L’urgence du pouvoir d’achat

L’amélioration du pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés de France Télévisions constitue cette année – du fait d’une inflation galopante d’environ 5% – une priorité absolue ! Un préalable nécessaire pour que les mesures individuelles conservent  leur rôle de jalons dans une progression de carrière. 
Articuler mesures générales, catégorielles et individuelles paraît plus nécessaire que jamais pour corriger les inégalités constatées dans l’entreprise.

Le SNJ propose une augmentation des minimas garantis sur lesquels sont calculées les primes d’ancienneté.  Augmentation qui bénéficiera également aux nouveaux recrutés.

Le SNJ demande de prendre en compte le recul de l’âge moyen de départ à la retraite des salariés de France TV en prolongeant les grilles d’ancienneté :
• Prolongation jusqu’à 40 ans du calcul de la prime d’ancienneté PTA et métiers artistiques.
• Instauration de 2 nouveaux paliers pour les journalistes pour 35  et 40 années d’ancienneté professionnelle.

Le SNJ exige la mise en œuvre d’un plan spécifique pour les journalistes de la filière reportage, victimes d’un blocage dans le déroulement de leur carrière. Nous avons répertorié 260 journalistes en CDI  ayant  plus de 15 ans d’ancienneté professionnelle sans être JS ou plus de 20 ans sans être GR1. Ils représentent respectivement 10 % des membres de la filière reportage ayant entre 15 et 19 ans d’ancienneté professionnelle et 20 % de celles et ceux qui ont 20 ans ou plus d’ancienneté professionnelle. 260 journalistes pour lesquels le positionnement reconnu pourtant comme « normal » en 2012 par la direction au moment de la transposition journaliste n’est pas respecté.

L’ampleur de l’effectif concerné par ce grave dysfonctionnement prouve que déclarer ces salariés en retard comme « prioritaires » pour l’attribution d’une mesure individuelle n’est pas suffisant. Seule l’instauration d’un automatisme à 15 et 20 ans pour passer en JS et en GR1 réglera le problème. Il en va de même pour les changements de palier de GR1 à GR5, pour lesquels un mécanisme de progression garantie doit être introduit. C’est le seul moyen pour que les journalistes de la filière reportage bénéficient d’une véritable évolution de carrière, au même titre que ceux de la filière encadrement.

Face aux différentes crises politiques, sociales et écologiques dont les conséquences néfastes n’ont pas fini de se faire sentir sur les prix à la consommation, le SNJ souhaite une augmentation substantielle de l’enveloppe salariale. La direction doit nous présenter un plan à la hauteur de la période que nous traversons qui permette de corriger les effets de l’inflation et de mettre fin aux trop nombreuses injustices sur nos fiches de paie.  

Paris, le 16 mai 2022

Le débat autour du débat

Une délégation du SNJ a été reçue par le directeur de l’information et le directeur de la rédaction nationale. Une rencontre que nous avions réclamée dans notre communication syndicale du 13 avril dernier.

http://snj-francetv.fr/debat-de-lentre-deux-tours-la-direction-doit-nous-defendre/

Alors que nous nous interrogions sur cette triste tradition de candidats qui choisissent les journalistes pour ces débats, le directeur de l’information nous a clairement dit que cela ne fut pas le cas pour celui entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour la bonne et simple raison qu’Anne-Sophie Lapix n’aurait jamais été pressentie par France Télévisions pour animer ce débat. Laurent Guimier nous a répondu que dès le mois de janvier, en accord avec TF1, il avait été proposé un duo de présentateurs aux 5 principaux candidats, à l’époque les mieux placés dans les sondages. Et que dès le lendemain du premier tour, après échanges le dimanche soir avec les équipes des qualifiés, Léa Salamé et Gilles Bouleau étaient annoncés officiellement à la presse.

Mais pourquoi Marine Le Pen et son fidèle second ont-ils polémiqué dans les médias autour du refus d’Anne-Sophie Lapix ? Vos représentants restent perplexes, mais n’ont bien sûr aucune raison de mettre en doute la version de nos dirigeants. Des directeurs qui précisent comme pour démontrer qu’ils n’ont rien subi dans cette affaire qu’ils ont obtenu par exemple que des plans d’écoute puissent être faits pendant le débat, ce que les candidats refusaient dans un premier temps.

