Redevance ou redevable ?

MOTION DU SNJ FRANCE TV – ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES 7 ET 8 NOVEMBRE 2022

La suppression de la redevance n’a en rien réglé la question du pouvoir d’achat des Français. En revanche, elle pèse lourdement sur l’avenir des entreprises de l’audiovisuel public. Le financement prévu pour la remplacer est basé sur le transfert d’une part de TVA. La taxe la plus injuste qui soit puisqu’elle touche de la même manière les petits et les gros revenus. De plus, l’indépendance de l’audiovisuel public reste à la merci du débat budgétaire chaque année. Enfin, pouvoir exécutif comme pouvoir législatif, savent que ce choix est transitoire, puisque la loi organique qui régit les lois de finances ne permettra plus dès 2025 de transférer une part de TVA pour financer l’audiovisuel public.
Transitoire, mensonger et sans effet pour le pouvoir d’achat des Français, puisque à travers cette fausse réforme, ce sont tous les français qui vont la payer maintenant.

Une télévision financée par le public est une télévision publique. Si elle est financée par l’Etat, elle apparaitra comme une télévision d’Etat.

Réunis en Assemblée Générale, les militants du SNJ France TV condamnent à nouveau cette précipitation présidentielle, qui ne garantit en rien la pérennité du financement de l’audiovisuel public et en particulier celui de France Télévisions. Mandat est donné au Conseil Syndical, pour continuer à agir au sein de l’intersyndicale de l’audiovisuel public.
Il faut exiger des pouvoirs publics et de la représentation nationale qu’ils débattent avec les acteurs du secteur d’une réforme durable du mode de financement qui garantisse notre avenir et notre indépendance.

Paris, le 8 novembre 2022

Non à une régionalisation low-cost, en sacrifiant les éditions nationales de France 3 !

MOTION DU SNJ FRANCE TV – ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES 7 ET 8 NOVEMBRE 2022

Pour le SNJ, le projet Tempo annoncé en juillet est une déflagration. La présidente de France TV l’a dit : la suppression du 12/13 et du 19/20 national n’est pas négociable, pas de discussion possible. Que les choses soient claires, nous n’accepterons pas ce projet. Après celle du Soir 3, la disparition des éditions nationales de France 3 est une atteinte au pluralisme de l’information. Elle ne peut être ni un préalable, ni la finalité d’un projet opaque, toujours sans contenu.
Une période terrible d’incertitude s’ouvre au siège comme en régions pour tous ceux qui travaillent pour ces éditions.

De plus, au-delà du sort des salariés du siège, Tempo, annoncé sans moyens supplémentaires par la présidente, est une régionalisation low-cost, pour élaborer une heure d’information midi et soir en régions. Une « intention stratégique » dans le jargon des directions, une fausse proximité, un pur mirage éditorial.

Tempo est un projet politique et économique dont le but est de faire croire qu’à bas coût France 3 deviendrait une chaine plus régionale qu’aujourd’hui.
Mandat est donné au Conseil Syndical du SNJ France Télévisions de combattre ce projet funeste en créant les conditions d’une mobilisation commune en intersyndicale avec les salariés du siège et ceux des régions.
Réunis en Assemblée Générale les militants du SNJ France TV appellent les salariés à boycotter, pour ne pas cautionner, les ateliers dits de « co-construction » qui seront en réalité des ateliers de «co-destruction ».
Le Conseil syndical du SNJ France Télévisions est également chargé de préparer, en liaison avec tous les adhérents, un contre-projet qui mettra l’information au cœur d’une réforme ambitieuse.
Enfin, notre objectif est désormais de sensibiliser notre public par tous les moyens (réseaux sociaux, presse…) afin de créer une prise de conscience citoyenne contre ce projet qui constitue une atteinte fondamentale à l’information indépendante de service public.

Paris, le 8 novembre 2022

Alternance à France TV : la diversité mensongère !

COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL CFDT CGT FO SNJ SUD

« Nous avons une politique ambitieuse d’intégration d’alternants et nous pouvons en être fiers ! », écrit la Directrice de la Diversité de France TV. Quelle provocation !

Cette politique permet surtout de faire des économies sur le dos des plus fragiles financièrement.

Dernier exemple en date, les frais de transport et de double résidence qui ne sont pas remboursés aux alternants non boursiers. Sous couvert de quoi ? De diversité ! 

Et France TV ne recule devant rien. En agissant ainsi, elle fait une distinction qui n’existe nulle part ailleurs. Et pour cause… comme l’indique le site Service Public, « le cumul d’une bourse est impossible si vous êtes en contrat d’apprentissage, de professionnalisation… ».

