L’émotion, mauvaise conseillère…

PREALABLE CSE SIEGE DU 4 NOVEMBRE

Bien sûr, l’heure est à la solidarité ! Notre métier n’est pas hermétique aux douleurs du monde. Nous sommes des témoins privilégiés, pas des citoyens sans humeur. Être aux premières loges de l’horreur, pousse souvent à s’endurcir mais n’oblige pas à ne plus rien ressentir. 

L’honnêteté de nos propos percute des murs de provocations. Trop souvent, nos mots mesurés ne pèsent pas lourd face aux messages de haine, notre neutralité nous laisse parfois sans armes face aux surenchères. Pour autant, nous ne devons pas servir de marchepied aux extrémismes, à ceux qui remettent en cause l’état de droit, à ceux qui fracturent à dessein notre société. 

Nous devons apporter de la sérénité, du recul, des explications ! Ne pas faire d’une polémique une aubaine mais la décoder, la mettre en perspective, et la dénoncer si elle est nauséabonde au regard de nos règles et de nos lois. Privilégier le travail d’enquête et non le micro-trottoir du bas de la rue. Ce n’est pas d’un prétendu journalisme de solutions dont nous parlons mais bien d’une solution pour le journalisme. Revenir aux fondamentaux, sans parti pris idéologique ! Mais redéfinir des angles, échanger avec nos pairs, ne pas faire de hiérarchie entre des donneurs d’ordres, et des équipes sur le terrain qui sont malheureusement reléguées au rang de prestataires ! La seule hiérarchie qui tienne c’est celle de l’information, le reste n’est qu’organisation.

Les crises que nous traversons posent à nouveau les questions que les crises précédentes posaient également. Nous défendions déjà les mêmes valeurs, celles que le SNJ défend inlassablement. Mais on préférait voir en nous des « idéologues », comme si nous ne participions pas au quotidien à l’effort d’information. Comme si l’expression syndicale ne représentait pas ici des reporters et des techniciens qui, chaque jour, concourent à cette mission de Service Public. Comme si nous regardions tout cela de loin. Non, le SNJ ce n’est pas cela ! 

C’est le terrain qui nourrit notre expérience et notre propos au quotidien. Dans les rédactions, nous portons ce nécessaire débat éditorial devenu une exception alors qu’il devrait être la règle ! Et il n’est pas question ici d’opposer les journalistes entre eux ! Non, ici nous en appelons à cet incontournable sursaut qui doit, au pire des moments pour notre démocratie, jouer pleinement son rôle ! 

Ramener le pluralisme de l’information sur le devant de la scène. Ne pas oublier que la pandémie et les terribles attentats terroristes de ces dernières semaines ne doivent pas éclipser le reste de l’actualité du monde. Ne pas occulter que ces sujets qui nous inquiètent tout autant à titre personnel, ne doivent pas être traités par la seule émotion, même si elle est grande. Il faut interroger les contradictions du pouvoir en place et les manquements des précédents, il faut dénoncer la communication quand elle se pare injustement des vertus de l’information, il faut expliquer à ceux qui soufflent sur les braises qu’ils sont aussi dangereux pour la démocratie que ceux qu’ils dénoncent. 

Nous ne nous plaçons au-dessus de personne, bien au contraire. Mais ce que nous dénonçons ici, c’est que nous ne sommes pas sollicités au quotidien pour penser nos journaux… juste pour les fabriquer. Pas pour les construire mais les alimenter. Et qu’on ne nous oppose pas l’argument de la distanciation physique qui empêcherait TOUT DÉBAT éditorial, c’était déjà le cas avant ! Distanciation, un drôle de mot d’ailleurs quand nous journalistes, nous avons besoin de prendre du recul, de la distance, et ce n’est pas la même chose…

Nos journaux montrent la force de nos rédactions partout dans le monde, et l’investissement de nos équipes n’est pas en question. Doit–on se taire parce que les crises nous ébranlent ? Nous avons répondu non à chaque fois ! Il en va de cette nécessaire confiance du public et de la crédibilité de nos offres, qui doivent rester une référence.

Paris, le 4 novembre 2020

Compte-rendu du CSE du réseau France 3 des 29 et 30 octobre 2020

Pour cette première réunion sous la présidence du nouveau directeur du réseau régional, François Desnoyers, ce fut un CSE à la mode « Halloween », à demi nomade et à demi masqué. Puisque la réunion s’est tenue sur une matinée le premier jour, pour permettre aux élus présents à Paris de regagner leurs belles provinces. Et une seconde journée entièrement en visio-conférence… ce qui devrait être encore le cas pour quelques semaines.

Confinement à la saison des citrouilles

La première partie des débats a concerné le nouveau confinement, annoncé la veille par le Président de la République, avec des règles très différentes de celles du printemps pour les antennes de France 3. Un mode d’emploi que vos élus SNJ vous communiquaient dès ce premier jour de réunion. Cette fois, en effet, chacun garde son propre JT, sa ou ses éditions locales et ses émissions de l’antenne. Ce qui change beaucoup la donne et la jauge à l’intérieur de nos locaux. Le télétravail, pour tous ceux qui peuvent travailler à distance, étant de nouveau d’actualité.

Un confinement 2 avec deux mots d’ordre : maintenir le plus haut niveau d’activité possible et accorder une attention toute particulière aux salariés en télétravail.

Ce qui implique en premier lieu de ne pas faire de JT grande région. Pour Patrice Schumacher, directeur des programmes, « si toutefois nous n‘avions pas des effectifs suffisants, nous avons la possibilité d’abord de raccourcir les JT ; puis de faire circuler des sujets entre les antennes ».

Quant au télétravail, les personnes concernées devront pouvoir bénéficier d’un matériel informatique adéquat, de chaise de bureau. Selon François Desnoyers, « chaque manager devra accorder une attention accrue à ses salariés, avec, si besoin, la mise en place d’outils d’aide psychologique ».

A l’heure où nous écrivons, la possibilité pour le montage des JT de se faire à distance n’était pas tranchée. Dans plusieurs antennes, c’est une demande des monteurs surtout quand les règles sanitaires se sont un peu relâchées.

A la question des élus SNJ aux restrictions d’accès pour les journalistes sur le terrain, comme observé dans certaines régions au printemps, le directeur du réseau répond clairement que « les sites à l’époque n’étaient pas équipés. Les restrictions d’accès ne peuvent donc pas être les mêmes qu’en mars. »

En revanche, la mise à disposition sur les sites de masques FFP2 pour les tournages en milieu difficile, reste sans réponse !

Le projet de régionalisation en « trick or treat » !

La régionalisation du réseau, projet phare du 2e mandat de Delphine Ernotte et dans la feuille de route du nouveau directeur du réseau (« c’est pour cela que je suis là », explique-t-il), a occupé presque la totalité des débats du CSE. Tant il est vrai que ce projet avec comme ambition « l’inversion du modèle » – entendez la prise par les régions de créneaux d’antenne nationale – reste plus que flou. Et pourtant on assiste à une accélération du calendrier et la mise en place d’ateliers à marche forcée dans une partie des antennes. De même les formations qualifiées de « stratégiques » par la direction suivent le même rythme : à l’inverse de l’UFTV qui ferme pour cause de confinement, les formations « régie automatisée » à Rouen et NRCS sont maintenues. De manière générale, François Desnoyers le reconnait : « il y a un problème de communication sur ce projet et nous en prenons notre part ».

Le démarrage de la nouvelle tranche de 18h30, en réalité avec les servitudes plutôt sur 13 minutes, sera effectif au 25 janvier. Le nouveau directeur a préféré reculer la date de lancement prévue initialement le 4 janvier. Une tranche grande région mais qui ne reproduira pas, nous assure-t-on, ce qui a été mis à l’antenne çà et là pendant la première période de confinement.

Une tranche d’information donc, mais qui ne sera pas du JT et réalisée uniquement en interne (pas en production exécutive). La nouvelle équipe de direction semble avoir du mal à concilier cette ambition qui, dans beaucoup de rédactions, va se heurter de plein fouet aux moyens insuffisants. Ainsi dans de petites antennes comme celle des Alpes, et ce n’est pas une exception, les journalistes décrivent des conditions de travail avec « la tête sous l’eau », parvenant à grand peine à remplir les 10 minutes supplémentaires imposées à la rentrée dernière, avant les journaux de midi et de 19h. Dans la majorité des cas, là où des ateliers ont été organisés, une impression de « vernis participatif » se dégage. Ce que semble découvrir le nouveau directeur du réseau qui a pris ses fonctions le 12 octobre.