Voilà donc la réponse à ce qui serait donc une fausse polémique, d’après la direction, voire une manipulation de la candidate du Rassemblement National. Sans l’expliquer ni en comprendre d’ailleurs l’intérêt. Par la suite, Marine Le Pen a également refusé de venir au 20 heures jeudi et vendredi dernier, alors qu’Emmanuel Macron était reçu par Anne-Sophie Lapix le jeudi, au lendemain du débat.

A vous alors de vous faire une idée de ce triste épisode qui se répète avant chaque débat d’entre-deux-tours. Nous sommes garants de cette indépendance non négociable. Notre direction affirme la défendre à la place qui est la sienne. Dont acte… L’indépendance c’est aussi une question de budget pour pouvoir faire notre travail en toute liberté. Le président réélu s’est engagé sur la voie de la suppression de la redevance. Espérons que nos dirigeants sauront, pour une fois en matière budgétaire, ne pas accepter tous les diktats de la tutelle.

Paris, le 25 avril 2022

Election présidentielle : la direction impose les temps de parole !

Les deux candidats à la présidentielle ont choisi de manière discrétionnaire, et ont obtenu, d’écarter une de nos consœurs de France 2 du débat du 20 avril au mépris de la liberté de la presse et de l’indépendance de l’audiovisuel public.
Voilà que la direction du réseau France 3 impose dès ce soir la diffusion d’une interview de 10 minutes de Marine Le Pen, réalisée à Avignon, à l’ensemble des antennes du réseau.

Demain, c’est le président-candidat Emmanuel Macron qui devrait avoir droit a nos faveurs et à un traitement identique, toujours sans aucune concertation avec l’ensemble des rédactions et de l’encadrement.

Cette décision brutale remet en cause, par sa longueur dans un journal télévisé régional, le traitement éditorial de chaque antenne ce soir et demain.
Les journalistes sont ainsi priés de préparer des éditions pour un journal considérablement raccourci.

L’information régionale se voit imposer un diktat de sa direction au nom d’une campagne nationale, alors qu’aucune soirée spéciale n’est prévue le 24 avril sur France 3, comme c’était encore la coutume il y a 5 ans .

Le SNJ s’élève contre ces pratiques autoritaires imposées d’en haut à des rédacteurs en chefs et des journalistes placés une fois de plus devant le fait accompli.

Paris, le 15 avril 2022

Débat de l’entre-deux-tours : la direction doit nous défendre !

Qui sont-ils ? Qui sont ces candidats à la fonction suprême de cette 5ème république pour bafouer ainsi des principes fondateurs comme la liberté de la presse et l’indépendance de l’audiovisuel public ?

Le président du Rassemblement National a donc clairement fait savoir que Marine Le Pen n’accepterait pas la présentatrice du 20 heures de France 2 comme modératrice du débat de l’entre-deux-tours. Et le candidat-président Emmanuel Macron ne serait pas non plus très fan de la présentatrice du 20 heures de France 2.

L’argument tombe comme un couperet : la journaliste serait trop « hostile » à la candidate du Rassemblement National. Autrement dit, pas assez docile pour celles et ceux qui briguent la plus haute fonction de la 5ème république ? C’est purement inadmissible.

Le SNJ condamne ces propos et réaffirme que les journalistes de France Télévisions travaillent en toute indépendance. Notre métier n’est pas de faire allégeance aux politiques pour avoir le droit de les interviewer, et ceci est valable également pour « Elysée 2022 », où des politiques mettent parfois des vetos sur certains journalistes pressentis.

Nous ne placerons évidemment pas sur le même plan la représentante de l’extrême-droite et le candidat-président qui lui est opposé pour ce second tour. Mais les réflexes sont les mêmes et ils portent atteinte à la liberté de la presse. Entre celle qui veut vendre le service public au privé, et celui qui souhaite supprimer la redevance, c’est la crédibilité, les moyens, et l’existence même de notre conception de l’information qui sont aujourd’hui en jeu.

Mais avant le seul verdict qui compte, celui des urnes, le SNJ dénonce le mode de désignation des présentateurs(-trices) du grand débat qui aura lieu le 20 avril. Au nom de quoi les états-majors des candidats auraient-ils le droit de récuser un ou une journaliste ? Les chaînes organisatrices, France 2 et TF1, doivent avoir toute latitude pour choisir, en respectant le critère de parité, les noms des journalistes-arbitres de cet événement déterminant de l’entre-deux-tours.

