de ce document, ils avouent eux-mêmes que depuis quelques années, donc depuis qu’ils sont aux affaires, « les contenus des JT de France 2 et France 3 se sont rapprochés ». Et il faudrait leur faire confiance, croire qu’une fusion va aider à « l’affirmation plus forte des identités » ?

Soyons sérieux, et tentons de comprendre leurs réelles motivations. Emplois en moins, hélas c’est écrit… mais au regard des organisations proposées, nous voyons surtout des reporters en moins et des postes de cadres en plus. Il y aura donc beaucoup de contremaîtres dans cette usine d’infos, cette news factory qu’ils préparent.

Éditorialement rien encore, à part le service « Economie et Social » rebaptisé « Economie et Consommation », en creux tout un programme… Sur les reportages, quelques hypothèses autour d’un sujet imaginé déclinable sous toutes les coutures. L’exemple : une actualité à Pontarlier. L’équipe régionale arrive sur place : hop, avant de tourner pour son JT on envoie une photo sur Twitter (les journalistes seront désignés
« référents Twitter » à tour de rôle, et donc obligés de s’y abonner). Puis entre deux séquences de tournage, quelques lignes sur FTV Info, hop, et puis la rédaction fusionnée qui envoie une équipe pour réaliser un « Grand Format » pour le soir, jusqu’à 12 minutes dans la journée, etc…

Enfin un peu de management et d’hypocrisie pour saupoudrer la chose. Il faudrait faire oublier aux salariés le mot fusion, à la connotation péjorative, alors que le PDG lui-même l’utilise devant les députés ! (audition à l’Assemblée, le 20 novembre dernier). Il faudrait créer des ateliers mélangeant managers, partenaires sociaux et salariés… mais ce nuage de fumée ne doit pas empêcher de « garder la main sur le projet et la communication sur le projet » ! Des classiques que l’on peut trouver dans les bons ouvrages de management, genre « Imposer et faire accepter le changement » ou encore « Si t’es pas content, tu vas l’être » ou enfin « Comment contourner les syndicats en dix leçons ? »

Mais pourquoi fusionner, pourquoi se priver de cultures et de méthodes de travail différentes, pourquoi détruire sans autre ambition que de faire des économies ? (et encore, c’est une hypothèse car rien n’est chiffré dans ces documents). Le SNJ ne cautionnera pas la casse des rédactions sous couvert d’en garder une seule. Une régression éditoriale sans précédent à France Télévisions. Le SNJ demande, dans un premier temps, la transparence vis-à-vis des salariés et donc la diffusion des préconisations du comité de pilotage info 2015. Le SNJ exige qu’aucun projet ne soit mis en route sans la consultation complète et loyale des instances représentatives du personnel. Aucune fusion de services ne doit être inscrite à l’ordre du jour de CE ou de CHSCT.

Et en tout état de cause ces préconisations qui seraient arbitrées par Thierry Thuillier confirment bien la nature brutale et dangereuse du projet Info 2015. Il est donc temps de s’arrêter là.

Paris, le 2 décembre 2013

Le SNJ publie ici les conclusions secrètes du comité de pilotage de la direction :

Info-2015-RestitutionFinale_Groupe

Liquidation voulue de l’AITV : le temps des copains et des requins

AITV ça continueLa mort annoncée de l’AITV, agence spécialisée sur l’Afrique de France Télévisions ne ferait pas que des malheureux. L’activité n’a pas cessé que déjà des candidats privés se dévoilent pour occuper les créneaux sur lesquels la rédaction de l’AITV travaille depuis plus de 25 ans et récupérer au passage…… les crédits publics que France Télévisions abandonnerait.

Ainsi, selon la Lettre de l’Expansion, le groupe Afrik.com viendrait de signer un accord avec Canal France International (CFI), dans l’objectif de « se positionner pour reprendre le contrat d’une valeur de 1,7 million d’euros par an que CFI a accordé à l’AITV … ». En fermant l’AITV, Rémy Pflimlin entendrait supprimer également le Journal Afrique produit par cette rédaction et diffusé quotidiennement sur France Ô. Un journal qui répond pourtant aux attentes du public en matière de diversité, une notion dont le président de FTV prétend même faire un objectif.

Qu’à cela ne tienne, si le Service Public renonce à proposer sur la TNT une couverture de l’actualité africaine, d’autres s’en chargeront. Ainsi la chaîne Numéro 23, qui veut mettre l’accent sur les diversités, annonce déjà la conclusion d’un accord avec la chaîne Africa 24 pour la reprise d’un
programme d’information quotidien produit par cette dernière. Il suffit de lire les communiqués des syndicats de journalistes d’Africa 24, pour mesurer la relativité de l’indépendance dont disposent ces confrères et comment la déontologie de la profession est mise à mal par leur hiérarchie.

