Audience syndicale : plus que jamais, le SNJ s’impose comme la première organisation de la profession

La Direction générale du travail a rendu public, ce mercredi 26 mai, les chiffres de l’audience syndicale au niveau national interprofessionnel et dans les branches, sur le cycle électoral 2017-2021. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) enregistre une très forte progression de ses résultats puisque notre audience passe de 37,83% à 40,42%. Depuis la mise en place de la représentativité syndicale en 2008, le SNJ n’avait jamais atteint un tel score !

Plus que jamais, le SNJ s’impose comme la première organisation de la profession.

Le paysage syndical dans la branche des journalistes est chamboulé puisque la CFDT-Journalistes passerait devant le SNJ-CGT. Surtout, le SGJ-FO n’atteindrait pas les 8% d’audience lui permettant de rester représentatif chez les journalistes.

La représentativité syndicale détermine le poids de chaque organisation, qui leur donne accès aux négociations d’accords de branche, alors qu’une Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI) vient d’être créée chez les journalistes. La mesure de représentativité syndicale des journalistes doit faire l’objet d’un arrêté en septembre prochain. En tenant compte de l’audience ainsi obtenue, le SNJ devrait peser 49,12% dans la branche n°1480 des journalistes.

Le SNJ, leader dans la profession, remercie ses militantes et ses militants, ses adhérentes et adhérents des différentes sections qui font confiance à son expertise, ses compétences et ses conseils. Le SNJ remercie les journalistes qui lui ont accordé leur voix lors des précédents scrutins électoraux dans les entreprises de presse et lors des élections dans les très petites entreprises.

L’Union syndicale Solidaires, dont le SNJ est membre fondateur, a recueilli une audience syndicale de 3,68% au niveau national interprofessionnel, soit une progression de 0,22 point.

L’Union syndicale Solidaires est représentative dans 30 branches professionnelles dont sept dans le secteur des médias (notamment grâce aux voix du SNJ).

Document(s) joint(s) : PDF iconCommuniqué Solidaires audience syndicale 260521 – Office spreadsheet iconAudience branches HCDS 260521

Paris, le 28 Mai 2021

DECLARATION LIMINAIRE INTERSYNDICALE, 21 mai 2021 – Projet d’Avenant Rémunération de l’accord collectif, le compte n’y est pas !

Alors qu’un nouvel avenant « rémunération » devait être signé avant le début de la négociation annuelle obligatoire (déterminant les augmentations individuelles 2021), les organisations syndicales représentatives FO, CFDT, CGT et SNJ déplorent le manque d’ambition affiché par la direction pour permettre la conclusion de ce nouvel avenant 11.

Elles ne l’ont donc pas signé, et demandent, en ouverture de la NAO, la poursuite des négociations, en remettant sur la table certaines revendications qui n’ont pas été prises en compte lors de la rédaction de la version mise à la signature.

Certes, des avancées ont été actées dans le projet d’accord :

  • Augmentation minimale fixée à 2% du salaire de base, avec un plancher à 620 €
  • Indication en pourcentages de l’écart entre le salaire et le salaire médian correspondant.
  • Forfait-jours à 5 % immédiatement.

Mais nous estimons que le nouvel avenant doit aussi être l’occasion d’acter des garanties supplémentaires. Les organisations syndicales représentatives se sont  concertées, afin de vous présenter leurs propositions :

  • Primes ponctuelles : nous demandons le plafonnement de l’enveloppe des primes à 10% de la RMPP.
  • Traitement des disparités : Priorité aux salariés dont la rémunération est inférieure à 95% de la tendance de rémunération 
  • Prévention des disparités :
  • priorité aux salariés n’ayant bénéficié d’aucune revalorisation individuelle depuis 3 ans et plus 
  • Examen à 3 ans de la situation du salarié : le salarié bénéficie d’une mesure individuelle tous les 3 ans; en cas de refus d’attribution de la mesure,  ce refus doit être argumenté et des dispositions doivent être prises pour permettre au salarié de bénéficier d’une mesure l’année suivante (formation, remise à niveau, évaluation des compétences, etc.). Au cours de l’entretien annuel qui est mené l’année des 3 ans, le responsable hiérarchique expliquera sa décision au salarié concerné (p. 8).
  • Une mesure automatique est attribuée à 4 ans (au lieu de 5).
  • Salaires d’embauche : nous demandons qu’il soit écrit que le salaire à l’embauche ne peut se situer en dessous de la courbe de tendance.

