Le CSE Réseau : victime collatérale du coronavirus

On savait déjà qu’une instance représentant toutes les régions de France 3 ne pourrait pas répondre à la diversité des situations et des problèmes rencontrés dans toutes nos antennes. Le SNJ avait d’ailleurs défendu jusqu’au bout l’idée de CSE par grandes régions.

On vient, pendant cette crise, d’avoir la démonstration navrante de son incapacité de gérer les situations urgentes qui lui sont remontées aussi bien dans l’exceptionnel que dans le quotidien.

La moindre interpellation, la moindre sollicitation des élus est reçue avec méfiance ou dédain, voire un excès d’autoritarisme par la direction du réseau régional. Entre des élus RP trop peu nombreux dans chaque antenne et un CSE central trop éloigné du terrain, les interventions des élus du CSE réseau devraient permettre de résoudre les problèmes concrets, mais ils ne sont pas reconnus comme des interlocuteurs légitimes par la direction, avec lesquels elle accepterait d’amender, de modifier, ou d’assouplir certaines de ses décisions.

Exemples : rien sur l’encadrement du télétravail, rien sur un réaménagement des espaces de travail devenus inadaptés, rien sur les conditions de fabrication des journaux télévisés en mode toujours dégradé.

Autre exemple en date : le plan de reprise d’activité (PRA).

L’annonce gouvernementale de la date des élections aura donc suffi pour donner un brutal coup d’accélérateur au déconfinement de l’information régionale.

Ce plan de reprise d’activité a bien été accouché dans l’urgence. Ce qui n’était pas possible il y a quelques jours encore l’est donc devenu comme par magie ! Ce nouveau plan de secours autorise un nombre maximum de salariés plus élevé sur les différents sites et deux à trois équipes de reportage supplémentaires par antenne dans un premier temps. Mais sa mise en application ne va pas au-delà du 15 juin.

Et après ? Rien de plus pour l’instant !

La direction du réseau continue de brandir l’étendard de la précaution. Des débats électoraux sont pourtant programmés durant deux semaines.15 éditions locales sur 20 sont amenées à rouvrir. Mais là s’arrête la présentation du dispositif.

De l’arrêt pur et simple durant 2 mois à une édition mutualisée grande région sur le thème des solidarités, les locales vont donc subir un nouveau confinement mais pour cause d’économies, celui-là sera sans lien direct avec un quelconque risque sanitaire !

Journaux hybrides, locales à l’état léthargique, élus laissés sans réponse, les salariés du réseau régional sont en droit d’attendre beaucoup plus de la part d’une direction qui bredouille un monde d’après qui ne soit pas, souhaitons-le… celui d’avant… en pire.

le 3 juin 2020

CSE réseau France 3 du 29 mai 2020 : liminaire du SNJ

Nous nous retrouvons une nouvelle fois dans ce CSE, siégeant en session extraordinaire. Les élus du SNJ remercient la direction du réseau d’avoir accepté d’avancer la date de cette instance… bien qu’on aurait pu s’attendre à ce que cette direction le propose elle-même, surtout quand il s’agit de débattre d’une nouvelle organisation du travail, comme la réglementation vous l’impose.

Nous retiendrons donc que dans cette crise liée au coronavirus, les élus du CSE n’auront pas été consultés véritablement sur le plan de continuité d’activité de l’entreprise. Et qu’ils ont failli être informés du plan de reprise de l’activité… le lendemain de la reprise !

Quant aux documents reçus hier, ils font état noir sur blanc du détail des processus de reprise au 2, puis au 8 juin, dont les précisions ont déjà été faites dans les instances de proximité, voire même dans les réunions de rédactions et d’antenne… En revanche, rien dans ces documents pour l’après 14 juin… Rien sur les débats électoraux, rien sur le redéploiement des effectifs en vue des élections, ni sur les moyens octroyés pour organiser notre couverture.

Dans certaines réunions des Représentants de Proximité, il a été précisé par les directeurs régionaux que les informations détaillées de la reprise à partir du 15 juin seraient données en priorité aux élus du CSE… Pour l’instant les documents reçus n’en font aucunement mention.