Dans les textes, il n’existe pas d’alternants boursiers ou d’alternants non boursiers. Il n’y a qu’un seul statut : alternant ! 

Les alternants sont, de fait, des CDD. Bien que moins bien payés, pourquoi ne bénéficieraient-ils pas, eux aussi, de frais de missions lorsqu’ils viennent travailler en région ?

Les organisations syndicales demandent sans attendre à France TV d’accorder à tous nos alternants qui ont une double résidence une aide au logement et le remboursement des frais de transport avec effet rétroactif.

France TV, qui partout se targue d’être mieux-disante, touche entre 5000 et 8000 euros par alternant. 

Utiliser l’argument de la diversité pour priver certains alternants d’une aide au logement est une HONTE !

Paris, le 20 octobre 2022

Conseil d’administration de France TV : une nomination malvenue

Une nouvelle plutôt embarrassante est tombée ce mardi 18 octobre. Elle s’est répandue dans les travées du Conseil Social et Économique (CSE) central de France Télévisions.

Il s’agit de la nomination (via un décret du ministère de la Culture) de Dominique Boutonnat au Conseil d’administration de France Télévisions.

Dominique Boutonnat est le président du Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC).

Le « timing » de cette nomination a de quoi surprendre : elle intervient quelques jours après l’annonce du renvoi de Dominique Boutonnat devant un tribunal correctionnel, où il devra répondre d’accusations d’agressions sexuelles.

Interpellée par le SNJ lors du CSE central, Delphine Ernotte a éludé la question. « Ce n’est pas moi qui nomme les membres du Conseil d’administration… et il est logique que le CNC soit représenté », a t-elle répondu. Et d’ajouter : « ce serait un comble qu’on en tienne rigueur à France Télévisions ».
Certes, il est d’usage que les présidents du CNC siègent au Conseil d’administration de France Télévisions. Et Dominique Boutonnat est évidemment présumé innocent.

Mais cette nomination intervient totalement à contretemps du calendrier judiciaire.

Nos dirigeants affichent souvent l’exemplarité comme l’une des valeurs du service public.

Le SNJ demande à Dominique Boutonnat de se mettre en retrait et de ne pas exercer de responsabilités à France Télévisions avant la fin de son procès.

Paris, le 19 octobre 2022

Préavis de grève du 12 septembre : un contournement de la loi inacceptable !

TRACT INTERSYNDICAL FTV CGT / SNJ / CFDT / SRCTA-UNSA / SNCPA-CGC

Le lundi 12 septembre 2022, la direction décide de faire passer la diffusion de Télématin et ses éditions de la matinée via l’antenne de Romainville. Un dispositif prévu pour assurer la continuité d’activité. Autrement dit : assurer la diffusion en cas de force majeure (pandémie, guerre, etc.).

Quel cas de force majeure a bien pu survenir ce jour-là ?

Aucun bien sûr si ce n’est le mouvement de grève contre le projet Tempo très suivi au centre de diffusion et d’échanges du siège.

Cela crée un précédent inacceptable pour l’intersyndicale qui avait appelé à la grève : le contournement de cette dernière par un dispositif qui n’est pas prévu à cet effet, et géré par une entreprise extérieure qui plus est.

De plus la direction et les rédacteurs en chef des  éditions nationales de France 3 ont réalisé leurs journaux dans des conditions normales, alors que la scripte de service était gréviste. C’est inacceptable et cela a été fait malgré les protestations vives de l’intersyndicale.

Dans l’intérêt des salariés et pour ne pas que cela se reproduise nous allons donc nous tourner vers nos conseils pour donner la réponse qui nous semblera la plus adaptée.

Quant au projet Tempo, le combat ne fait que commencer !

Paris, le 14 septembre 2022

Duplex avec TVU ou AVIWEST : le pouvoir de dire non !

Des JRI en ont plein le dos des AWIWEST ou TVU ! Leurs missions s’alourdissent dangereusement, alors que leur pouvoir d’achat se réduit comme peau de chagrin. La direction s’appuie sur les bonnes volontés, mais trop c’est trop ! Comment se concentrer sur un reportage lorsqu’on demande à l’équipe de tournage de réaliser, en plus, des duplex avec les moyens légers de transmissions, TVU ou AVIWEST ? Une majorité de JRI de France TV de la rédaction nationale refuse ce type de direct qui se fait au détriment de la qualité journalistique des sujets. Faut-il encore le rappeler ? Les JRI ne sont pas des OPV (opérateurs de prise de vue). Leur métier, c’est le reportage !