Ce droit de véto ou de récusation d’un autre temps doit être aboli dans les plus brefs délais. Car il contribue à semer le doute sur d’éventuelles connivences entre les journalistes et le pouvoir politique !

Le SNJ exprime tout son soutien envers la présentatrice du 20 heures de France 2, Anne-Sophie Lapix, et demande un rendez-vous au directeur de l’information du groupe France Télévisions. Laurent Guimier doit lui aussi, au nom de la liberté de la presse et du service public, œuvrer dans le but d’établir une barrière étanche entre les politiques et les rédactions. Les candidats qui restent en lice pour le second tour doivent entendre ce message clair : l’information de service public et les journalistes ne sont pas aux ordres, et il faut vite mettre un terme à ce système qui entretient la confusion et concourt à décrédibiliser notre profession.

Paris, le 13 avril 2022

SNJ Radio France : 3ème semaine de mobilisation contre la plateforme « ICI »

Le SNJ France Télévisions réaffirme sa solidarité avec les journalistes de France Bleu !

La plateforme numérique commune, dénommée « Ici », devrait entraîner la fusion et la disparition des sites internet de France Bleu et de France 3.

A l’appel du SNJ, les journalistes de France Bleu se mobilisent pour la troisième semaine consécutive, en refusant toute contribution pour le web.

Election CSE Siège : Notre autonomie, nos combats, votre victoire !

Un succès, cela nous conduit d’abord à vous remercier pour votre confiance. Une confiance qui nous donne le sourire mais qui également nous oblige !… Mais avant tout, parlons quand même, l’espace d’un instant de ce succès.

Le second tour de l’élection du Comité Social et Economique a confirmé la progression du SNJ au Siège. En voix et en élus. Nous serons donc 4 titulaires et 4 suppléants, c’est-à-dire très concrètement, deux élus de plus pour vous représenter. Merci encore à tous les électeurs et à toutes les électrices et nous ferons tout pour nous montrer à la hauteur de vos attentes.

Le SNJ est avant tout un syndicat autonome et il n’est pas dans la posture de ces organisations qui le matin, défendent les salariés, et l’après-midi signent des accords qui leur portent préjudice.

Message aux forçats du matin…

Dans cet esprit, nous venons de remporter une victoire en défendant les journalistes pigistes de « Télématin ». Des « matinaliers » auxquels la direction imposait de travailler de 4 heures du matin jusqu’au 13 Heures et au-delà. Des amplitudes horaires contraires à leur statut et à leur contrat, autrement dit, du travail dissimulé. Des heures supplémentaires non reconnues, et par le même biais, des besoins d’emplois compensés par cette suractivité. Imaginez chaque jour tous ces dépassements horaires, 6 jours par semaine, qui sont réalisées par des salariés exténués par leur rythme matinal, et non rémunérés pour cet effort. C’est « tout bénef’», pourrait-on dire pour la direction. 9 ans que cela durait et que le SNJ tentait de faire cesser cette grave dérive. Une situation qui date de 2013 donc et aggravée par la création de France Info, puisque la fusion des équipes a fait passer les effectifs de « Télématin » de 5 à 2 pigistes.

Alors depuis 2016, de simples permanences sont devenues des sorties systématiques pour alimenter les éditions de la mi-journée, du lundi au vendredi. Intenable, épuisant, dangereux ! Nous avons donc décidé de faire en sorte que ce scandale cesse, pour défendre l’intégrité physique des salariés, leurs droits et faire stopper définitivement ces pratiques illégales. La direction a mis fin au système de manière transitoire dans un premier temps, avant d’y mettre fin maintenant, définitivement . Nous allons engager, avec les pigistes concernés, un processus de réparation individuelle que la DRH a accepté, à l’issue d’une réunion avec les élus SNJ.

Voilà un exemple du savoir-faire et du faire-savoir !

L’emploi, une lutte prioritaire

Même chose pour l’emploi. Nous vous l’avions dit avant le premier tour des élections professionnelles, nous allons demander des comptes à la direction sur ce chapitre. Remplacement des départs provoqués par la Rupture Conventionnelle Collective (RCC), maintien en poste des CDD « longue collaboration » avant requalification, etc… Nous préciserons les choses lors du prochain CSE, avant, s’il le faut, de créer les conditions d’un conflit dans les prochains mois.