L’ambition affichée se heurte aux principes de réalité de nos antennes avec des effectifs à flux tendus en raison des non remplacements de départs en RCC et en l’absence cruelle de moyens nouveaux. Le patron du réseau a la conviction que la démarche d’autonomie de certaines stations doit commencer dès maintenant et ne pas attendre 2022. Olivier Godard n’est pas plus rassurant en n’évoquant que le comblement de rares postes gelés mais pas l’ensemble des départs effectifs en  RCC chez les journalistes.

En revanche, ces réalités ne devraient pas échapper au directeur de la transformation, Germain Dagognet, qui pour la première fois dans l’instance détaille ce projet, qui suscite beaucoup d’enthousiasme de sa part. A terme, c’est même toute la tranche 18h/19h30 qui est visée. Une manière de « re-régionaliser » le réseau, avec de nouveaux outils et en plus grande proximité avec nos téléspectateurs. Et sur les effectifs trop réduits : « On peut dégager des moyens  grâce aux nouvelles pratiques, nouvelles technologies, à des modes d’organisation différents », commente Germain Dagognet.

Si notre manière de travailler doit forcément évoluer, cette vision apparait à vos élus un peu décalée de la réalité de ce qui se fait déjà. Nous avons pris acte de l’engagement de François Desnoyers de nous fournir un « document-projet » plus précis pour éviter, dit-il « les procès d’intention ou les incompréhensions ».

Bleues comme matinales

L’expérience de diffusion des matinales de France Bleu sur les antennes de France 3 sur la tranche 7h/8h40 continue. Trois nouvelles « radios filmées » démarreront d’ici à la fin de l’année à Laval, Strasbourg et en Limousin. 12 autres en 2021.

La nouveauté sur ce dossier, ce sont des audiences réalisées par la direction des études. Uniquement pour quelques-unes puisque la Creuse, la Côte d’Azur, la Bretagne, la Loire et la toute nouvelle Gironde ne peuvent pas être mesurées (comme souvent les éditions locales de France 3 quand elles existent dans ces zones).

Des audiences très contrastées : de 1,1 % de PDA en PACA (audience déduite) à 2,9 à Toulouse et 4,6 à Lille.

Et des bleus au moral

Enfin le gros malaise des salariés de la Fabrique à Bordeaux a une nouvelle fois mis la direction des moyens internes de fabrication sur la défensive : une nouvelle activité baptisée Fab Lab au point mort, des postes non remplacés et du matériel obsolète. Ajoutez à cela l’organisation de la Fabrique avec des décideurs le plus souvent à distance… la rumeur d’une fermeture pure et simple de ce site de l’ex filière prod a été catégoriquement démentie par la direction qui, encore une fois, devant la mobilisation des élus, a promis d’intervenir.

La prochaine réunion du CSE réseau est prévue les 26 et 27 novembre prochains. Un calendrier qui, en raison du confinement, pourrait être bousculé et donner lieu comme au printemps à des CSE extraordinaires dans l’intervalle.

Vos élus et représentant SNJ :

Jean-Manuel Bertrand, Hervé Colosio, Myriam Figureau et Vincent Habran

CSE Réseau régional des 1er et 2 octobre : notre compte-rendu

UN CSE POUR LA FORME

En deux ans de mandat, c’est la première fois que les élus du CSE étaient réunis sans qu’intervienne le plus haut représentant de la direction du Réseau. Et pour cause : l’ancienne directrice, Laurence Mayerfeld est devenue, depuis le 28 septembre, DRH de FTV. Le nouveau directeur, François Desnoyers, nommé à la veille du CSE, ne prendra ses fonctions que le 12 octobre…

Pourtant c’est bien à lui que les élus SNJ ont adressé leur liminaire : Lettre ouverte à un directeur absent.

Comme nous le pressentions, son absence a largement réduit la portée de nos échanges avec les membres restants de la direction. Sur l’ensemble des points pour lesquels nous étions consultés, aucun des problèmes évoqués par les élus ne semble avoir interrogé ces deuxièmes lignes de la tête du réseau !

Il semblait impossible d’ébranler leurs certitudes. Comme si l’inoxydable DRH du réseau, Olivier Godard, avait contaminé les intervenants : adoptant, pour la plupart, des postures de défense, ils n’ont pas osé s’aventurer sur le terrain d’un vrai dialogue.

Nous avons donc eu droit à un CSE pour la forme, sans info déterminante. Par exemple, rien sur la régionalisation, alors que certains directeurs régionaux annoncent déjà dans certaines antennes des 19/20 rallongés de 30 minutes ! Aucune confirmation lors de ce CSE, alors que notre réseau s’apprête à mettre en œuvre un projet de régionalisation décisif pour son avenir.

Situation générale du réseau

Ce point un peu fourre-tout nous a permis d’avoir la confirmation que l’entreprise ne modifierait pas sa politique de prévention des risques Covid, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire… sauf si le gouvernement demandait des mesures plus drastiques. Notre direction ne cherche donc pas vraiment à limiter les risques, juste à être le bon élève du service public, petit doigt sur la couture… des masques !

Le travail à domicile est à nouveau préconisé surtout dans les zones « rouge écarlate », mais pas de télétravail pour les monteurs, et très peu pour les journalistes.

Pas d’explication non plus sur les JT grandes régions pratiqués tous les week-end en Occitanie jusqu’en janvier 2021… mais notons quand même un engagement du DRH à ce qu’il n’y ait pas d’extension au reste du réseau de cette pratique que nous, au SNJ, nous estimons contraire à notre raison d’être : l’info de proximité.

Et puis gros pataquès sur la question des primes : il y en aura bien pour ceux qui ont travaillé pendant la crise Covid, mais pas pour tous, puisque ce ne seront pas les primes Covid défiscalisables rendues possibles par le gouvernement. Elles seront donc attribuées « à la tête du client » par les managers.

Opposés à ce type de gratification, les élus SNJ ont quand même obtenu une info précise du DRH réseau : ces primes individuelles seront tirées d’une enveloppe spécifique mais qui fait partie de l’enveloppe globale pour l’évolution des rémunérations en 2020… Traduction: les sommes versées en prime ponctuelle pour les salariés considérés « méritants » par leurs chefs, diminuent d’autant les mesures générales ou individuelles ! Donc, pour les vraies évolutions de carrière que réclament les élus SNJ dans les comités des salaires, il faudra repasser et patienter. Ce n’est pas demain que les inégalités salariales se réduiront à FTV.

France Bleu sur France 3

Quasiment un serpent de mer depuis un an, le texte de la convention avec Radio France nous a enfin été communiqué, mais nous avons le sentiment d’avoir eu une info au rabais. Expurgé des éléments les plus sensibles, le texte transmis nous a semblé bien imprécis et dans tous les cas insatisfaisant sur les points qui sont pour nous les plus essentiels : rien ou presque sur la façon dont notre direction fera respecter le droit moral des journalistes. Rien ou presque sur la façon dont seront réglées les éventuelles contradictions éditoriales entre les différentes rédactions. Unique engagement de la direction : harmoniser les logiciels Radio-France/FTV pour le paiement effectif des droits d’auteur qui, selon Germain Dagognet, seront très minimes. 

Au final, pas de quoi rassurer les journalistes sourcilleux de la réutilisation de leurs reportages, alors que le déploiement des locales France Bleu sur France 3 se poursuit inéluctablement. Prochaine étape : France Bleu Gironde diffusée par F3 Aquitaine à partir de cette semaine.

Juste une info concrète côté technique : l’automatisation des décrochages depuis Paris est prévue pour le 15 octobre. « Si ça marche », nous déclare Germain Dagognet, visiblement pas très rassuré sur la fiabilité de la technique à France 3. Cela permettra d’éviter, dans chaque station concernée, le réveil matinal et une demi-vacation pour un vidéo qui chaque jour doit assurer en 3 heures de temps principalement deux opérations : décrocher de l’antenne nationale à 7h et raccrocher à 8h40 !

Notoriété ne rime pas forcément avec NoA 

C’est Xavier Le Fur, l’expert “sondages” de FTV, qui nous a présenté en instance une étude qualitative portant sur un panel d’un millier de personnes. Ce sondage montre surtout que la chaîne NoA, après plus d’un an d’existence, souffre d’un cruel déficit de notoriété.

Seuls 13% de néo-aquitains connaissent la chaîne, qui touche essentiellement des téléspectateurs de plus de 50 ans…

Il faut dire que la petite chaîne chère à notre direction n’est visible que sur 45% des box et que l’objectif visé de capter un public plus jeune n’est pas atteint. La chaîne locale privée de Bordeaux fait souvent mieux et la chaîne classique France 3 reste la référence en matière d’info régionale pour bon nombre de sondés.

