Quand l’organisation du travail détruit le journalisme

  DEONTOLOGIE

A chaque réunion de la commission déontologie de France Télévisions, le SNJ fait ce constat : de nombreuses dérives déontologiques sont liées à une désorganisation du travail orchestrée par la direction. Exemple : les sujets « en kit ».

Au générique d’un sujet d’une minute 30, il n’est pas rare de trouver jusqu’à 4 équipes de tournage. Cette inflation, jusqu’alors réservée à France 2, est en train de se propager dans certaines rédactions de France 3.

Pour le SNJ, cette grave dérive éditoriale contribue largement à la dégradation du métier de journaliste de terrain, et à la souffrance au travail.

Dans un contexte d’économies demandées à tous les étages, comment justifier l’envoi d’autant d’équipes pour un seul sujet d’actu ? Elles font des kilomètres, mobilisent des moyens de tournage et de transmission, ou un monteur, pour quelques secondes d’antenne !  Sans parler de la déperdition d’informations, entre le terrain et la salle de montage, où passeront successivement plusieurs chefs avec chacun sa vision du sujet.

Cette taylorisation détruit le journalisme. Quelques reporters « premium » signent les sujets fabriqués à base des éléments tournés par d’autres, qui sont dépossédés de l’essence de leur profession. La fusion des rédactions nationales accélère encore le processus.

La direction n’hésite plus à envoyer des JRI tourner seuls et transmettre leurs rushes, au mépris des règles fixées dans l’accord collectif de France Télévisions.

A chaque interpellation du SNJ sur cette question, la direction a confirmé que la politique des éléments allait se poursuivre.

Comme il l’a fait en s’engageant notamment auprès des correspondants de France 2 en région, le SNJ continuera à combattre ces pratiques, y compris devant les juges :

– pour faire respecter la charte de déontologie : un journaliste ne peut pas être dépossédé de ses prérogatives ;

– pour exiger des équipes rédacteur-JRI ;

– pour réaffirmer que la vérité journalistique vient du terrain. Elle ne peut pas être fabriquée par une petite oligarchie qui dicte les angles, les contenus, et même parfois les commentaires.

Pour continuer à mener ensemble ces combats nécessaires à un journalisme de qualité, digne du service public, dès le 28 septembre, votez SNJ !

Paris le 26 septembre 2018

2018-09-26 Tract deontologie