Le respect du scrutin

Le 14 avril, se déroulera le CSE constitutif, qui installera une majorité pour diriger l’instance politiquement, mais aussi l’équipe qui gère les activités sociales et culturelles (ASC). Le SNJ n’aspire pas à participer à cette majorité pour éviter toute compromission et toute confusion. Nous demandons le juste respect de notre poids électoral. 17% ce n’est pas rien ! Nous voulons donc être représentés à la Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) pour parler de votre santé, de votre sécurité et de votre travail au quotidien, qui se dégrade de jour en jour, en particulier en reportage. Nous voulons obtenir en juste proportion, des RP, représentants de proximité (les anciens délégués du personnel) sans concession, sans alliance contre nature. Vos voix doivent trouver une représentation juste, sans combine avec ceux qui mènent un syndicalisme de cogestion, et qui ont cherché sans succès à nous éliminer en refusant les collèges journalistes.

Voilà ce que représentent l’autonomie et la défense de la démocratie sociale, que vous avez plébiscitées ! Dans le cas contraire, si l’on tentait de nous forcer la main, la nouvelle majorité serait dès ses premiers pas disqualifiée. Mais cela n’altérera en rien nos convictions et n’empêchera pas notre combat. Ethique, déontologie, exemplarité, défense des droits des salariés, du pouvoir d’achat, de l’emploi nécessaire à nos missions. Notre priorité sera de vous défendre sur tous les dossiers que vous nous avez confiés, en nous soutenant dans les urnes !

Paris, le 8 avril 2022

19/20 national : la menace n’est plus fantôme

Fusion des rédactions rime avec confusion, avec réduction des effectifs, avec suppression d’éditions !!! La disparition du Soir 3, fin 2019, n’augurait rien de bon. Il suffit, et nous le regrettons, de voir les audiences du 23h atteindre avec réjouissance les 212 000 téléspectateurs quand le Soir 3 faisait en moyenne 3 fois plus et même parfois au dessus d’un million.

Depuis l’annonce de la fusion des rédactions en 2012, nous avons toujours vu juste. Les directions de l’information successives ont pensé pouvoir reconstruire sur les ruines de réformes destructrices. En vain. Ce qui se préparerait à la rentrée prochaine confirme cette volonté de sacrifier l’essentiel sur l’autel des économies budgétaires. Le 19/20 national va changer de visage. Un virage qui va le conduire à encore réduire la place accordée à l’actualité internationale. L’essentiel du JT serait composé de reportages de nos confrères des rédactions régionales, le tout saupoudré de rubriques, de chroniques et d’invités !!! Des reprises de sujets existants (souvent déjà diffusés sur la 3, quelques minutes plus tôt, dans les éditions régionales…) et du plateau pour gérer et compenser la pénurie de moyens.

Inutile d’habiller ce changement radical par des considérations éditoriales ! Nous ne sommes pas dupes. L’objectif est bien de réduire l’activité de la rédaction nationale afin de supprimer des postes… alors que les emplois manquent réellement aujourd’hui !

Et comme ultime étape de ce plan machiavélique, il sera proposé à des journalistes du Siège des mutations vers le réseau régional ! Et s’ils refusent ? La direction de l’information a-t-elle l’intention d’imposer ces nouvelles affectations ? Les importants dégats du projet de transfert forcé des salariés de plusieurs émissions (Télématin, Thalassa, Faut Pas Rêver…) vers la filiale FTV Studio n’auraient donc pas servi de leçon ?

Et que les rédacteurs-en-chef des éditions ne nous disent pas qu’ils ne sont pas au courant, ils ont été informés avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Une guerre qui d’ailleurs, est traitée (avec talent, courage et engagement total de nos équipes) uniquement sur France 2. Bien sûr, quelques images, quelques plateaux en situation, sont diffusés sur France 3 mais rien de plus. La fusion après avoir généré la confusion est donc en train de préparer le deuxième effacement de l’information sur France 3 : le 19/20 après le Soir 3 ! Comme l’attestent nos écrits depuis toutes ces années, tout cela était méthodiquement organisé au risque de toucher au sacro-saint pluralisme de l’information de service public. Ce sont les événements extérieurs qui ont ralenti l’inéluctable. Le SNJ n’apprécie pas d’être mis devant le fait accompli et ce n’est pas une nouveauté. D’ores et déjà, nous demandons au directeur de l’information de nous recevoir pour répondre à nos interrogations sur ce sujet. Et qu’il ne cherche pas à nous cacher ses plans, comme l’avait fait son prédécesseur au sujet du Soir 3 ! Nous lui conseillons ainsi qu’à la Présidente de France Télévisions, de renoncer immédiatement à ce projet sous peine d’être responsable d’un conflit en pleine campagne présidentielle. Ce n’est pas une menace fantôme mais une promesse.