Le monde d’avant à Toulon 

Le déménagement de la locale toulonnaise se fera aux forceps avant la fin de l’année.

La pile de documents ayant trait à la climatisation n’a pas rassuré les élus et la direction de Paca, droite dans ses bottes, n’a pas cherché, depuis le dernier CSE, à trouver des solutions de stationnement aux véhicules et des garages à vélo pour les salariés de cette locale.

Rien de sérieux n’est envisagé sur ces questions et le SNJ déplore que toutes les relocalisations à l’image de celles de Perpignan et de Tours, maintiennent les “open Space”, comme si le covid n’existait pas.

Les élus ont rendu un avis négatif et le SNJ souhaite inviter le nouveau responsable de l’immobilier dans un prochain CSE afin de remettre à plat cette politique qui date assurément du monde d’avant. 

Expérimentation Régies automatisées : ça passe ou ça casse ?

L’expérimentation qui entoure le déploiement des régies automatisées a pris quatre mois de retard pour cause de covid.

Les responsables de la technique de FTV, Marck Krief et Michaël Friedrich, sont venus devant le CSE pour présenter le nouveau planning de l’expérimentation. Les formations vont démarrer dès le mois de novembre. Nous souhaitons bon courage aux planificateurs puisqu’elles vont se superposer aux formations NRCS qui auront lieu en même temps. Le début des JT à blanc est fixé au 8 février 2021 et la mise à l’antenne est maintenant planifiée du 22 février 2021au 28 mars 2021. L’utilisation de cet automate pourrait même devenir définitive alors que la négociation sur les nouveaux métiers qui en découlent ne sera pourtant pas achevée.

Lors de la présentation de ce nouveau planning à Rouen le 21 septembre dernier, les techniciens avaient boycottés cette présentation.

Les élus du CSE ont alors demandés à Marck Krief et Michaël Friedrich comment allaient-ils renouer le dialogue ? Un léger malaise s’installe alors dans les rangs de la direction…

Marck Krief le concède : « Nous allons devoir revenir à Rouen pour expliquer… Il faut être deux dans une discussion et pour le moment ce n’est pas le cas. »

Les élus soulignent que visiblement, ça commence mal. La rapporteuse de la CSSCT met l’accent sur le manque de formation des cadres dans l’accompagnement des salariés lors de modifications conséquentes de leurs emplois et pointe du doigt les risques psycho-sociaux sous-jacents. En réponse, Marck Krief insiste sur la nécessité de ces évolutions technologiques et méthodes de production qui s’imposent à nous et selon lui, il ne faudrait pas se faire dépasser par la concurrence.  

Pour le SNJ, les évolutions technologiques ne peuvent se faire sans le personnel et un accompagnement à la hauteur s’impose.

Santé au travail

Ce point habituellement considéré comme essentiel dans la vie de notre instance n’a pourtant été abordé qu’en fin de CSE.

Résultat, si le bilan de l’accompagnement d’expert auprès des RP et de la direction de Nouvelle Aquitaine par SECAFI a pu donner lieu à des explications complètes, le compte-rendu de la CSSCT et le vote d’une expertise sur la situation dans les antennes de Lille et Amiens ont dû être traités beaucoup trop rapidement. Et pourtant la situation des rédactions des Hauts-de-France mérite qu’on s’y attarde. Pas moins de 22 accidents du travail et une dizaine d’arrêts maladie ont fait suite à une restitution d’enquête pour le moins brutale réalisée par une experte désignées par le dispositif « ligne directe harcèlement ».

Ces accidents du travail et arrêts maladie dont le bien-fondé est contesté par la direction sont pourtant apparus comme un signal extrêmement fort de souffrance au travail pour une grande majorité des élus du CSE. Actuellement, il n’y a pratiquement plus aucun journaliste au travail pour le web de l’antenne de Lille ! Cette situation de crise a entraîné le dépôt d’une alerte pour danger grave et imminent par les représentants de proximité.

Une expertise a donc été déclenchée par le CSE afin de recueillir la parole de tous les salariés concernés, d’analyser la situation et de proposer un véritable plan d’action qui prenne en compte toutes les parties prenantes des conflits signalés par les élus lillois et amiénois à leurs différentes directions depuis plus de 6 ans.

Seul représentant de la direction des Hauts-de-France, le RRH régional Sylvain Cau-Bareille n’a pas trouvé grand-chose à dire pour justifier son inaction, si ce n’est qu’il s’était mis à l’ouvrage avec une enquête déclenchée plus de huit jours après l’alerte… en oubliant de mentionner que c’était après l’injonction de l’inspecteur du travail !

Pêle-mêle :

Un poste de RP à Toulouse a été renouvelé suite à la démission d’une élue en désaccord avec un élu SNJ, secrétaire de l’instance : Chantal Frémy (CGT) a été désignée à l’unanimité.

Pas de consensus en revanche sur la meilleure façon d’assurer la pérennité du Ci-Ortf qui doit se transformer en Comité des activités sociales et culturelles interentreprises (CASCIE), comme la loi Macron nous y oblige. Au contraire, ce point a donné lieu à une regrettable division syndicale. Deux représentants au Ci-Ortf se sont permis d’étaler leurs différends en pleine séance, sous les yeux d’un DRH qui semblait compter les points. Face à l’impossibilité de trouver un accord, le vote du mandat au secrétaire du CSE pour transformer juridiquement le Ci-Ortf a été reporté.

Prochain CSE les 29 et 30 octobre dans un lieu encore à déterminer.

Vos élus et représentant syndical SNJ : Jean-Marie Barféty, Jean-Manuel Bertrand, François Ollier et Hervé Colosio.

Lettre ouverte des élus SNJ à un directeur absent ~ Liminaire du SNJ au CSE du 1er octobre 2020

Quelle curieuse nomination ! Surprenante par la façon dont elle a fuité dans la presse et par le temps qu’il a fallu à notre présidente pour l’officialiser ! Plus d’un mois se sera écoulé entre le départ annoncé de la précédente directrice et votre arrivée prévue pour le 12 octobre.

Résultat, cette désignation est trop tardive pour vous permettre de présider cette instance !

Bienvenue néanmoins au sein du réseau des antennes de France 3 et de leurs pluralités qui font leur richesse culturelle.

Bienvenue dans un réseau auquel on a demandé depuis trop longtemps des sacrifices et des économies disproportionnés : des suppressions de postes, des réductions d’émissions et des rabotages financiers, des reculs et des renoncements alors que la direction affirmait vouloir tripler le temps d’antenne des régions… Tout cela a fini par exaspérer bon nombre de salariés.

Nous avons de plus le sentiment d’avoir été trop souvent infantilisé par une direction parfois frappée de cécité ou de surdité sur les mesures de précaution face à l’épidémie de Covid 19 ou la prévention des Risques Psycho-Sociaux,. Les salariés du réseau France 3 ne sont pas des mauvais élèves alors arrêtons de les traiter comme des enfants. Sachez nous faire confiance et bien des problèmes se règleront en évitant coups de mentons et brutalité managériale.

Le SNJ espère que vous serez à l’écoute de tous les personnels du réseau et de leurs  représentants.

La valse des directions a durée très déterminée nous a fait douter de l’attention prêtée à nos doléances.

Et encore récemment à Lille, les alertes syndicales ont été négligées par la direction en place alors qu’elles portent sur des souffrances réelles dans les collectifs de travail.

Une entreprise de l’audiovisuel public comme France télévisions qui se veut moderne et responsable ne peut pas continuer à afficher une telle image dans sa politique des ressources « humaines » 

Nous vous demandons aussi de prêter une attention toute particulière aux personnels en précarité qui se tournent vers la justice en désespoir de cause. Là également, FTV est régulièrement condamnée et défraie trop souvent la chronique judiciaire.

Nous vous demandons aussi au nom de votre obligation de sécurité, de veiller à rassurer les personnels inquiets en cette rentrée avec le rebond annoncé de l’épidémie.

Là encore, les disparités en matière de précaution sanitaire d’une antenne à l’autre font craindre le pire comme à Lyon ces derniers jours.

Vous devrez enfin porter l’étendard de la régionalisation abandonné au milieu du gué par celle qui vous a précédé à ce poste.

Nous ignorons toujours à ce stade les contours de ces projets qui restent bien flous pour nous, faute d’informations précises.

Le SNJ reste très préoccupé par la qualité des antennes et sera très attentif à votre implication dans la modernisation des stations régionales. Aussi incroyable que cela puisse paraître plusieurs régies du réseau ne sont toujours pas en haute définition et certaines vivent même dans une précarité technologique ! Il est urgent de pouvoir utiliser en interne les moyens les plus récents de fabrication comme des caméras 4K à grands capteurs, ou des palettes 3 D avec effets visuels et décors virtuels… Nous comptons sur vous pour tirer le réseau vers le haut aussi bien sur le plan technique qu’éditorial.