Par ailleurs, les élus ont appris la liste des 15 éditions locales appelées à recommencer leur diffusion à partir du 15 juin dans un document de la direction de la communication à destination des médias spécialisés… C’est par voie de communiqué de presse que nous découvrons vos arbitrages !

Décidément la direction de France Télévisions a fait le choix de privilégier la communication extérieure plutôt que d’informer d’abord les salariés et leurs représentants.

Les élus du SNJ demandent à la direction du réseau que cette instance du CSE ne soit pas une chambre d’enregistrement de décisions qui sont capitales pour notre entreprise. Les élus de cette instance ont fait beaucoup d’efforts et déployé beaucoup d’énergie depuis le début de cette crise sanitaire. Nous avons voulu, au-delà de nos propres difficultés sur le terrain et sur les différents sites, maintenir un nécessaire dialogue social.

Nous demandons donc à être traités comme de véritables interlocuteurs qui puissent amender, proposer, modifier un plan de reprise, qui soit surtout équitable et compris par tous.

Le 29 mai, 2020

Liminaire du SNJ au CSE de Malakoff

– REUNION DU 7 NOVEMBRE 2018 –

Malakoff, le « hub » parisien du réseau ultramarin, retrouve en ce jour une instance de plein exercice. La parenthèse des sept années de représentation des personnels du site à travers le Comité d’établissement du Siège se referme avec la mise en place de ce CSE distinct.

Cette autonomie retrouvée intervient dans un moment critique.

Moment critique d’abord parce que les ordonnances Travail, en faisant disparaitre CE, CHSCT et DP au profit d’une instance unique – le CSE – ont pour conséquence de réduire mécaniquement les lieux et les temps dédiés à l’exercice du dialogue social ;

Moment critique ensuite parce que le découpage du périmètre de l’établissement de Malakoff a laissé de côté plusieurs dizaines de salariés qui travaillent ici parmi nous mais relèvent pour leur part du CSE du Siège ;

Moment critique enfin parce que ce changement intervient après l’annonce  officielle de la fermeture de la chaîne France Ô courant 2020.

En 1997, au moment de quitter le seizième arrondissement de Paris pour s’installer à Malakoff, les élus du CE de l’époque ont veillé à ce que le nouvel immeuble conserve le nom de Pierre Bourdan.

Par ce geste, ils voulaient à la fois honorer la mémoire de cette voix de la France Libre et signifier la permanence des missions confiées à la communauté de travail qui les avait élus.

En 20 ans cependant, beaucoup de choses ont changé.

Changements techniques avec la TNT ici et là-bas, et – partout – l’émergence du numérique.

Changements juridiques avec l’entrée de RFO en 2004 dans la holding France télévisions, puis en 2009 dans l’entreprise unique.

Changements de caps avec la valse-hésitation autour du concept de diversité et de la priorité à l’Outre-mer.

Depuis 20 ans,  de RFO Sat à France Ô, en radio, en télé, sur internet, les équipes de Malakoff ont dû plus qu’ailleurs subir les incohérences de la tutelle, la condescendance de certains dirigeants de l’entreprise, le manque d’anticipation de la plupart d’entre eux.

En dix ans, les effectifs du site sont passés de 500 à 400 salariés.

Après la fermeture de l’AITV en 2014, voilà donc venue l’heure de France Ô.

À qui le tour demain ?

En dialoguant hier avec les salariés de l’établissement, la présidente Delphine Ernotte n’a pas dissipé ces inquiétudes.

Comment et selon quel calendrier précis se déroulera la transition entre la situation actuelle et le dispositif futur du tout numérique ?

Quelle sera alors la place des salariés dont l’activité est aujourd’hui en majorité liée à l’antenne de France Ô ?

Quelles garanties pour ceux d’entre eux toujours non-permanents en dépit de longues collaborations avec France télévisions ?

La direction, par la voix de la présidente, affirme vouloir associer les salariés de Malakoff à la définition des modalités de cette transition.

Pour cela le SNJ propose de créer au sein de ce CSE une commission chargée de travailler sur cette mutation.

Toutefois, les moyens prévus par l’accord d’entreprise du 9 mars 2018 pour les établissements dont les effectifs sont inférieurs à 500 salariés ne suffiront pas.