Nous demandons également que le périmètre de cette courbe de tendance soit bien celui de l’entreprise FTV.

  • Pas de cumul de mesures 2 années de suite, sauf pour les salariés en disparité.
  • Gel de mesures individuelles pour l’encadrement, dont les salaires sont supérieurs de x % à la médiane. Notre objectif est de réduire les écarts entre encadrement et salariés « de terrain »
  • Nous demandons un palier d’ancienneté à 35 ans pour les journalistes (30%)
  • Paliers et fonctions des journalistes : l’accès à la fonction JS après 15 ans d’ancienneté et après 20 ans pour la fonction GR doit être acté.
  • Durée de stationnement sur une fonction et un palier : ce point doit être rediscuté.
  • Nous demandons communication, comme en 2020, du tableau RH « Courbes de tendance au 1er janvier 2021 PTA et journalistes »
  • Comités locaux des salaires : L’encadrement concerné, chef de service ou rédacteur en chef, qui décide des mesures et peut éclairer le comité sur ses choix, doit y participer.
  • Comité salaires : le comité doit pouvoir examiner la situation salariale des encadrants qui le souhaitent.
  • Informations communiquées aux membres du comité : Le comité doit pouvoir travailler à partir des courbes de tendance entreprise, qui seraient la référence pour évaluer la situation des salariés. Ces courbes de tendance FTV doivent être fournies aux membres des comités suffisamment en amont.

Les tableaux proposés doivent différencier les éléments qui composent le salaire : salaire de base, prime d’ancienneté, primes intégrées, reconversion, CC ou biqual.

LE SNJ, la CFDT, la CGT et FO

Paris, le 21 mai 2021

Intolérables menaces contre France 3 : l’attitude irresponsable de polémistes et d’élus locaux doit cesser

COMMUNIQUE NATIONAL SNJ & SNJ-CGT

Depuis plusieurs jours, notre confrère, le directeur de l’antenne régionale France 3 Centre-Val de Loire, est la cible de menaces de mort. Il est accusé, notamment par la fachosphère, d’avoir refusé de diffuser un programme financé par la ville d’Orléans, documentaire à la gloire des Fêtes de Jeanne d’Arc locales et dans lequel devait intervenir le très droitier maire LR d’Orléans, ainsi qu’une journaliste proche de l’extrême droite nationaliste et identitaire.

Le SNJ et le SNJ-CGT avaient déjà déploré ce mélange des genres dans un texte intersyndical, lundi 3 mai : http://snj-francetv.fr/wp-content/uploads/2021-05-03-Tract-intersynd.-F3-CVDL.pdf

L’affaire, révélée par « Le Canard Enchaîné », a donné lieu à des échanges d’une virulence extrême sur le plateau de CNEWS. Le maire d’Orléans et l’animateur s’y sont livrés à un véritable lynchage en place publique, n’hésitant pas à donner, à plusieurs reprises et de manière consciente, le nom du directeur régional en pâture. Aussitôt, notre confrère a vu le nombre de messages menaçants décupler, tant sur les réseaux sociaux que sur sa propre messagerie vocale. Plusieurs d’entre eux contenaient clairement des menaces de mort.

Le SNJ et le SNJ-CGT apportent leur soutien total et entier au directeur de France 3 Centre-Val de Loire ainsi qu’à l’ensemble des salariés de France 3. Nous dénonçons l’attitude irresponsable d’hommes politiques et de présentateurs télé qui font courir des risques inconsidérés à notre confrère qui pourrait prochainement bénéficier d’une protection policière.

Rappelons que le maire d’Orléans, qui trie les journalistes qui ont l’honneur de pouvoir l’approcher, a été pointé par la Cour de Cassation (plus haute juridiction française) pour atteinte à la liberté d’expression (Arrêt 904 du 6 octobre 2011). Et que CNEWS continue de mettre en avant un polémiste condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale et provocation à la discrimination.

Nous saisissons également la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) et la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) sur ces menaces et mises à l’index, car mettre ainsi en danger des journalistes du service public qui font leur métier est une atteinte à la démocratie.