Quant au rapprochement avec une maison qui vous est chère, nous avions demandé à la direction précédente les détails de la convention avec Radio France pour les matinales communes en ce qui concerne les droits d’auteurs des journalistes.

Force est de constater que le document transmis à l’instance est incomplet et flou sur cette question cruciale de la maîtrise éditoriale et le respect du droit moral des journalistes de France 3 auteurs des reportages diffusés dans les matinales de France Bleu. Nous insistons à nouveau dans un souci de transparence et de confiance.

Pour en finir, M le  futur directeur, un simple rappel : France 3 n’est pas Radio France ni France bleu, même si nous partageons des valeurs communes. La Télé régionale, son histoire, son vécu, ses salariés exigent de l’attention, de la reconnaissance et de nouvelles pratiques managériales.

En résumé nous attendons de votre part écoute et respect à tous les niveaux du réseau.

Paris, le 1er octobre 2020

CSE Siège du 9 septembre 2020 : notre compte-rendu

La crise sanitaire a largement dominé les débats. Mais la fermeture de France Ô, le sursis de France 4 et la situation financière du groupe ont également été abordés lors de ce CSE du siège du 9 septembre. En ouverture de séance, les élus SNJ ont fait cette déclaration liminaire (Delphine Ernotte Saison 2).

France Télévisions face au COVID, trop de salariés au siège

Dans le cadre de la présentation du rapport de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail), le nombre de 8 salariés du siège positifs au COVID à la date du 3 septembre est communiqué aux élus. Aucun détail n’est fourni sur les services concernés. 

Le 2 septembre, on comptait 1445 personnes présentes dans les locaux de FTV, une proportion que la direction entend réduire de manière significative. « Il y a beaucoup trop de monde au siège », affirme Muriel Sobry, responsable de la sécurité. 

185 000 masques en papier ont été distribués à FTV en juillet, selon la direction qui estime disposer de stocks et d’un approvisionnement suffisants pour faire face à une éventuelle pénurie. 

Selon le rapport de la CSSCT, une deuxième campagne de distribution de masques en tissu va commencer en ce mois de septembre après 100 jours d’utilisation des premiers. 

La responsable de la sécurité de FTV indique que la dotation de masques en tissu répond à l’une des priorités du groupe : le respect de l’environnement. « Des masques de catégorie 1 qui ont une capacité de filtration supérieure à 90 % », alors que « les masques chirurgicaux ont une capacité  de filtration de 94 % », précise-t-elle. 

Le mystère des masques KN 95 enfin élucidé  

La responsable de la sécurité de FTV a fait amende honorable après sa promesse non tenue concernant les masques KN 95, similaires aux FFP2. Lors du CSE du mois de juin qui précédait les élections municipales, elle s’était engagée à en fournir aux équipes de reportages mobilisées sur des regroupements et manifestations. 

Seulement voilà, le magasin à Paris n’était pas achalandé. Et notre courrier aux directeurs de l’information et de la rédaction était resté sans réponse.

« Je m’étais avancée et je m’en excuse », a dit Mme Sobry. Les médecins ont trouvé que « ce n’était pas une bonne idée de ma part », sans donner plus de précisions. Vos élus SNJ n’ont jamais lâché sur ce point, et précisent que les médecins que nous avons contactés démentent de s’être opposés à l’utilisation de ces masques plus protecteurs par les journalistes. 

Finalement, les équipes qui couvraient la manifestation des gilets jaunes à Paris ont pu bénéficier des KN 95. De plus, Romuald Rat nous a informés que ces masques sont envoyés cette semaine aux équipes en région. Les élus SNJ ont bien fait de ne pas lâcher ce dossier.

Protocole en cas de symptômes : des trous dans la raquette 

Les personnes symptomatiques sont invitées à rentrer chez elles (pas en transports en commun), mais selon la CSSCT, « en cas de survenue d’un cas avéré, l’encadrement en concertation avec la médecine du travail  procède à une enquête, et s’il constate que les gestes barrière ont bien été respectés, la mise en quarantaine et les tests ne sont pas demandés ».

Et d’ajouter avoir constaté que « ces enquêtes n’ont pas été systématiquement menées », notamment au sujet d’un chef d’édition de France Info testé positif, connu pour positionner son masque « sous le menton ».

Six mois après la première vague de Covid-19, « nous ne sommes pas au niveau, on est au bord du droit d’alerte, on fait semblant d’être à la hauteur, mais l’entreprise ne fait pas son travail », a martelé l’un de vos élus SNJ. 

Un exemple éloquent : un journaliste du service politique présente des symptômes laissant planer une suspicion de Covid, mais l’information ne passe pas  et il faut attendre 3 jours avant d’obtenir une désinfection (légère) des locaux.

« On vous l’accorde, la réactivité n’a pas été suffisante, il faut que chacun puisse s’approprier les procédures pour que ce type d’événement ne puisse pas accroître le risque », concède Stéphane Chevallier, président du CSE du siège. 

Le 17 mars dernier, l’un de vos représentants du SNJ faisait valoir son droit de retrait pour non prise en charge du foyer épidémique de France 3 Ile-de-France. Ce droit n’était pas reconnu dans l’entreprise qui cependant, s’engageait à ne pas aller en justice, trop aimable. Aujourd’hui, nous en sommes encore là, réduits à batailler pour que la direction respecte son obligation de sécurité envers les salariés. 

PRIME COVID, une mesure en trompe l’œil

Le président de l’instance, M. Chevallier a rappelé que le dispositif s’élevait à 3,2 millions d’euros pour 2020. L’objectif est de « valoriser la contribution des uns et des autres pendant la crise sanitaire ». L’enveloppe budgétaire a été notifiée aux différentes directions. Les préconisations se situent « entre 300 et 450 euros avec la possibilité de s’écarter à la hausse ou à la baisse ». 

La décision reviendra aux managers en relation avec les DRH. Des mesures attribuées en toute opacité, comme le déplorent vos élus SNJ. 

Rappelons à celles et ceux qui auraient la tentation de se réjouir trop vite que la hausse du budget NAO (augmentations pour 2020) est siphonnée par cette prime. Autrement dit, ce versement se fera au détriment du nombre et des montants des mesures salariales. Une mesure en trompe l’œil, un tour de passe-passe de la direction. 

Climatisation, vecteur de propagation du virus ? 

Selon la CSSCT, « une grande partie des salariés est très méfiante vis-à-vis du système d’aération/climatisation du siège et le considère comme un vecteur de propagation du virus ». 

La commission regrette « qu’aucune communication n’existe concernant l’entretien de la climatisation » et indique que « la direction se veut rassurante », en affirmant que « les filtres ont été changés fin juillet et que l’apport d’air se fait à 100% en air neuf sans recyclage ». 

Les élus des différents syndicats demandent depuis longtemps à la direction de produire une fiche pratique sur le fonctionnement du système. Des paroles… nous attendons les actes. 

Tests de dépistage, que fait l’entreprise ? 

La direction envisage de positionner un camion au pied du siège de FTV à Paris afin que le personnel puisse se faire tester. Ce dispositif, qui serait mutualisé avec Radio France, France Medias Monde et l’Ina, devrait être mis en place d’ici la fin du mois de septembre. 

La médecine du travail devrait alors orienter vers ce camion les salariés ayant des symptômes ainsi que les cas contacts, les tests devant se réaliser sur la base du volontariat. La CSSCT indique que « ceci répondrait à la demande de nombreux salariés, d’autant qu’il est toujours compliqué de réaliser un test, surtout à Paris où il faut faire la queue pendant plusieurs heures ». 

Par ailleurs, la direction de FTV prévoit le dépistage systématique et obligatoire des salariés mobilisés sur Rolland Garros, d’après la CSSCT. 

Télétravail, un accord en négociation

Avec l’augmentation du nombre de cas en France, la règle à FTV n’est plus le « présentiel mais le télétravail ». A ce sujet, Stéphane Chevallier, président de l’instance, rappelle qu’une négociation est ouverte à l’échelle de l’entreprise. Deux dispositifs doivent, selon lui, être mis en place : l’un devant être appliqué hors crise sanitaire et l’autre en période de pandémie. 

Pour le moment, le télétravail est régi par un avenant à l’accord QVT (que le SNJ n’a pas signé) et il donne droit au maximum à deux jours de télétravail par semaine. Notre syndicat estime qu’il n’est pas nécessaire d’aller au-delà afin d’éviter d’avoir des salariés à distance qui finiraient par être coupés du collectif. 