Avec 252 heures par an pour faire fonctionner l’ensemble des commissions y compris le CSSCT, le compte n’y est pas. Le SNJ réclame donc l’ouverture d’une négociation d’établissement permettant de dégager davantage de moyens pour associer les salariés à cette transformation.

La décision gouvernementale de fermer le canal hertzien de France Ô crée une situation inédite à laquelle aucun autre établissement de l’entreprise n’est confronté. Une réponse particulière doit y être apportée.

Enfin, chacun ici sait que le SNJ a saisi la justice de problèmes liés à l’organisation du scrutin du CSE de Malakoff. Ces requêtes ne mettent pas en cause la qualité des personnes concernées et portent exclusivement sur la défense de principes et le respect du droit.

Le SNJ déplore que la direction n’ait pas laissé le temps à la justice de se prononcer afin de procéder à l’installation de ce CSE sur des bases stabilisées.

Malakoff, le 7 novembre 2018

2018-11-07 Liminaire CSE Malakoff

1er CSE du réseau régional : qualité de l’information et déontologie, les priorités du SNJ

– Liminaire des élus au CSE réseau régional –

Les CE sont morts. Nous ne dirons pas « vive les CSE »,  tant cette instance nous semble être le vecteur d’une forte dégradation du dialogue social.

Nous l’avons dit à maintes reprises, y compris devant la justice, le SNJ aurait préféré 13 CSE dans le réseau France 3.

Nous restons convaincus que 13 instances, une par région, nous aurait permis de conserver plus de proximité entre élus et salariés.

Aujourd’hui nous sommes donc 26 élus pour représenter près de 3500 salariés dans 23 antennes de France 3… 26 pour 3500, c’est vertigineux !

Nous mesurons la tâche immense qui nous attend, ainsi que la somme de travail qui nous sera nécessaire pour être à la hauteur des mandats qui nous ont été confiés et répondre aux attentes des salariés.

Les chantiers qui s’ouvrent ne vont pas manquer. A commencer  par la réforme de l’audiovisuel public, avec sa gouvernance, son financement… et sans doute son plan de départs.

Quand la direction parle pudiquement de « balayage » de l’accord collectif de 2013, le SNJ entend remise en cause des métiers, des rythmes et des conditions de travail.

Nous veillerons particulièrement à ce que ne soit pas mis à mal tout ce qui concerne l’information et la déontologie.

Car n’oublions pas que nous sommes dans un contexte où le service public est attaqué, où ses journalistes sont régulièrement jetés en pâture à la vindicte populaire.

Comment faire face aux enjeux du numérique?

Aux nouvelles habitudes de consommation de nos téléspectateurs ?

Comment combattre les « informations déformées » improprement appelées « fake-news » ?

Comment protéger et donner du travail aux CDD confrontés à des mesures de seuil et de plafonnement imposées par la direction et totalement injustes et arbitraires ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles il nous faudra répondre, des enjeux qu’il nous faudra affronter, avec un souci permanent d’exemplarité et en gardant en mémoire l’essentiel : préserver une télévision régionale de service public qui instruit, cultive et informe avec rigueur.

Paris, le 6 novembre 2018

2018-11-06 Liminaire CSE réseau

La proximité des instances enterrée, et maintenant ?

RESEAU REGIONAL FRANCE 3

Dans quelques jours, les CE des pôles auront disparu. Malgré leurs imperfections, ces instances avaient permis de conserver une certaine proximité entre les élus et les salariés.

Place désormais au CSE unique du réseau régional de France 3. La proximité est enterrée par la direction, avec la complicité de la CGT et de FO, qui ont signé l’accord permettant la mise en place de cette instance centralisée. 26 élus pour représenter plus de 4000 salariés des 23 antennes du réseau !

Et ce ne sont pas les représentants de proximité, désignés par un vote à la proportionnelle des élus du CSE, qui vont remplacer les anciennes instances, proches du terrain.

Selon les antennes, les 4 à 6 représentants de proximité ne pourront pas remplir le rôle des délégués du personnel et des CHSCT. Ils n’en auront ni les pouvoirs, ni les moyens juridiques : déclenchement du droit d’alerte, désignation d’expert, saisine de l’inspection du travail et de la justice.