Paris, le 7 mai 2021

Déconfinez l’info, il y a urgence !

Les rédactions de France Télévisions peuvent, et doivent, reprendre une activité quasi-normale dès la semaine prochaine. La direction fait du zèle, mais l’information de service public n’a pas à suivre sagement le tempo politique du gouvernement.

Début avril, dans la foulée de l’allocution du président de la République, la direction de France Télévisions a choisi de « confiner » l’info. Si la protection des salariés est l’absolue priorité, il nous semblait possible de mettre en place des mesures sanitaires renforcées sans dégrader à ce point l’offre d’information, notamment dans le réseau régional France 3.

L’attitude de la direction laisse entrevoir les pires scénarios pour l’entreprise, entre suppressions d’emplois, casse des métiers et disparitions de rédactions.

Les journaux communs « grandes régions » (une aberration éditoriale) devraient se poursuivre jusqu’au 10 mai au moins. Pour les équipes de France 3, c’est l’incompréhension : les antennes peuvent parfaitement s’organiser pour tourner avec les mesures sanitaires nécessaires.

Or, avec ce système de « journaux grandes régions », les couacs se multiplient, avec de nombreux exemples d’actualités non couvertes, surtout lorsque ces événements ont lieu dans l’antenne qui ne pilote pas le JT du jour.

Le contenu de nos éditions est parfois affligeant, la hiérarchie de l’information incompréhensible ou inexistante. Les sujets sont sans intérêt pour une grande partie des téléspectateurs, car tournés à des centaines de kilomètres de chez eux. On est loin de la promesse éditoriale de proximité. 

Pourquoi ne pas avoir maintenu des éditions d’information par antenne, quitte à ce que des sujets mutualisés soient intégrés dans les conducteurs ? Pourquoi maintenir aussi longtemps une offre dégradée, alors que nous entrons dans une période électorale avec des régionales et des départementales ?

Pourquoi, si ce n’est pour habituer les salariés et notre public à l’affaiblissement définitif de l’information de proximité ?

Les équipes de reportage ne peuvent remplir leur mission d’information, faute de temps d’antenne disponible pour l’actualité de leurs régions. Un immense gâchis. Hélas, certaines directions régionales annoncent déjà le prolongement des journaux grandes régions pendant l’été ou pendant les week-ends, confirmant ainsi la volonté première de faire surtout des économies. 

L’incohérence est tout aussi flagrante pour les sites web. Dans certaines rédactions, jusqu’à 10 journalistes se voient planifiés sur le numérique. Simplement pour remplir les tableaux de service. Parce qu’en télétravail, sans matériel adapté, sans les applications indispensables, parfois sans formation, il est difficile de travailler. Quel manque de considération pour le développement du numérique !

Au Siège, les conditions de travail imposées par la direction posent aussi question. Régie et plateau communs aux JT de France 2 et France 3 resteront la règle jusqu’à mi-mai. Une organisation qui rend très complexe l’enchaînement des plateaux, dans le respect des règles sanitaires.

« Tout le Sport », le JT quotidien des sports sur France 3, est diffusé en version très dégradée. Plus d’accès au plateau, pas de régie disponible, c’est donc une bobine assemblée vers 19h00 qui est programmée à 20h45, avec enregistrement des lancements du présentateur en milieu d’après-midi !

Les équipes font du mieux possible mais ce dispositif n’est pas adapté à l’information sportive. Nous sommes régulièrement en retard sur l’actu : « Tout le Sport » doit revenir en direct au plus vite. 

Dans les stations ultramarines, notamment à la Réunion, en Guadeloupe et en Guyane, le nombre d’arrêts de travail a fortement augmenté. Les échanges sont difficiles entre cadres et équipes opérationnelles. Les ordres, suivis de contre-ordres, les réformes, entreprises sans aucune concertation avec le personnel, déstabilisent les équipes et augmentent considérablement les risques psychosociaux.

Partout dans l’entreprise, le travail à domicile a trop souvent été imposé, parfois au-delà du raisonnable.