Le télétravail doit être possible pour les journalistes, pour le web, mais aussi dans le but de préparer des reportages depuis son domicile.

Finances 2020, le coût du Covid estimé à 10,2 millions d’euros

Lors d’un point sur les finances 2020, la direction a estimé le coût du Covid pour toute l’entreprise à 10, 2 millions d’euros : masques, gels, nettoyages, plexiglas… 

Ces dépenses ne sont pas prises en compte dans le projet de budget, idem pour l’annulation des JO de Tokyo. 

Mais la direction envisagerait une perte globale pour cette année d’environ 10 millions d’euros, même si pour l’instant la perte prévue est de 22 millions. Même si FTV a continué de payer les salaires, de nombreuses économies ont pu être faites, car il y a eu des arrêts d’activités, les frais de mission ont été moins importants. Les pertes publicitaires ont été en partie rattrapées pendant l’été. 

Sur la RCC en 2020, la direction financière explique qu’elle ne constitue pas une charge particulière, car elle constitue cette année une reprise de provisions. 150 millions ont été provisionnés afin de financer la totalité du plan. 

Que représente financièrement le maintien de France 4 pour l’année ? Pour l’instant, cela n’a rien coûté, nous dit-on, car 10 millions avaient été gelés, au cas où la chaîne continuerait.

Pour France 4, soumise à un changement de ligne éditoriale, 2021 devrait nécessiter un investissement plus important en matière de programmes. En général, pour tout le groupe, l’année prochaine pourrait être plus délicate à aborder sur le plan financier. 

Fermeture de France Ô, sursis pour France 4, « une torture sociale »

Lors d’un point sur le triste destin de ces deux chaînes – arrêt de France Ô le 23 août et sursis pour France 4 jusqu’au 20 août 2021 – vos élus SNJ ont dénoncé « une torture sociale, un scandale en supprimant des chaînes linéaires et en supprimant la dignité des salariés ». Le président du CSE du siège, Stéphane Chevallier, s’est associé « d’une certaine manière à ce qui est dit là » : « avoir fait perdurer cette situation a pu être une période extrêmement difficile à vivre ». 

La direction qui a fait un point sur le reclassement des salariés des deux chaînes a réfuté s’être inclinée devant la tutelle. 

Pour France Ô, le pacte de visibilité des outre-mers sur les autres chaînes du service public nous paraît très insuffisant, il ne compensera en rien cette fenêtre qui était offerte par France Ô.

Par ailleurs, la direction est venue présenter la dernière saison de France 4 basée sur trois axes éditoriaux : l’éducatif, l’informatif et le récréatif. Une déclinaison des programmes Lumni, Okoo et une synergie de programmes de divertissement avec les autres chaînes en donnant une nouvelle exposition par exemple au « Monde de Jamy ». 

Concur, un logiciel inadapté à nos missions

Concur a été sous le feu des critiques des élus du CSE du siège, dont ceux du SNJ bien sûr, lors de la présentation de la réorganisation de la Direction Déléguée Infrastructures Technologiques et Services (ITS). D’abord, aucun chiffre n’est donné sur le coût de ce logiciel. 

Selon la direction, il n’y a pas de bug, nous avons une version extrêmement sophistiquée et des évolutions avec le processus de dématérialisation des factures ont permis de simplifier. 

Non, les nombreuses difficultés rencontrées ne sont pas liées à la complexité des modalités de remboursement mais à ce système qui s’avère inadapté, selon vos élus SNJ. 

La direction ITS était présente afin de détailler un nouvel organigramme -avec une suppression de poste, permettant de se transformer en centre de services. 

Cette direction gère la hotline, répond aux demandes d’espaces informatiques sur le cloud ou en data center afin de mieux gérer les différents projets.  

Par exemple, pour le projet NRCS (futur nouvel outil regroupant entre autre Dalet et Gilda), 30 serveurs ont été mis à disposition. La nouvelle messagerie via Microsoft a pour objectif de permettre une meilleure sécurité à l’heure où les attaques sont de plus en plus nombreuses, assure la direction. Mais le fait de voir ainsi un grand nombre d’informations externalisé, peut également être une source d’inquiétude.

Vos élus SNJ ont protesté car la tenue du CSE Siège sur une journée ne permet pas d’aborder sereinement tous les points à l’ordre du jour. 

A notre demande, le vote sur le changement de statut du CI Ortf a été reporté. 

Prochain CSE du siège, les 13 et 14 octobre

C’est pour quand le changement ? [liminaire du CSE Réseau régional des 9 et 10 septembre 2020]

D’abord nous vous souhaitons une excellente rentrée à toutes et tous et en particulier à vous, madame la directrice, car vous êtes promise à de nouvelles fonctions au sein de l’entreprise.

A ce propos, le SNJ espère voir souffler un vent nouveau dans le domaine des ressources humaines. Nous espérons donc que les points suivants feront partie de vos priorités lors de votre prochain mandat :

– D’abord, respecter le dialogue social et mettre en œuvre un terme qui vous est cher, la co-construction, dont nous avons du mal pour l’instant à voir les résultats concrets.

– Ensuite, être à l’écoute de tous les salariés et de leurs représentants. En particulier quand des alertes syndicales parviennent à la direction, sur des questions de souffrance au travail, de harcèlement, elles doivent être prises au sérieux et non pas négligées comme ce fut le cas à France 3 Alpes par exemple. Une entreprise responsable ne peut pas traiter ces questions uniquement lorsqu’elles défraient parfois la chronique sociale, médiatique ou judiciaire au sein de France Télévisions.

– Enfin, nous espérons un souffle nouveau sur la question de l’emploi des salariés précaires, dont l’entreprise use et abuse avant de les rejeter, les obligeant à se lancer dans de longues et coûteuses procédures prudhommales. Coûteuses en souffrance morale pour ces salariés, coûteuses en euros pour France Télévisions, qui perd quasiment tous les procès intentés.

Aujourd’hui, dans cette instance, nous avons toujours affaire à la directrice du réseau. Nous vous questionnons donc sur les 1100 embauches prévues à l’horizon d’un plan de rupture conventionnelle collective, que le SNJ se félicite de ne pas avoir signé, et dont nous savons tous ici que l’objectif de 2000 départs sera très difficile à atteindre.

Où seront ponctionnées les économies réclamées par la tutelle dans ce plan de départs très partiel ? Qui seront les victimes budgétaires ? Encore les salariés ?

Pour revenir à cette rentrée 2020, elle s’annonce déjà comme hors du commun en raison des dispositions sanitaires qui prédominent, avec la recrudescence de contamination au Covid-19 dans l’hexagone.

La disparité des mesures de précaution sanitaire d’une antenne à l’autre nous fait craindre de nouvelles incompréhensions, erreurs et cafouillage, comme nous l’avons connu pendant la période du confinement, sur la question du gel hydroalcoolique, non conforme et inefficace.

A ce propos, vous n’êtes pas sans ignorer que les open space qui sont en place dans les rédactions régionales sont sources de stress et de fatigue en raison du bruit, et de propagation de virus en cas de pandémie. Pour le SNJ, il est urgent de repenser à une nouvelle organisation du travail, qui ne soit pas du nomadisme bon marché ou du télétravail comme remède aux mauvaises conditions de travail sur sites.

Un mot sur la grille : même si on nous annonce une rentrée officielle pour janvier 2021, les ajustements ou disparitions de certains rendez-vous dans des rédactions dès le mois de septembre confirment que les disparités restent, hélas, de règle dans le réseau.

Un réseau qui est devenu sous votre gouverne un hydre à plusieurs têtes pensantes qui penchent dans des directions souvent contraires. Résultat : les salariés ont le sentiment de suivre des directives comme des girouettes agitées par le mistral.

Enfin, passé l’effet d’annonce, la création de nouvelles chaînes régionales à l’horizon 2021 inspire crainte et défiance chez bon nombre d’entre nous, faute d’informations.

Qui participera aux fameux comités de réflexion dont on ne connaît toujours ni la date de mise en œuvre, ni la constitution effective ? La régionalisation promise est-elle une vague promesse ? Et comment cette régionalisation sera-t-elle financée ? Avec ou sans conséquences dommageables pour les salariés de France Télévisions, dans le réseau régional et dans les autres secteurs de l’entreprise ?

Dijon, le 9 septembre 2020

Delphine Ernotte, SAISON 2

Une rentrée c’est toujours un moment particulier, et parfois plus encore… Celle qui commence aujourd’hui en fait partie ! Le contexte y est pour quelque chose mais l’épidémie ne doit pas faire oublier, loin de là, nos préoccupations.