A la tête de ces entreprises privées, il y a des personnes. Olivier Zegna Rata pour Afrik TV, Damien Cuier pour Numéro 23. Le premier est passé par France Télévisions en tant que chargé de missions puis par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel comme directeur de cabinet d’Hervé Bourges. Il est aujourd’hui encore membre de l’observatoire de la diversité du CSA. Le second était directeur général de France TV sous Patrick de Carolis jusqu’à la fin du mandat de ce dernier en août 2010.

Connivence et conflits d’intérêts semblent bien être à l’oeuvre Le SNJ n’admet pas ce divorce par « consentement mutuel » préparé par France Télévisions et CFI sans opposition des ministères de tutelle. Le SNJ dénonce un abandon des missions et valeurs du Service Public dont la conséquence serait l’enrichissement de sociétés privées.

La perspective de rencontrer d’anciens responsables de France TV recyclés dans le privé parmi ces « repreneurs » est une circonstance aggravante. Au moment où s’ouvre à Ouagadougou le séminaire annuel des radios télévisions d’expression française, le SNJ appelle les pouvoirs publics à ne pas abandonner leurs missions de coopération et à ne pas céder aux pressions d’acteurs privés qui rappellent l’action funeste de
réseaux que l’on espérait disparus.

Paris, le 24 novembre 2013

Dérapages numériques incontrôlés

AA lettrine articles« Un journaliste digne de ce nom […] Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ». « Tient […] l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, […] la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ; « Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ». « Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte ou exprimer une opinion contraire à sa conviction ou à sa conscience professionnelle » (Charte d’éthique professionnelle des journalistes)

Ces principes professionnels semblent ne pas s’appliquer au site internet de France 3 Ile de France. Publicité déguisée, placement de produits, info « people », re-tweets d’infos non vérifiées: Non, vous n’êtes pas sur un site de communication institutionnelle, mais bien dans la rubrique « actualité » de France 3 Ile-de-France. Cherchez l’erreur…

Petit florilège :
– Une page d’accueil qui mélange joyeusement les genres : le PSG régulièrement en tête de la hiérarchie de l’info, un lien (retiré depuis) vers l’émission « Paris le club », émission qui n’a rien à voir avec la rédaction, une rubrique « partenariats », concept totalement incompatible avec le journalisme.
– l’arrestation annoncée le mardi après-midi du tireur de Libération, information simplement reprise du Parisien, non vérifiée avant sa mise en ligne… Et fausse! Tout ceci alors que dans la rédaction sont présents plusieurs journalistes qui démentent l’information après avoir simplement fait leur travail de vérification… Il faudra une demi-heure pour que le site soit actualisé et la pseudo-information
démentie. Tout cela au nom d’un principe parfaitement anti-journalistique : « il faut être présents et balancer le plus d’infos possibles ».
– un spot de publicité mis en ligne, David Beckham courant dans la rue en caleçon, pour une marque de prêt-à-porter, jusqu’à ce que la direction du pôle finisse par admettre une « mistake » et le retire du site.
– des publi-reportages, et des dossiers de presse mis en ligne quasiment tels quels sans un soupçon de travail journalistique. Exemples : l’ouverture du centre commercial « Aéroville », avec à l’appui le film institutionnel énumérant tous les partenaires ou encore « Vive Noël à Disneyland! »
– Le blog « Capitale High tech » hébergé par notre site, une mine de publicités et de placements de produits : la sortie d’un jeu vidéo, de la dernière console, sans parler des smartphones à la mode.
– de l’info « people », comme l’ouverture de la boutique éphémère d’une ancienne call-girl bien connue de quelques footballeurs.

Cette drôle de « ligne éditoriale », France TV s’est toujours refusée à la suivre dans ses éditions d’information, alors pourquoi sur le net?

Le culte du clic, la religion du tweet

Le clic, seul critère de valeur d’un article journalistique. Le tweet, température de l’opinion, frère jumeau du micro trottoir… Les clics et les tweets des internautes dictent les choix éditoriaux et la stratégie numérique du pôle Nord-Ouest. Une vision purement « marketing » de l’information, au détriment des principes professionnels et de la plus basique exigence de qualité. Jusqu’à tomber aussi bas que la presse de caniveau? Cette dérive est-elle délibérément organisée par les responsables du numérique, pour tenter de gagner la course à l’audience?

Le SNJ exige que la direction fasse appliquer la charte d’éthique et les principes professionnels des journalistes sur le site internet d’information de France 3 Ile-de-France comme sur tous les supports numériques. Le SNJ encourage tous les journalistes qui collaborent au site à se prévaloir de cette charte lorsqu’ils estiment que ce qui leur est demandé ne relève pas de leur profession, ou va à l’encontre de la déontologie journalistique. Il les appuiera s’ils refusent de travailler pour un site qui perd toute crédibilité et toute nature journalistique et qui porte atteinte à l’honneur professionnel de tous les journalistes de la rédaction.