La démotivation, l’incompréhension et la détresse psychologique de certains salariés sont des signaux d’alerte graves, qui devraient être pris en considération. Et le choix de la direction de multiplier RTT et récupérations pour accompagner cette baisse d’activité accentue encore l’isolement de tous.

La crise sanitaire a permis à la direction d’aller bien au-delà de la « maîtrise » de la masse salariale : plus de 15 millions d’euros d’économies en 2020 dont 11 millions pour le réseau régional !

La direction semble s’en réjouir. Pas nous. Parce que ces économies touchent d’abord de plein fouet les plus précaires, CDD et pigistes. Parce qu’elles sont inquiétantes aussi pour l’avenir de notre entreprise et de tous nos emplois.

Aujourd’hui, il faut nous donner les moyens de concilier prudence sanitaire et offre d’information à la hauteur de notre mission. Des choix d’organisation dans le respect des mesures sanitaires doivent permettre à nos rédactions de travailler quasi-normalement dans les prochains jours.  

L’information en mode dégradé ne peut pas être le projet d’entreprise de France télévisions. Il est urgent de déconfiner l’info

Paris, le 30 avril 2021

Motion – LE JOURNALISME EN DANGER A FTV

Aujourd’hui, dans de nombreuses rédactions, la pratique du journalisme est souvent abîmée, hélas, par le manque d’anticipation et par le « remplissage » qui doit le compenser !

Dans les rédactions nationales, le fléau s’appelle « sujet en kit ». Les reporters sont transformés en journalistes prestataires de services, fournisseurs d’éléments, pour des « plumes » qui ne sortent pas de leurs salles de montage, sous le regard d’un encadrement pléthorique.

Mais au-delà de ces dérives professionnelles, il y a un contexte social qui nous inquiète.

Depuis plusieurs mois, nous assistons à une offensive majeure de la direction, qui s’attaque à notre profession. Elle tente par exemple, en vantant « de nouveaux horizons et de nouvelles pratiques », de faire passer un texte global sur les unités de compétences complémentaires (UCC) qui s’appliqueraient à France Télévisions.

Les compétences complémentaires, le SNJ y est favorable, quand elles sont encadrées et qu’elles représentent un progrès. Nous sommes signataires des textes qui ont permis à des journalistes rédacteurs de suivre une formation JRI, et inversement. Tout comme nous avons accompagné les reconversions professionnelles, souvent couronnées de succès, de PTA vers le journalisme, quand elles se font avec une formation sérieuse et conséquente.

Mais le texte sur les UCC inspire la méfiance : il s’agit d’une casse organisée, motivée par l’obsession de la direction de faire plus avec moins de salariés. L’objectif : supprimer un maximum d’emplois, en créant des fonctions hybrides qui permettent à des salariés sans carte de presse, mais avec des compétences éditoriales acquises à la hâte, de remplacer les journalistes.

Une menace qui plane notamment sur le réseau régional France 3, où la direction souhaite généraliser les unités de tournages avec smartphones (UTS), là encore, pour semer la confusion entre journalistes et « contributeurs ».

Le journalisme est en danger à France Télévisions car la direction enchaîne les projets décevants, où les économies font office de boussoles.

Dernier exemple révélateur : la régionalisation de France 3, qui devrait être un projet essentiel, soutenu par des investissements, aboutit finalement à la mise à l’antenne d’un 18h30 indigent.

Autre sujet d’inquiétude : les conditions de travail imposées aux journalistes du web. Nous refusons que ces rédactions soient des rédactions low-cost.

Impossible de conclure cette liste sans évoquer la renonciation sociale que représente chaque départ non remplacé. Nous les subissons aujourd’hui avec la rupture conventionnelle collective, que le SNJ avait refusé de signer, mais bien avant aussi.

Cette obsession des soustractions d’emplois a des conséquences terribles : transfert scandaleux de rédactions entières* à une filiale, effectifs insuffisants des rédactions des réseaux régionaux et ultramarins, manque de moyens dans certains services de la rédaction nationale, CDD « gelés » partout…

Réunis en assemblée générale, le vendredi 9 avril 2021, les adhérents du SNJ France Télévisions mandatent leur Bureau National pour mettre tout en œuvre, au quotidien et pendant les négociations en cours, pour protéger notre profession et sa pratique.