Nous réclamons depuis des mois que les éditions nationales reprennent leurs autonomies éditoriales respectives. Nous l’avons dit au directeur de l’information, enfin l’ancien mais comme le nouveau était dans la salle, le message est passé. La fusion est une chose, mais cela ne doit pas se faire au détriment des éditions. C’était d’ailleurs parait-il la philosophie d’ « info 2015 » : rééquilibrer les moyens entre les chaînes… Le Covid a tout balayé et aujourd’hui des services souffrent cruellement d’une charge mal repartie. Entre un casting exacerbé et des absences légitimes non remplacées pour cause de vulnérabilité cela devient inextricable, et surtout très lourd pour les présents.

Nous nous inquiétons également des conséquences de la rupture conventionnelle collective. Les objectifs précisés dans l’accord que le SNJ n’a pas signé donnent aujourd’hui lieu à de multiples interprétations. Si les 2000 départs ne sont pas atteints, et c’est d’ores et déjà le diagnostic partagé, quid des 1100 embauches prévues ? Et si l’économie demandée par la tutelle à travers ce plan de départs n’est pas effective, qui sera la victime budgétaire ?

Une autre de nos inquiétudes ne surprendra pas la direction, celle du management brutal qui perdure. Le télétravail ou plutôt le travail à domicile imposé, a même démontré s’il en était besoin, que cela n’est en rien un monopole des cadres de l’information ! La distance a libéré quelques pulsions managériales ! Nous en appelons donc à la direction de l’entreprise pour que ces comportements cessent, et en particulier en écoutant et en respectant les signalements qui sont faits auprès des ressources humaines. Même chose pour les propos ou comportements  sexistes ! La crise qui a traversé le service des sports est en partie la conséquence de l’inaction et de silences coupables des directions successives, pourtant alertées par nos soins. Ce sont ces sujets là que nous avons choisi de mettre sur la table, pour ce premier Comité Social et Economique de cette nouvelle saison qui s’ouvre.

Un dernier mot, sur cette nouvelle gouvernance dont parle dans toute la presse, la présidente au début de son deuxième mandat comme nous l’avons défendu dans notre campagne pour la Présidence, nous réclamons une gouvernance éthique pour un service public exemplaire. Et ce n’est pas le dernier jeu de chaises musicales qui nous fera changer de pied ! Nous ne voulons plus avoir à réclamer que se tiennent les réunions de la commission déontologie, nous ne voulons plus avoir à regretter la non prise en compte de signalements de comportements coupables de certains managers, nous ne voulons plus avoir à dénoncer la confusion des genres entre carrière politique et présence dans la direction de l’entreprise… Le premier mandat de Delphine Ernotte a déçu beaucoup de salariés, le deuxième doit être celui du sursaut. D’ores et déjà nous sommes vigilants, comme toujours !

Paris, le 9 septembre 2020

CSE Réseau régional des 8 et 9 juillet 2020 : notre compte-rendu

DES ECONOMIES : ENCORE ET TOUJOURS !

FTV dans le rouge 

« Ne faisons pas de prédiction car le pire n’est jamais sûr », prophétise Laurence Mayerfeld en ouverture de ce nouveau CSE extraordinaire post confinement.

Les élus sont revenus sur le constat alarmant fait en CSE central et laissant apparaître un déficit important après report de charges qui allourdit FTV après l’épisode Covid.

Rien ne permet d’affirmer à ce jour si la réforme de l’audiovisuel public sera menée à terme par la nouvelle ministre de la culture, mais le déséquilibre pèsera inévitablement aussi sur les finances du réseau France 3.

Un réseau, rappelons-le, représente un tiers de FTV et le SNJ avertit déjà la direction sur les dangers de la mutualisation et des économies qui nous guettent… Sous-entendu les économies se feront d’abord là où il y a l’emploi. Mais le SNJ prévient qu’il faut se méfier des dangers de la mutualisation à tout crin.

Après le PCA et le PRA voici le PRNA ou plan de retour normal à l ‘activité 

Avec la fin de l’état d’urgence sanitaire au 10 juillet, le réseau prône un retour à la normale dans toutes les antennes avec, fait important, la pratique du télétravail amenée à se poursuivre par dérogation sur deux jours hebdomadaires pendant l’été.

Pour autant, et voilà la nouveauté, pour tous ceux « qui ne souhaitent pas revenir sur site ou ne peuvent pas revenir : il y aura une tolérance jusqu’à la fin de leurs congés », annonce la direction.

Une négociation va s’ouvrir sur le sujet à la rentrée. D’ici là, les salariés qui souhaitent rester en télétravail devront obligatoirement formaliser leur situation par une négociation individuelle entre eux, leur chef de service et la DRH.

Nouveauté post confinement : certaines rédactions mutualisent leurs monteurs pendant l’été par le montage à distance. La conséquence est le maintien de conditions de travail dégradées pour les rédacteurs et les monteurs concernés.

A toutes fins utiles, le SNJ suggère aux consœurs et confrères d’exiger la prime BAV au prorata du nombre de sujets à monter à distance. Si ce type de montage devait perdurer et se généraliser, de nombreuses tensions ne manqueraient pas d’apparaître. Pour mémoire, c’est en mettant en avant les difficultés réelles liées à ce type de montage dans les bureaux excentrés que la direction proposait de généraliser le montage par les journalistes…

Est-ce un effet secondaire qu’espère cette direction pour convaincre nos collègues de se mettre au montage ? Nous espérons qu’elle ne joue pas ainsi aux apprentis-sorciers !

Port du masque obligatoire, mais quel type de masque pour les équipes sur le terrain ?

Pour le port du masque obligatoire, la direction veut annexer cette obligation au règlement intérieur mais les élus demandent des précisions et des ajouts.

Ceux qui refusent de le porter s’exposent à des sanctions allant de l’avertissement au blâme, selon Olivier Godard, le DRH réseau. C’est ainsi qu’un journaliste à Orléans, qui ne portait pas de masque en salle de départ, mais l’avait en mains parce qu’il ne pouvait pas le porter en raison d’une gêne respiratoire, a été convoqué à un entretien préalable à une sanction !

Pour le SNJ, il faut trouver un mode opératoire intelligible pour cette obligation et ne pas rajouter des tensions et des risques psychosociaux inutiles. Après tant d’atermoiements de la direction à mettre en place les protections nécessaires pour les personnels, cette orientation très « disciplinaire » pour faire respecter les mesures sanitaires nous paraît vraiment précipitée.

Pour les équipes sur le terrain, après l’absence de masques et de distances sociales souvent constatée lors de regroupements pour les élections municipales entre autres, nous demandons de nouveau que les journalistes et techniciens puissent dorénavant avoir à leur disposition des masques FFP2, tout comme les maquilleuses, afin de mieux se protéger lorsque cela s’avère indispensable. 

Nous avons donc réaffirmé notre demande exprimée en CSSCT et lors du dernier CSE : les masques chirurgicaux ou en tissu fournis par l’entreprise ne suffisent pas à protéger en cas de rassemblements ou de situations imprévisibles où les gestes barrière ne peuvent pas être respectés. Nous insistons sur la mise à disposition de ces masques FFP2, quitte à ce que celle-ci soit consignée dans un registre. 

La directrice du réseau, au fil des instances, a fini par nous entendre. Elle reconnaît la légitimité de notre demande, mais pour le moment elle reste sur une posture très hiérarchique pour juger de l’opportunité d’utiliser ces masques. Sous prétexte qu’au début de la crise sanitaire plusieurs centaines de masques de ce type auraient été détournées, Laurence Mayerfeld souhaite confier la décision du choix de l’utilisation des masques FFP2 à l’encadrement en amont du départ en reportage… alors que selon nous, son utilisation relève principalement de l’imprévisible. Cela doit donc faire partie des équipements de sécurité présents dans les véhicules de reportage.

Suite au prochain CSE… car nous ne lâcherons pas sur les mesures nécessaires à la juste protection des équipes de terrain.

Relocalisation au pas de charge à Tours 

La relocalisation de la locale de Tours, après celle de Perpignan, dans des secteurs périphériques du cœur de ces villes, n’en finit pas de nous interroger. Là encore, nous apprenons que les personnels sur place ne sont informés que dans la phase finale du projet, lorsque les décisions de principe sont arrêtées par la direction sans échange préalable avec les équipes concernées.

A Tours, malgré plusieurs interrogations pertinentes sur le calendrier des opérations de relocalisation, aucun argument n’a été entendu. Le bail a été signé début juin en toute hâte sans attendre l’issue des élections municipales qui aurait pu laisser présager un autre avenir des locaux existants de ce qui fut la première locale de France.