Vanves, le 22 novembre 2013

Grève intersyndicale du 7 novembre : merci !

AA lettrine articlesMerci pour votre mobilisation du 7 novembre. Elle a été exceptionnelle ! Des taux de grévistes qui approchent les 100% dans beaucoup de rédactions, des taux très élevés aussi parmi les personnels techniques et administratifs. Du jamais vu depuis des années à France Télévisions. 

Merci d’avoir répondu à notre appel pour dire non !

· Non aux suppressions d’emplois ! Dans un pays qui compte des millions de chômeurs et de précaires, le service public et le gouvernement n’ont    pas le droit d’agir ainsi !
· Non à la destruction des métiers, non à l’empilement des tâches qui ruinerait le travail des journalistes !
· Non à la disparition des éditions et des rédactions, locales ou nationales, non à l’information bas de gamme voulue par nos dirigeants !
· Non au gaspillage éhonté de l’argent public par la direction, non aux millions partis en fumée pour rien, non aux contrats opaques et juteux pour     les consultants extérieurs, non aux nominations incessantes de cadres de direction, toujours plus nombreux !
· Non à la restructuration permanente, 5 ans ça suffit !
· Non à l’hypocrisie de notre tutelle, gouvernement et Parlement, qui impose des économies mais refuse d’en assumer les conséquences !

Merci d’avoir répondu à notre appel pour dire oui !

· Oui à un service public exemplaire ! France Télévisions doit embaucher les centaines de précaires qui participent au bon fonctionnement de        notre entreprise depuis des années.
· Oui à une information et à des programmes de qualité, fabriqués par nos moyens !
· Oui, un autre plan d’économies est possible, sans sacrifier l’emploi ! Oui, France Télévisions doit restructurer ses strates de direction pour les    alléger, oui France Télévisions doit rationnaliser ses investissements en matériel !
· Oui, France Télévisions doit arrêter d’engraisser des producteurs privés pour des éditions, des émissions et des programmes que nous pouvons faire avec nos moyens et nos talents !

Confiant dans le mouvement unitaire que nous avons tous créé, le SNJ va continuer et amplifier son action. Nous savons que nous pouvons compter sur vous pour vous mobiliser afin d’être entendus par la direction, par le gouvernement et par le parlement.

Paris, le vendredi 8 novembre 2013

Vente à la découpe : « le mag du sénat » passe au privé

AA lettrine articlesC’est une nouvelle histoire d’externalisation. Une émission, une de plus, se fait la malle… au moment même où un projet de 361 suppressions de postes est rejeté par l’ensemble des organisations syndicales. « Sénat Infos », émission co-financée depuis des années par le Palais du Luxembourg et France 3, vient donc de quitter le giron du service public.

A ce jour, l’émission est produite à 99% par France Télévisions : reportages réalisés par les équipes de la rédaction nationale de la 3, puis montés et mixés en interne. Ce magazine ne coûtait rien à l’entreprise, et parfois même pouvait rapporter quelques poignées d’euros. Mais pour la direction générale de France Télévisions, cela ne suffit pas. Dès le mois de novembre « Sénat Infos » sera donc produit par une entreprise privée, Jara Productions. Un choix effectué sans concertation avec le service politique de la rédaction. Ce producteur extérieur réalisera les reportages de l’émission et tournera les plateaux de présentation du journaliste de France 3, qui reste le seul lien avec le service public. Un journaliste qui garde malgré tout un rôle de rédacteur en chef du magazine, et c’est bien la moindre des choses.

Pourtant, à la demande de la direction, ce magazine était réalisé depuis un an par les journalistes de la rédaction nationale (tous services confondus ou presque). Certains cadres acceptaient sous la contrainte les détachements de quelques jours… mais au final, l’émission était signée par les équipes de France 3. Avec cette décision brutale, prise en cours de saison, nous perdons toute la production et une grande partie de l’éditorial. L’émission n’est plus fabriquée par la rédaction nationale et France Télévisions devient essentiellement un diffuseur.

Le SNJ condamne ces attitudes irresponsables qui n’ont pour but que de détourner les salariés de l’entreprise de leur mission de service public.
A l’image de l’ensemble du groupe, cette histoire démontre que bien que sans stratégie, nous subissons des postures de girouettes et nous avons raison de craindre le pire.

Paris, le 30 octobre 2013

Nominations à France Télévisions : jusqu’à présent, tout va mal

AA lettrine articles« France Télévisions a besoin de stabilité », répète sans cesse son PDG, Rémy Pflimlin. En toute logique, et fidèle à sa réputation, ce dernier vient donc d’annoncer… un énième jeu de chaises musicales au sein de la direction de l’entreprise. France 2 remplace son directeur de l’antenne et des programmes, limogé hier, par Thierry Thuillier. Il est le cinquième patron de la chaîne depuis l’arrivée de l’équipe Pflimlin, en 2010. Une demi surprise, même s’il n’est pas le premier journaliste à occuper cette fonction.