En clair, ces instances de proximité seront placées sous la tutelle du CSE unique du réseau régional de France 3, depuis Paris. Un jacobinisme exacerbé, qui réduira à néant toute initiative régionale. Nous aurions préféré une option girondine : pourquoi refuser aux autres régions un CSE que la Corse a obtenu ?

Le SNJ, lui, reste un syndicat de proximité. Car nous ne sommes pas des professionnels du syndicalisme, mais des journalistes militants, au cœur de nos rédactions. Parce que nous sommes en contact direct avec vous, nous pourrons continuer à défendre vos droits !

Paris, le 28 septembre 2018

2018-09-28 Réseau régional F3 – la proximite enterree

Hécatombe sur ordonnance

~ REPRÉSENTATION DES PERSONNELS ~

 

Faire avaliser par les syndicats de France Télévisions la suppression de 437 mandats de représentants du personnel. Inconcevable il y a un an, cet objectif de la direction est désormais avouable et assumé. Il constitue la trame de deux projets d’accords mis à la signature des syndicats représentatifs de l’entreprise.

Les ordonnances Macron ont programmé pour la fin 2019 la disparition complète des CE, DP et CHSCT. Pour France Télévisions, la direction a fixé leur date d’expiration à la fin du mois de juin 2018. S’en est suivie une négociation sur l’architecture et les moyens de la future instance, le CSE, comité social et économique, qui doit leur succéder. Une instance unique avec en option ici ou là, selon le bon vouloir de la direction, des représentants de proximité.

Depuis 2011, France Télévisions compte 15 Comités d’établissement. Un au Siège, 4 dans les pôles régionaux, un en Corse, et un dans chacune des neuf stations ultramarines. Les établissements au sens DP et CHSCT sont plus nombreux (37). Il en existe dans chaque antenne du réseau France 3 ainsi que dans les emprises excentrées du Siège. Tous sont ciblés par les ordonnances Macron à l’exception de ceux situés dans les stations du Pacifique (Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie Française) qui conserveront, elles, leurs instances actuelles.

Hors Océan Pacifique, les élus, titulaires et suppléants, des CE, DP et CHSCT, détiennent aujourd’hui 827 mandats. Demain, avec le projet de la direction, ce sont 379 mandats qui seraient à pourvoir sur ce périmètre, pas même la moitié de l’existant.

Une saignée qui aurait des conséquences sur la cohésion de l’entreprise, la santé et la sécurité des salariés.

Le SNJ, qui, avec d’autres syndicats, a appelé l’année dernière les salariés de France Télévisions à plusieurs journées de grève pour s’opposer aux ordonnances Macron, ne cautionnera pas de sa signature leur mise en œuvre à France Télévisions.

À la fusion des instances prévue par les ordonnances, la direction de France Télévisions ajoute leur concentration. Alors que le réseau France 3 est organisé depuis un an en 13 directions régionales, le projet de la direction prévoit de remplacer les 4 pôles CE par un seul CSE pour l’ensemble du réseau régional, à l’exception de la Corse.

Doter chacune des 13 directions régionales d’un CSE, comme en Corse, permettrait une bien meilleure représentation des personnels avec des instances situées au niveau des régions, réunissant davantage d’élus et reflétant la réalité syndicale locale. La direction rejette cette option pourtant conforme au découpage décidé par la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi) en mai dernier. Elle menace même de s’opposer à la désignation de représentants de proximité dans le réseau France 3 si les syndicats ne signent pas ses textes.

Le SNJ ne cédera pas à ce chantage. Nous n’avaliserons pas la suppression de 437 mandats de représentants du personnel. Au demeurant, l’accord des syndicats n’est pas nécessaire à la mise en place des CSE puisque les ordonnances donnent aux directions le droit de procéder unilatéralement. Au nom de quoi faudrait-il nous rendre complices de cette dégradation de la représentation des salariés d’une ampleur sans précédent ?

Force est de reconnaître que l’heure n’est pas au renforcement du dialogue social mais bien à sa détérioration. Les ordonnances Macron constituent un revers pour le mouvement syndical dans son ensemble. Consentir à ce recul ne ferait qu’ajouter de l’humiliation à l’échec.

Paris, le 8 mars 2018

2018-03-08 IRP – Hécatombe sur ordonnance