Pourquoi déserter le quartier des Halles en plein centre-ville, très adapté à la couverture de l’actualité de proximité, pour une zone tertiaire, excentrée et beaucoup moins bien desservie par les transports en commun ?

De plus, la configuration des nouveaux locaux laisse à désirer sur plusieurs points, comme par exemple une salle de rédaction couloir. Ce modèle, particulièrement critiquable après la crise sanitaire du Covid 19, se retrouve pourtant dans tous les plans présentés en CSE ces derniers mois.

Nous avons aussi fait remarquer à la direction que les aménagements prévus ne prévoyaient pas les sanitaires privatisés, pourtant indispensables à une hygiène sûre par temps de pandémie. De la même façon, nous avons souligné l’absence de douches, ce qui pourrait pourtant favoriser l’usage du vélo pour venir au boulot… Même s’il est bien difficile de se faire entendre, vos représentants SNJ persistent à remettre en cause ces plans-types dans les phases projet de ces aménagements, espérant que la direction prenne en compte les nouvelles conditions de travail dans un nouvel environnement. Est-il possible qu’elle ne modifie rien de ces projets d’aménagement très formatés qui ignorent les risques pandémiques et le réchauffement climatique… ? Nous jugerons au résultat!

Rapport de la commission Economie-structure : des finances en berne  

Même si le budget est en hausse dans le réseau, certaines régions ont diminué leurs ETP, comme en Normandie, Centre Val de Loire et Paris Ile-de-France. 

Le directeur financier du réseau a confirmé que FTV et le réseau seront « dans le rouge » à cause des pertes de recettes publicitaires (- 4 M € au cours des 4 derniers mois pour le réseau et – 50 M € pour l’entreprise) que « la situation financière du groupe sera en déséquilibre, et qu’il n’y aura pas de budget rectificatif ». 

De plus, les économies glanées sur les frais de mission et transports (1 M €)… ne suffiront pas à freiner l’hémorragie mais sans doute à verser les fameuses primes covid promises par Olivier Godard d’ici la fin de l’année aux travailleurs du confinement sur propositions des managers.

Des primes opaques, aux conditions d’attributions non définies qui ne manqueront pas de faire des déçus et ranimeront des rancœurs dans les rédactions.

Interrogée sur la méthode de distribution de cette prime, la DRH du réseau a déclaré qu’aucun critère ne serait établi avant distribution. La prime sera entièrement à la main des chefs de services, ils auront toute liberté pour la distribuer. Pour ceux qui s’interrogent sur le monde d’après, l’annonce est fracassante. Cet argent qui devait servir aux mesures collectives passe à la discrétion de l’encadrement. Au final, un nouvel effet d’aubaine pour la structure bureaucratique de France télévisions qui, décidément, n’en rate aucun. Difficile de faire plus réactionnaire et rétrograde.

Autre info donnée par la directrice du réseau : le contrat d’objectifs et de moyens de Nouvelle Aquitaine sera reconduit mais elle doute sur son niveau de financement, sans compromettre pour autant la continuité de la chaîne web NoA.

7 régions n’ont toujours pas signé de COM à ce jour.

Une convention très attendue a été signée entre FTV et Radio France au cours du mois de juin.

Laurence Mayerfeld indique seulement qu’un paragraphe mentionne la question des droits d’auteurs auxquels le SNJ était sensible.

Nous n’en saurons pas plus tant est grand le secret qui entoure cette convention commerciale dont les grands traits nous seront peut-être dévoilés au prochain CSE de septembre. La direction nous avait pourtant promis la transparence la plus totale.

Les régies, qui pour certaines comme à Toulouse sont hors d’âge. C’est bon pour le whisky mais moins pour les régies. Une mise à jour, à minima, doit intervenir prochainement pour qu’elles deviennent HD.

Du bricolage qui apportera, on s’en doute son lot de mauvaises surprises à l’antenne. 

Le renouvellement complet se fera avec plusieurs appels d’offres étalés dans le temps. Laurence Mayerfeld nous explique que le matériel évoluant très rapidement et n’ayant pas la possibilité ni la volonté de toutes les renouveler en même temps, il faudra encore patienter.

Une logique implacable, plus on attend et plus le matériel sera récent. 

Mais est-ce bien raisonnable de prévoir 5, 6 ou 7 ans d’attente pour le renouvellement de toutes les régies qui pour certaines sont d’ores et déjà au bout du rouleau…

Petit rappel, Canal plus a commencé sa diffusion en HD en 2006, c’était il y a 14 ans.

Ce retard de technologie que l’on peut qualifier aujourd’hui de considérable joue totalement en défaveur de notre antenne et nous handicape. La concurrence commence à se positionner sur la 4K et, ironie du sort, la marque Canon sort aujourd’hui son photocam 8K à 3700 euros TTC. 

Pour le SNJ, il nous faut sortir de la SD et vite ! Ça presse. 

Emploi-formation en mode économie 

La commission a mis en évidence un écart négatif de 152 460 € du coût des formations par rapport à ce qui était prévu.

Il est important de savoir que les formations e-learning sont comptabilisées comme des formations à part entière.

Les métiers en tension et les métiers en décroissance doivent faire l’objet d’une attention particulière. Notamment pour les scriptes et les personnels de plateaux qui ont particulièrement été mis à mal pendant le confinement, la commission demande une revalorisation de ces métiers et un accompagnement de ces salariés par la formation professionnelle.

Une interrogation persiste sur le décalage entre le bilan de formation plutôt de bon cru et les retours de salariés qui demandent depuis plusieurs années les mêmes formations sans les obtenir.

Il serait intéressant de connaître le taux d’acceptation des demandes de formation des salariés, chiffre plusieurs fois demandé et jamais obtenu.

Nous ne connaissons toujours pas le cadrage des comblements de postes qui se chiffrent à 327 dans le réseau à l’horizon 2022.

143 départs en 2019 contre 79 en 2020 dans le cadre de la RCC

Cette question sera d’ailleurs mise à l’ordre du jour du prochain CSE de septembre, la direction nous promet des chiffres précis car elle s’est montrée incapable de répondre sur ces points.

La pression s’exerce, selon la commission, sur les opérationnels qui ne sont toujours pas remplacés. On assiste à une augmentation conséquente des heures supplémentaires.

Le SNJ dénonce cette suppression d‘ETP sans savoir de quoi sera fait demain notamment avec la régionalisation reportée pour janvier prochain.

Le manque d’information sur les objectifs de transformation de l’entreprise, et de fait sur l’avenir des emplois et des métiers, pèse lourd sur le moral des troupes. Le gel des postes dans pratiquement tout le réseau, y compris sur des postes en tension, est incompréhensible.

La commission souligne que le réseau France 3, qui représente 35% des effectifs de France télévisions, contribue à hauteur de 327 départs, alors que France télévisions compte 795 départs prévus, soit 41,13 % des départs rien que pour France 3.

Prochain CSE les 9 et 10 septembre en présence de tous les élus à Dijon.

Vos élus et RS SNJ au CSE réseau vous souhaitent de bonnes vacances et un bel été.

Jean -Manuel Bertrand, Francois Ollier, Thierry Will et Hervé Colosio

La crise n’est pas la réponse à tout !

PREALABLE CSE CENTRAL 1er JUILLET 2020

Madame la présidente,

Lors de la séance du CSE Central du 15 avril dernier, le sort de France 4 et France Ô avait été abordé et vous aviez alors précisé que les décrets concernant les fermetures de ces deux chaînes n’étaient pas encore signés. Nous pouvions donc espérer un maintien de ces chaînes sur la TNT ! A l’époque, il faut l’avouer, nous étions très loin de penser qu’il faudrait attendre jusqu’au mois de juillet pour connaître les arbitrages de Franck Riester ! Enfin, au point où nous en sommes, il faut envisager que ce soit un autre ministre de la Culture qui annonce la décision du gouvernement, dans les prochaines semaines…

D’ici là, les salariés de France Télévisions, en particulier ceux qui travaillent pour ces antennes, ont le sentiment d’avoir été placés « en attente » pendant deux mois et demi, puis d’avoir été oubliés par nos interlocuteurs. Ce retard, personne ne semble vouloir l’assumer puisque le ministre de la Culture indiquait aux organisations syndicales, fin mai, qu’il venait tout juste de recevoir les documents lui permettant de prendre une décision motivée.