Paris, le 28 mars 2022

Le SNJ France Télévisions solidaire avec les journalistes de France Bleu mobilisés contre la plateforme numérique commune

A la demande du gouvernement, un projet de plateforme numérique commune dénommé « Ici » prévoit de fusionner les sites internet de France Bleu et de France 3.

Pour protester contre ce projet, le SNJ Radio France se mobilise en organisant une « semaine blanche » du lundi 28 mars au dimanche 2 avril pendant lesquels les journalistes habituellement volontaires sur les sites internet de France Bleu sont appelés à refermer leurs claviers et à cesser de contribuer. Il organise aussi une journée de grève le jeudi 31 mars.

Le SNJ France Télévisions est solidaire des actions entamées par le SNJ Radio France contre ce projet de plateforme numérique commune.

Paris, le 25 mars 2022

Suppression de la redevance ? Ça suffit ! L’audiovisuel public n’est pas un punching-ball électoral !

C’est une nouvelle menace que le pouvoir politique fait planer sur le service public audiovisuel. Le candidat-président Macron n’hésite pas à faire dans le populisme en annonçant une suppression de la redevance.
Il suit donc les pas de Valérie Pécresse et des candidats de l’extrême-droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour, qui ajoutent leurs intentions de privatiser tout ou partie de France télévisions et Radio France.

L’audiovisuel public, déjà fortement affaibli par la baisse des ressources liées à l’arrêt de la publicité en soirée, premier coup de boutoir asséné par Nicolas Sarkozy, serait ainsi une victime collatérale de la campagne électorale de 2022.
A l’heure où les équipes de reportage de France télévisions font honneur à la profession et au service public avec une couverture exigeante et complète de la guerre en Ukraine, cette surenchère est d’autant plus nauséabonde.

A cause des trains d’économies en série, France Ô a été rayée de la carte, France 4 a été sauvée in extremis, après une prise de conscience très tardive de l’utilité de ses programmes éducatifs en période de pandémie. Le réseau régional de France 3 se voit sommé de réaliser un début de fusion qui ne dit pas son nom avec France Bleu, via la plateforme numérique commune.

La rupture conventionnelle collective, validée par des syndicats pompiers pyromanes, mais pas par le SNJ, a eu pour conséquence la suppression de centaines de postes dans tous les établissements de France télévisions.

Au final, ça craque de partout. Surcharge de  travail dans les rédactions et les services, amplitudes horaires qui augmentent dangereusement, tout comme le stress, et la perte de sens au travail. Quant au pouvoir d’achat des salariés, il ne cesse de baisser, tout particulièrement dans le contexte de la reprise de l’inflation.

Jusqu’où ira cette pernicieuse fuite en avant ? Pourquoi cet acharnement des autorités de tutelle, gouvernement et Parlement, dans la casse du service public et de ses milliers de salariés ?

La contribution à l’audiovisuel public, la « redevance », représente 138 euros par an par foyer fiscal, somme adossée à la taxe d’habitation. Elle est déjà une des plus faibles d’Europe. Avec 2,4 milliards d’euros par an pour France télévisions, elle représente plus de 80 % du budget de l’entreprise.

Cette suppression promise de la redevance, faussement improvisée par le candidat-président, est en fait une étape supplémentaire pour celui qui considérait le service public comme « la honte de la République ».

Aucun financement digne de ce nom n’est annoncé par les différents relais et porte- paroles de M. Macron pour pallier l’abandon de la redevance. Une ligne de plus sur le budget de l’Etat permettrait, nous dit-on, d’abonder les caisses du service public. Mais sans aucune garantie, si ce n’est celle d’un chantage au financement de la part de la majorité en place, chaque année, lors du vote du budget au Parlement.

La promesse de supprimer la redevance audiovisuelle est un effet d’annonce électoraliste éminemment destructeur, dangereux pour l’indépendance du service public, et de plus hypocrite vis-à-vis des électeurs. Car si les moyens alloués sont maintenus sous une autre forme, ce sera toujours l’argent des contribuables, sans aucune augmentation de leur pouvoir d’achat.

Paris, le 8 mars 2022