Rien de très nouveau et donc rien de très rassurant pour les salariés de France Télévisions et pour les journalistes en particulier, tous lassés de ces nominations de palais. Thierry Thuillier, qui depuis trois ans a supprimé des éditions et annoncé la disparition de plusieurs rédactions, a choisi Yannick Letranchant comme numéro 1 bis de la direction de l’information. Pendant que le directeur général appliquera sa politique à la tête des programmes de France 2, son adjoint expédiera les « affaires courantes » pour l’info. Car quand tout change… rien ne change! Rien ne vient enrayer cette politique « à la baisse » menée par l’actuelle direction.

Moins d’ambition, moins de moyens, moins de rédactions (nationales ou locales), moins d’éditions, moins de reportages, moins de magazines et documentaires produits en interne, moins de journalistes aussi (90 postes supprimés selon le plan Pflimlin). Nos missions sont menacées, remises en cause.

France Télévisions n’a pas besoin de nouveaux gradés et de nominations par dizaines pour donner l’impression de changement. Obnubilé par les postes à distribuer dans son etat-major, le PDG bâcle son mandat et affaiblit France Télévisions. Celui qui parle aujourd’hui « d’avenir durable » cherche surtout à réduire les effectifs et ainsi à faire payer aux salariés les dépenses somptuaires des directions successives. Les journalistes, techniciens et administratifs voient leurs conditions de travail dégradées et leurs emplois menacés. C’est cette politique low-cost, indigne du service public, dangereuse pour l’information, qu’il faut revoir en urgence.

Les salariés attendent un vrai plan d’avenir pour la télévision publique. Un plan servi par des hommes et des femmes motivés et motivants. Le Syndicat National des Journalistes de FTV exige d’autres annonces, à la hauteur des enjeux et des attentes des téléspectateurs et des salariés. À commencer par le retrait immédiat du plan de suppression de postes que la direction veut imposer brutalement.

Paris, le 21 octobre 2013

Gabegie à la direction de France Télévisions : un scandale à 100 millions d’euros

AA lettrine articles100 millions d’euros d’argent public partis en fumée. 100 millions d’argent public utilisés, notamment, pour engraisser des cabinets de consultants privés (certains avec des contrats dépassant les 10 millions d’euros). 100 millions d’argent public pour apprendre comment massacrer France Télévisions et écraser ses salariés. Si les informations du « Canard Enchaîné » sont avérées, les contribuables assistent à un spectacle trash digne des pires scénarios du monde de la finance.

Depuis 4 ans, les salariés payent au prix fort la restructuration de France Télévisions. Leurs conditions de travail et leur santé en pâtissent. Dans le même temps, la direction de France Télévisions gaspille donc l’argent public de la redevance en arrosant des consultants et chargés de mission inefficaces. Une gabegie initiée par l’ancienne direction Carolis, dont un certain nombre de représentants sont toujours dans l’entreprise.

Un mouvement poursuivi par la direction Pflimlin, qui a multiplié les embauches de cadres de direction et augmenté grassement les mêmes hautes strates. Les salariés, eux, sont au régime sec. Aujourd’hui, la direction de France Télévisions tente un dernier coup de poker menteur : un plan de
licenciements masqué sous un plan de départs volontaires. Avec un objectif déguisé : faire de la télé bas de gamme. Dernière étape d’une série noire : disparition programmée de la rédaction nationale de France 3, fermeture des éditions locales, disparition du journal de la nuit de France 2,
liquidation annoncée de l’AITV. Et maintenant, nouvelle attaque contre la télévision de proximité : les journalistes sont invités à se mettre au montage en lieu et place des techniciens monteurs, qui sont remerciés.

La stratégie a aussi consisté à mettre à la rue, au RSA ou en fins de droits, des centaines de CDD, pigistes et intermittents.

Le SNJ refuse que les salariés paient l’incurie de leurs dirigeants.

Le SNJ refuse que France télévisions propose une télé bas de gamme à ses téléspectateurs.

Le SNJ exige de la direction de France Télévisions, ancienne et actuelle, qu’elle rende des comptes. Rémy Pflimlin doit défendre l’honneur du service public auprès des salariés et des téléspectateurs. Si le PDG refusait de faire toute la lumière sur ces dépenses somptuaires, il perdrait la confiance de tous.

Le SNJ exige que la tutelle, gouvernement et Parlement, se penche sur ce scandale qui touche une grande entreprise du service public dont elle est actionnaire unique. Enfin, le SNJ va examiner avec ses conseils la possibilité d’une plainte pour détournement de fonds publics.

Paris, le 16 octobre 2013