Même si la direction tente d’accompagner et de soutenir les équipes de France4 et France Ô, c’est indéniable, ce retard aura mis une pression inutile sur les équipes. Un stress supplémentaire qui sera plus facile à évacuer si France 4 et France Ô sont maintenues sur la TNT, ce que nous espérons toujours. Dans le cas contraire, cette attente inutile aura été un épisode pénible, un de plus, dans la gestion de ce dossier.

Autre attente difficilement supportable, celle que subissent des milliers de salariés non-permanents de France Télévisions. Fin mai, trois organisations syndicales représentatives ont signé avec la direction un accord sur la mise en place d’un fonds de soutien. Nous sommes maintenant en juillet et de très nombreux CDD, pigistes ou intermittents n’ont toujours pas reçu le moindre message personnel, le moindre mail pour confirmer leur éligibilité au fonds de soutien. Nous regrettons une nouvelle fois que la direction affiche, depuis trois mois, une telle différence de traitement entre ses salariés permanents et les autres.

Incertitude aussi pour les salariés qui travaillent dans les stations, en outremer, en régions ou au Siège. Le retour à une situation normale, ou quasi normale, c’est pour quand ? La reprise d’activité liée aux élections municipales n’a pas permis de lever les doutes sur la place du télétravail ou sur le retour à des méthodes de travail traditionnelles, notamment en montage ou en production. Le calendrier de reprise progressive est encore flou dans de nombreux sites, et il est trop rarement construit avec les salariés et leurs représentants. Sans oublier que des mauvaises habitudes se sont installées, notamment un « casting » imposé trop souvent aux équipes des éditions nationales d’information. Il nous faut l’assurance que cette pratique insultante, humiliante, qui divise les équipes, cesse à l’avenir. Elle a créé énormément de traumatismes à un moment où chacun participait du mieux possible aux efforts dans le cadre de notre mission de Service Public. Un directeur mal inspiré a même osé la comparaison, en parlant de salariés, entre des « 2CV et des Ferrari ». Une expression scandaleuse qu’il aurait dû laisser au garage. Des centaines de salariés sont donc appelés à partir en vacances dans les prochains jours sans vraiment savoir dans quelles conditions ils reprendront le travail.

Inquiétude enfin pour l’avenir de l’emploi au sein de France Télévisions. En 2019, la direction avait annoncé un plan de recomposition des effectifs de l’entreprise étalé jusqu’en 2022 mais aujourd’hui, nous voyons surtout les départs et quasiment pas les recrutements. Or, sans une politique ambitieuse de recrutement, comment « recomposer » les effectifs, équilibrer la pyramide des âges et soutenir les projets de développement ? Le SNJ avait négocié mais n’avait pas signé la version finale de l’accord de mai 2019, estimant que les garanties sur les recrutements étaient trop faibles. A ce stade, nous déplorons que l’application de l’accord nous donne raison, et nous craignons que la crise sanitaire devienne un prétexte.

Toutes ces questions en suspens s’ajoutent évidemment à l’incertitude autour de la gouvernance de France Télévisions, mais celle-ci revient tous les cinq ans et elle fait partie de la vie de l’entreprise. En revanche, nous souhaitons que tous les sujets essentiels que nous venons de citer soient abordés et débattus sérieusement au cours de ce CSE Central. La crise sanitaire ne fait pas encore partie de notre passé, elle pèse encore sur le présent, mais elle ne peut pas justifier durablement toutes les incertitudes qui affectent aujourd’hui France Télévisions et ses salariés.

Paris, le 1er juillet 2020

CSE Siège du 25 juin 2020 : notre compte-rendu

« A France TV, le service des Sports est un bastion sexiste »

C’est ainsi que Mediapart titre son article sur la direction des Sports. Une enquête de plusieurs semaines qui fait suite aux déclarations dans le journal L’Equipe d’une ancienne journaliste du service. Mediapart a recueilli de nombreux témoignages qui confirment l’existence de comportements sexistes, notamment au sein de la rédaction (voir notre texte du 26 juin: Direction des Sports — Après l’enquête et le constat, nous exigeons des actes !

Un article paru le jour même où le rapport du cabinet indépendant Interstys a été présenté aux équipes du service et à la commission « égalité professionnelle et lutte contre les discriminations » du CSE. La direction de France Télévisions avait en effet décidé de confier à ce cabinet une enquête sur les suspicions de harcèlement et de discrimination aux Sports.

Alors évidemment, cela a été le point fort de ce CSE.

« Il faut être intransigeant et ne pas laisser des situations intolérables perdurer », annonce le directeur des Sports, Laurent-Eric Le Lay. L’objectif affiché est « que le Service des Sports soit exemplaire, je m’y engage personnellement ». Quand on entend les conclusions du cabinet Interstys et quand on lit l’article de Mediapart, on comprend qu’un gros travail est nécessaire. Rappelons que le SNJ exige depuis des années que ce travail soit mené! 

Pour y parvenir, le DRH du secteur, Olivier Pinson, a détaillé un plan d’actions individuelles et collectives. Formations obligatoires destinées à tous (encadrement compris), groupes d’échange et de parole, entretiens professionnels, cellule d’écoute en présentiel dans le service.
Les faits de harcèlement (pas uniquement moral) et de possibles discriminations avec implication sur la carrière ne semblent pas niés par la direction. Mais Laurent-Eric Le Lay nous dit être déterminé à y mettre fin, tout comme aux propos et comportements sexistes.

Quant à une féminisation de la rédaction (7 femmes titulaires aujourd’hui, sur un effectif d’une soixantaine de journalistes), « la situation actuelle ne permet pas forcément des embauches immédiates »,selon la direction, mais elle annonce qu’elle fera un gros effort sur l’appel aux consultantes sportives pour certains événements.

Ce dossier a évidemment ému les élus du CSE, d’autant qu’il intervient un an après celui de la rédaction numérique de Franceinfo. La question du harcèlement et du sexisme à France Télévisions n’est clairement pas l’affaire d’une génération ou d’un service en particulier.

D’autres faits, comme les méthodes de management brutales observées ailleurs dans l’entreprise, sont également inadmissibles et nous les condamnons fermement. Les élus SNJ seront extrêmement attentifs à la mise en place des mesures annoncées à la direction des Sports et à l’accompagnement des salariés. 

Vers un retour à la normale ?

La présence sur site augmente doucement, pour atteindre ces derniers jours 900 collaborateurs et environ 150 prestataires. Toutes les emprises sont rouvertes, sauf en Guyane où des cas avérés de Covid ont conduit à des quatorzaines.

Le Siège compte aujourd’hui 3 malades, 273 sont guéris depuis le début de la pandémie.

La règle demeure d’éviter toute concentration et croisement de personnels, d’où des parcours fléchés et des entrées-sorties distinctes dans le bâtiment. Sur ce dernier point, nous regrettons toutefois que le nombre de portes d’accès n’ait pas été augmenté pour éviter des détours.

Quant au restaurant, arrêt du zonage et accès à tout l’espace, avec toutefois un nombre limité à chaque table.

Pour les travaux de réaménagement, arrêtés depuis de longs mois déjà, pas de redémarrage au mieux avant septembre.


Et demain ?

Environ 20% de présence sur site en ce moment, l’objectif est de passer à 30% à la mi-juillet, fin de la période d’urgence sanitaire. Après les vacances d’été, tous les personnels devraient retravailler en présentiel. Ils y retrouveront leurs beaux openspaces, dont le principe n’est pas remis en cause par la direction, qui se contente de mettre en avant les séparations en plexiglas pour limiter les contaminations.
Et puis cette fois, Madame Sobry nous l’assure (elle est en charge de la sécurité), France Télévisions est prête à affronter une éventuelle deuxième vague. L’expérience est là, les stocks sont conséquents. Du gel, des masques en tissu (90.000 de plus disponibles pour septembre), sans compter des modèles plus filtrants (type FFP2) réservés à des situations plus spécifiques. Justement, les élections municipales et les meutes de journalistes autour des candidats étaient une bonne occasion de s’en servir. Or, malgré notre demande auprès de la direction de l’info de veiller à ce que les équipes du Siège, des bureaux en régions et de France 3 en disposent, pas de réponse. Outre les antennes, les pirates informatiques ont peut être bloqué leurs messageries !

Et pour finir, va-t-on assister à la disparition des opérateurs-prompteurs ?

Demain, Télématin va devoir s’en passer, soit deux postes supprimés (un reclassement et un départ).
Alors, est-ce le début de la fin pour tous ces personnels ? Si la direction nous assure qu’ils seront maintenus pour les journaux, pouvons-nous la croire sur parole ?

Souvenons-nous du Soir 3 où des postes d’assistants n’ont pas été maintenus, alors qu’à l’époque on nous jurait le contraire !

Paris, le 29 juin 2020