Vente à la découpe : « le mag du sénat » passe au privé

AA lettrine articlesC’est une nouvelle histoire d’externalisation. Une émission, une de plus, se fait la malle… au moment même où un projet de 361 suppressions de postes est rejeté par l’ensemble des organisations syndicales. « Sénat Infos », émission co-financée depuis des années par le Palais du Luxembourg et France 3, vient donc de quitter le giron du service public.

A ce jour, l’émission est produite à 99% par France Télévisions : reportages réalisés par les équipes de la rédaction nationale de la 3, puis montés et mixés en interne. Ce magazine ne coûtait rien à l’entreprise, et parfois même pouvait rapporter quelques poignées d’euros. Mais pour la direction générale de France Télévisions, cela ne suffit pas. Dès le mois de novembre « Sénat Infos » sera donc produit par une entreprise privée, Jara Productions. Un choix effectué sans concertation avec le service politique de la rédaction. Ce producteur extérieur réalisera les reportages de l’émission et tournera les plateaux de présentation du journaliste de France 3, qui reste le seul lien avec le service public. Un journaliste qui garde malgré tout un rôle de rédacteur en chef du magazine, et c’est bien la moindre des choses.

Pourtant, à la demande de la direction, ce magazine était réalisé depuis un an par les journalistes de la rédaction nationale (tous services confondus ou presque). Certains cadres acceptaient sous la contrainte les détachements de quelques jours… mais au final, l’émission était signée par les équipes de France 3. Avec cette décision brutale, prise en cours de saison, nous perdons toute la production et une grande partie de l’éditorial. L’émission n’est plus fabriquée par la rédaction nationale et France Télévisions devient essentiellement un diffuseur.

Le SNJ condamne ces attitudes irresponsables qui n’ont pour but que de détourner les salariés de l’entreprise de leur mission de service public.
A l’image de l’ensemble du groupe, cette histoire démontre que bien que sans stratégie, nous subissons des postures de girouettes et nous avons raison de craindre le pire.

Paris, le 30 octobre 2013