Ces duplex permettent à la direction de faire de grosses économies car les moyens de diffusion traditionnels coûtent cher. Pour nombre de journalistes reporters d’images, ça suffit ! Toujours plus de tâches à accomplir, et dans le même temps, la direction propose cette année une augmentation générale de seulement 1,2% ! Alors que l’inflation dépasse les 6% pour 2022 !

Soyons clairs, il y a de quoi décourager les bonnes volontés.
Ajoutons que trop souvent, le rappel des consignes de sécurité n’est pas effectué : en cas de problèmes de santé, la responsabilité de l’employeur peut être engagée (voir notre précédent tract sur le sujet).

Le SNJ rappelle que ces duplex ne doivent s’effectuer que sur la base du volontariat, et qu’un refus ne peut donner lieu à sanction. La transmission ne fait pas partie du travail des équipes à la base et des missions des JRI en particulier, qu’ils travaillent à Paris, en Outre-mer, dans les bureaux à l’étranger ou en régions. En cas de litige avec le chef de service, rappeler l’accord collectif de 2013 qui précise la définition des fonctions des rédacteurs et journalistes reporters d’images. (Voir ici l’accord collectif d’entreprise, page 280.)

Un refus ne relève pas seulement de la responsabilité des JRI. Les rédacteurs ou rédactrices peuvent aussi s’opposer à l’utilisation de ces moyens de direct low cost. La solidarité au sein des équipes de reportage doit évidemment prévaloir.Alors ne l’oublions pas : il n’est jamais trop tard pour dire non !

Paris, le 13 septembre 2022

Notre tempo n’est pas le vôtre !

RÉGIONALISATION DE FRANCE 3

Le projet de suppression des éditions nationales « Tempo » est à rebours de l’histoire de France 3. Il veut rayer d’un trait de plume une information nationale de qualité, qui a fait ses preuves en termes d’indépendance éditoriale et d’audience.

La direction distribue de la ciguë à la rédaction nationale, en faisant un cadeau empoisonné au réseau régional, car la présidente de FTV l’a annoncé : il n’y aura pas de hausse des effectifs dans les régions. Les moyens resteront constants, et donc insuffisants, pour toutes les éditions, TV et numérique.

Alors à quoi ressemblera ce projet funeste ?

La direction du réseau a présenté aux élus du CSE son plan d’évolution des JT régionaux.

Un document édifiant, où l’on nous demande de faire par visio, UTS ou aviwest  « plus de directs chez les gens » ou de les interroger « sur ce qu’ils feraient s’ils étaient députés ».

Voilà un pseudo-journalisme qui prône sans complexe un anti-parlementarisme de comptoir, où le journal d’information devient «  les téléspectateurs ont la parole ».

Pas une seule fois n’est évoqué le terme « d’enquête », qui semble banni à jamais du langage de la direction. Quant au mot « reportage », il disparaît pratiquement de la réflexion au profit de vagues chroniques, dites interactives.

Pour couronner le tout, on apprend que les ateliers de réflexion (comme pour le 18h30 naguère) seront composés uniquement de cadres et de présentateurs. Les reporters de terrain n’ont plus la parole ni droit de cité.

Quelle indigence ! La télévision régionale se fera-t-elle encore demain avec des reportages ?

On peut en douter et on serait tenté de dire également : tout ça pour ça !

Nous, journalistes, défendons une information de qualité, car c’est notre mission première.

N’en déplaise à nos têtes pensantes de la direction, la pluralité, l’investigation et le reportage font partie des fondements de notre profession. Ces pratiques professionnelles sont toujours plébiscitées par les téléspectateurs et les internautes.

Nous ne laisserons pas les coudées franches à une direction qui a planifié sciemment la destruction de l’information à France 3. Il en va aussi de l’avenir de l’audiovisuel public dans notre pays, à l’heure des incertitudes sur son  financement à l’horizon 2024, et des menaces de fusion qui pèsent.

Le préavis de grève du 12 septembre, sur le périmètre du Siège de France télévisions, est un coup de semonce, une première étape de la mobilisation. Le SNJ s’opposera par tous les moyens  à ce projet destructeur et mortifère, tant pour la rédaction nationale que pour les antennes régionales.

Paris, le 7 septembre 2022

Suppression des éditions nationales de France 3 : la direction rompt le dialogue social

Déclaration de l’intersyndicale au CSE Siège du 12 juillet 2022

Fait sans précédent, l’ensemble des organisations syndicales du CSE Siège a quitté la salle, après le refus de la direction d’expliquer le projet TEMPO. La suppression brutale des éditions nationales de France 3 aura des conséquences pour de nombreux salariés : journalistes, techniciens, administratifs… En réponse, quelle attitude ont adopté les principaux porteurs du projet ? Pire que le mépris, la politique de la chaise vide. 