Nous ne sommes pas des salariés interchangeables de l’audiovisuel. Nous sommes des journalistes, des techniciens et des administratifs, qui dans le respect de nos métiers et de nos spécialités, participons tous à la défense des valeurs du Service Public.

Paris, le 9 avril 2021

*(« Thalassa », « Faut Pas Rêver », « Télématin », « Passage des Arts » et « Des Racines et des Ailes »)

Le SNJ, la CFDT et FO se félicitent de la signature de l’accord intéressement

L’été dernier, la négociation engagée sur l’idée d’un intéressement à France TV aboutissait à la conclusion d’un accord pluriannuel entre la Direction et 3 organisations syndicales – CFDT, FO et SNJ – sur les exercices 2020, 2021 et 2022. Le 28 août dernier, l’entreprise s’engageait ainsi à verser une prime à l’ensemble des salariés pour un total pouvant s’élever jusqu’à 6 millions d’euros pour chaque résultat d’exploitation consolidé bénéficiaire.

Outre l’existence de ce résultat bénéficiaire, 3 autres critères devaient être respectés :

  • un objectif lié à la maîtrise de la masse salariale ;
  •  un objectif d’audiences, relatif à la couverture hebdomadaire 4 écrans ;
  •  et un objectif lié à la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Pour cet exercice 2020, si particulier, nous redoutions un déficit, annihilant tout espoir de percevoir un intéressement. C’est donc une bonne nouvelle inattendue qui a été confirmée lors du dernier conseil d’administration, validant ce résultat.

L’intéressement devrait être versé en mai. 

Par ailleurs, un dispositif de plan d’épargne entreprise (PEE) et de plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) est en cours de négociation, afin de permettre à chaque salarié de choisir un mode de placement qui lui convient (ou pas). 

Durant cette négociation, la direction a proposé un abondement des dépôts sur ce PERCOL (l’équivalent d’un jour offert par l’entreprise pour 4 jours déposés), mais a proposé en contrepartie de limiter le nombre de jours que les salariés peuvent déposer dans leur CET.

Pour les organisations syndicales, on ne doit pas toucher au chiffre des 22 jours maximum par an d’alimentation du CET, car cela permet à tous les salariés de réaliser un projet personnel.

Il faut que le salarié soit libre de pouvoir choisir entre accepter un abondement en contrepartie de la réduction de l’alimentation de son CET à 5 jours par an ou garder le fonctionnement actuel du CET.

La direction doit nous proposer prochainement une date de réunion pour négocier sur ce thème.

Paris, le 1er avril 2021

Direction des Sports — Après l’enquête et le constat, nous exigeons des actes !

Début avril, suite à un article du journal « L’Équipe », la direction de France Télévisions a commandé à un cabinet indépendant une enquête sur la direction des Sports.

Ce jeudi 25 juin, les conclusions de cette enquête ont été présentées oralement, en visioconférence, aux élus du Comité Social et Economique (CSE) du Siège, ainsi qu’aux salariés de la direction des Sports. Une restitution d’enquête qui tardait, mais finalement programmée (comme par enchantement) le jour de la publication d’un article de Mediapart.  

Lors de la restitution du cabinet Interstys, qui affirme avoir mené 115 entretiens au cours de l’enquête, aucun cas individuel n’a été abordé. En revanche, il est clairement décrit une « direction construite sur une culture extrêmement masculine, avec des grandes figures paternalistes, notamment chez les journalistes. Cet entre-soi masculin, associé à un « turn-over » très faible, a enraciné des habitudes, qui ont pu générer des comportements sexistes récurrents mais aussi des clichés sur les femmes et leur prétendue méconnaissance du sport. Une situation délicate qui a aussi perduré en raison de l’inaction de l’encadrement, qui n’intervient que trop rarement ».

L’enquête démontre explicitement que cette « culture hyper masculine, en particulier à la rédaction, a pu rendre difficile, voire impossible, l’intégration de nombreuses femmes ». Et même si de (légers) progrès ont été notés ces dernières années, même si les violences sexistes semblent le fait d’une minorité, d’autres clivages sont mis en évidence : rivalité entre des « jeunes » et des anciens, attitudes hautaines de certains journalistes à l’égard de collègues techniciens ou administratifs, ou encore tensions entre différents « clans » existant au sein de la rédaction.

Le même jour, « Mediapart » a donc publié une longue enquête journalistique titrée « A France Télévisions, le service des Sports est un bastion sexiste ». Sept femmes reporters qui ont travaillé dans la rédaction décrivent en détails la souffrance et les humiliations subies dans le cadre de leur travail. Les élus du SNJ tiennent à leur apporter, ainsi qu’à celles et ceux qui n’ont pas pu s’exprimer, notre plus sincère soutien.

Nous devons rappeler ici que la direction a été alertée à de nombreuses reprises au sujet des difficultés rencontrées par de nombreuses femmes aux Sports. Dès 2013 (!!), nos élus avaient publié un état des lieux : http://snj-francetv.fr/wp-content/uploads/tract-parite%CC%81-2-janvier-2013-OK.pdf 

L’attitude des dirigeants avait alors été consternante puisque cette alerte, et donc la situation de ces femmes, avait été reçue avec mépris. Aucune réponse, aucun plan d’action de la direction des Sports de l’époque ! Déni, défense de l’entre-soi, renforcement du sentiment d’impunité : tout cela pèse terriblement dans le bilan qui est exposé publiquement aujourd’hui.

Deux enquêtes effectuées par des personnes extérieures à France Télévisions confirment donc le constat dressé depuis des années par les représentants des salariés. La direction affirme aujourd’hui prendre « pleinement conscience du problème ». Le directeur des Sports, devant les élus du personnel, s’est même « engagé personnellement à rendre ce service exemplaire ». Nous en prenons acte. Les premières mesures annoncées répondent (enfin !) à une partie des demandes du SNJ : formations obligatoires à la prévention des agissements discriminatoires et sexistes, entretiens professionnels plus nombreux, et sanctions proportionnées quand des faits inadmissibles sont avérés et étayés.

Une réflexion sur l’organisation de la direction des Sports est prévue pour la rentrée. Là encore, le SNJ rappelle les préconisations faites depuis des années :

– permettre l’accès des femmes à tous les types de postes existant à la direction des Sports (il n’y a pas d’emplois réservés aux hommes, y compris dans l’encadrement !) ;

– les recrutements doivent favoriser la mixité, avec des embauches de femmes et d’hommes, permettant de rétablir les équilibres dans la rédaction et de refléter au mieux la diversité sociale de notre société.

Depuis plus de vingt ans, la direction de France Télévisions a commis trop d’erreurs dans ce dossier. Aujourd’hui, c’est une addition très lourde qui est payée par les équipes des Sports. Pour permettre à ces équipes de continuer à remplir leurs missions, dans un climat de travail respectueux de tous, la direction doit agir vite, et en toute transparence. C’est à elle, au moment où les regards réprobateurs sont tournés vers une partie de ses salariés, de prendre enfin ses responsabilités.

Paris, le 26 juin 2020

Violences sexistes : Lettre ouverte à la présidente de France Télévisions

Paris, le 8 avril 2020

Madame la Présidente, 

Nous avons lu samedi 4 avril, dans le journal « L’Equipe », le témoignage d’une ancienne journaliste de la direction des Sports. Dimanche 5 avril, dans le même quotidien, vous affirmez avoir découvert cette affaire la veille, et vous annoncez l’ouverture d’une vaste enquête interne. 

Même si nous pensons que la direction de l’entreprise n’ignorait pas ce dossier, nous prenons acte de votre implication personnelle et nous espérons sincèrement que cette enquête sera menée sérieusement et sans délai.  

Les révélations courageuses de notre ancienne consœur, en particulier sur les propos sexistes et misogynes subis lors de ses passages à la direction de l’Information et à la direction des Sports, font évidemment écho au formidable et terriblement essentiel mouvement #MeToo qui traverse toute la société, et notamment les entreprises de l’audiovisuel. Rappelons que d’autres femmes passées à la rédaction des Sports s’étaient publiquement exprimées lors du lancement de #MeToo, témoignant notamment avoir subi des insultes pendant des années : « pute, salope, pétasse, morue« . Le SNJ avait déjà relayé ces témoignages. 

Pourtant, côté direction, le déni a longtemps été de mise. Fin 2012, à la stupéfaction générale, le directeur des Sports de l’époque s’était présenté dans Le Figaro comme le grand défenseur de l’égalité professionnelle femmes/hommes. Le SNJ lui avait alors répondu longuement dans un texte où, chiffres à l’appui, nous analysions la réalité de la place des femmes dans la rédaction : Rédaction des Sports – Le cancre de la parité.

L’héritage de cette époque est lourd à porter. La situation des Sports a-t-elle progressé depuis ? Oui, il faut le reconnaître, mais pas aussi vite que d’autres directions de l’entreprise et surtout pas au rythme nécessaire pour rattraper un terrible retard. Nos consœurs en CDI ne sont toujours que 7 dans la rédaction (pour 50 hommes).  

Concernant les alertes sur les comportements sexistes, plusieurs dossiers ont été pris au sérieux par un encadrement plus à l’écoute qu’auparavant, mais sans toujours donner l’impression qu’il s’agit d’une priorité. Et les allusions sexuelles, les « blagues » misogynes et les sous-entendus sur la prétendue incompétence des femmes continuent à pourrir l’ambiance de travail. Oui, ces agissements sont le fait d’une petite minorité, mais ils ne sont pas toujours contredits ou combattus par les confrères présents. 

Si l’on y ajoute l’existence d’autres mécanismes de discrimination (notamment liés à la reconnaissance professionnelle), travailler aux Sports peut devenir un calvaire pour certaines femmes, qui préfèrent rejoindre d’autres rédactions. 

Madame la Présidente, nous ne serons pas de ceux qui vous appellent à régler la situation avec un jeu de chaises musicales dans l’organigramme. C’est d’un travail beaucoup plus sérieux, constant, engagé, et de changements beaucoup plus profonds dont nous avons urgemment besoin sur ces thématiques. A commencer par des formations généralisées sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, comme nous vous l’avons demandé à plusieurs reprises, et encore récemment dans ce communiqué en octobre dernier : Agissements sexistes et violences sexuelles : Après la prise de conscience, les actes !

Certaines réactions à l’article de L’Equipe nous prouvent qu’il y a une méconnaissance criante de ce qu’est un agissement sexiste et des moyens de les prévenir. Contrairement à ce que nous avons pu parfois lire avec consternation, les rédactions du service public sont loin d’être les seules à avoir des progrès à faire. Mais cela ne nous exonère pas d’un devoir d’exemplarité. 

Madame la Présidente, vous avez engagé France Télévisions sur la voie de la « tolérance zéro » dans ce domaine. Nous partageons avec vous cet objectif, parce qu’il doit aider à la prévention des violences sexistes et donc protéger les victimes potentielles. Ces deux dernières années, notre entreprise a été confrontée à des affaires très lourdes et, au sein de plusieurs rédactions, des licenciements ont été prononcés. 

Nous constatons pourtant qu’aujourd’hui, des incidents, même ceux considérés comme « graves » par la direction, ne sont pas tous suivis de procédures disciplinaires sérieuses, envoyant un terrible message aux victimes. Le sentiment d’impunité est encore bien présent, surtout quand le rapport de forces (par exemple des femmes, jeunes, en contrat précaire, face à des hommes plus âgés et habitués de l’antenne) est totalement déséquilibré. 

L’encadrement, notamment dans les directions où il est quasi-exclusivement masculin (jusqu’à quand ?), doit être beaucoup plus sensibilisé à l’application de la « tolérance zéro » et doit pouvoir le rappeler régulièrement aux équipes quand la situation l’exige. Il doit garantir la protection des victimes qui souhaitent s’exprimer mais aussi la protection de ceux, représentants du personnel ou non, qui les aident et les écoutent. 

Il est de la responsabilité des cadres de protéger les personnes vulnérables et de mettre fin à ces pratiques inadmissibles, avec justesse et sans complaisance. 

Madame la Présidente, sachez enfin que nous sommes toutes et tous à la disposition des équipes chargées de mener cette enquête. 

Veuillez agréer, madame la Présidente, nos sincères salutations. 

Ce texte diffusé par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) est la reprise d’une lettre ouverte envoyée à Mme Delphine Ernotte-Cunci par les représentants SNJ au Siège France Télévisions : Patricia Issa (représentante de proximité), Dominique Bonnet, Béatrice Gelot, Sophie Guillaumin (élus CSE),  Antoine Chuzeville, Serge Cimino, Anne Guillé, Francis Mazoyer (délégués syndicaux) 

ORTF 2.0 : POUR QUOI FAIRE ?

 

 

 

 

COMMUNIQUE DES SECTIONS SNJ : France Médias Monde – France Télévisions – Radio France

Après des mois d’attente, le gouvernement dévoile enfin les grandes lignes de sa réforme audiovisuelle. Franck Riester, ministre de la Culture, annonce notamment la création d’une « superstructure », la holding France Médias, qui regrouperait plus de 15.000 salariés. Cette holding serait dirigée par un PDG, nommé en 2021, appelé à devenir le nouveau grand patron de l’audiovisuel public. Une première depuis la suppression de l’ORTF il y a plus de quarante ans !

Les entreprises intégrées à cette holding (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA) deviendraient dès 2022 des filiales de France Médias. Chacune des 4 entreprises sera dotée d’un directeur général, aux ordres de la « superstructure ». Officiellement, chaque entreprise conservera son indépendance éditoriale, mais les budgets seront tous contrôlés par la holding…

DES AMBITIONS TRÈS FLOUES

Mais tout ça… pour quoi, au final ? L’utilité de France Médias, sorte d’ORTF 2.0, apparaît peu évidente. Selon Franck Riester lui-même, la holding n’aurait « aucun pouvoir éditorial » mais pourtant, elle doit permettre de « mieux répondre à l’évolution des usages ». Comme si les entreprises de l’audiovisuel public n’étaient pas capables de s’adapter sans une strate administrative supplémentaire ! Comme si Radio France, par exemple, n’avait pas su proposer une offre de podcasts plébiscitée par le public ! Comme si FMM ne fidélisait pas 46 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux !

D’ici 2022, la mise en place de cette holding peut aussi permettre de « préparer le terrain » à une opération moins avouable : la baisse de la dotation globale et une nouvelle diminution des effectifs du service public. Le discours de Franck Riester est en effet parsemé de petites phrases inquiétantes dans le contexte d’austérité budgétaire que nous subissons. Le ministre avoue ainsi que la holding a aussi pour but, dans un premier temps, « d’optimiser les fonctions supports entre les différentes sociétés ». Pourraient être rapidement concernées : les directions des achats, les régies publicitaires, les structures de formation…

Ce projet ressemble étrangement à ce que beaucoup de salariés de France Télévisions ont connu au début des années 2000 : des entreprises distinctes (France 2, France 3, RFO…), puis la création d’une holding France Télévisions, le rapprochement de fonctions supports, et enfin l’entreprise unique avec les fusions de services et de rédactions. Et la casse sociale qui a suivi.

Idem pour France Médias Monde, où le rapprochement de RFI avec France 24, prévu par la loi audiovisuelle de 2009, n’a fait qu’affaiblir la radio, sans permettre de développer la chaine de télé. Les économies drastiques impactent  l’éditorial des chaines au quotidien. Les deux plans sociaux à RFI font ressentir le manque d’effectifs.

UN BIG-BANG EN 2022 ?

Le message politique est clair : les fonctionnements et les financements actuels sont plus ou moins garantis jusqu’en 2022. A cette date, France Médias deviendrait la structure opérationnelle chargée de piloter l’audiovisuel public et ses budgets. En fonction des priorités politiques, cette holding pourrait devenir un outil au service des regroupements, des fusions et des économies d’échelle.

Quand on connaît l’obsession de nos dirigeants pour les suppressions de postes et les économies, on peut craindre qu’elles deviennent l’objectif principal de ce projet de réforme, bien loin du projet « d’adaptation » et de « développement » affiché.

Plus que jamais, les syndicats et les salariés de l’audiovisuel public seront vigilants et déterminés à défendre leurs missions et leurs spécificités.

Paris, le 25 septembre 2019

CONTACTS

SNJ France Télévisions : Raoul Advocat 06 22 69 30 14

SNJ Radio France : Valeria Emanuele 06 07 03 51 79

SNJ France Médias Monde : Nina Desesquelle 06 84 19 31 68

2019-09-25 ORTF 2.0 Pour quoi faire