Ni la présidente, ni le directeur des antennes et des programmes, ni le directeur de l’information, ni le directeur du réseau régional France 3 n’ont jugé bon de venir s’expliquer face aux élus du Siège. 

Mais où étaient-ils ?

Déjà en vacances après avoir lancé leur bombe à fragmentation ? 

Pas du tout !

Delphine Ernotte, devant sa webcam, répondait « en direct » aux questions posées par les salariés.

Laurent Guimier, était en mission déminage du projet Tempo à France Info puis à la rédaction nationale.

Et ce n’était pas la première fois, puisqu’il avait déjà échangé avec la SDJ de France 2. Celui que certains surnomment « l’illusionniste » a ainsi fait disparaître les corps intermédiaires. M. Guimier n’a pas eu l’aplomb de faire face aux élus du CSE Siège qui sont pourtant les premiers remparts face à ce funeste projet. 

Son courage légendaire, l’aurait-il abandonné ? A-t-il été empêché ?

A-t-il craint de voir ses propos, parfois à géométrie variable, retranscrits dans un procès-verbal ? Que les salariés ne s’y trompent pas, les promesses de la direction dans le cadre de discussions informelles, n’engagent que ceux qui les croient.

En revanche, ce qui est prononcé en CSE fait foi. Depuis vendredi, tout a été fait pour contourner cette instance et éluder le débat avec vos représentants. Un scénario à rebondissements qui a parfois frisé le ridicule. Un point inscrit à l’ordre du jour que le président a d’abord souhaité reporter avant de se raviser à la dernière minute. Le risque d’un délit d’entrave a-t-il conduit la direction à revoir sa copie ? En clair, la proposition faite à vos élus consistait finalement à débattre, mais avec le seul président du CSE qui n’a ni l’expertise, ni la maîtrise du projet. Sans lui faire offense, une mascarade !!!

Une provocation supplémentaire ! Tous les syndicats qui ont dénoncé cette volonté de contourner les instances ont donc décidé de ne pas siéger. L’unanimité dans la volonté de claquer la porte. Une réponse à la hauteur du mépris affiché par la direction qui n’a absolument pas pris la mesure de la détresse et de l’inquiétude des salariés. Le président de l’instance a ensuite fait le choix de dérouler les points à l’ordre du jour, en l’absence des organisations syndicales. 

Une stratégie non pas de dialogue social mais de monologue social que vos élus dénoncent unanimement car elle n’augure rien de bon… Avec le projet Tempo, la direction est à contretemps pour ne pas dire à côté de la plaque. 

Cela ne fait aucun doute, la rentrée sera chaude à France Télévisions. Les organisations syndicales vous assurent de leur vigilance et de leur mobilisation pour que Tempo ne soit pas un projet de destruction massive.

Paris, le 12 juillet 2022

Forfait mobilité durable: le SNJ ne portera pas les bidons !

L’accord sur le forfait mobilité durable vient d’être remis à la signature par la direction de Ftv. Mais ce sera sans le Snj.
Évidemment, nous ne sommes pas opposés à ce forfait qui permet à environ 700 salariés d’utiliser un vélo pour venir travailler. L’idée est bonne car aujourd’hui chacun peut désormais choisir entre les transports en commun et sa bicyclette, en location ou en propriété.
Nous avons donc logiquement soutenu ce projet qui s’est appliqué dès 2021, initialement pour un an.
En mai dernier, malgré un retard de six mois et avant de signer à nouveau cet accord, la direction devait nous présenter un bilan de la mesure. Or, lors de cette réunion, rien, aucun document ne nous a été fourni ! Vous avez pu lire dans un tract intersyndical que nous dénoncions cette désinvolture.

Aujourd’hui il nous est proposé de reconduire cet accord, applicable jusqu’à fin décembre 2022. On nous dit que les documents d’étude que nous demandions seront présentés en septembre, mais c’est un peu tard ! Nous ne voulons pas signer sans savoir.

Les autres organisations syndicales ont décidé de parapher l’accord. C’est leur choix.
Mais même sans aucune signature, la direction aurait la possibilité de maintenir le dispositif. Alors, on ne peut pas dire que signer c’est protéger les salariés qui bénéficient de la mesure.
Nous agissons simplement en cohérence, estimant que l’on ne peut pas critiquer en mai et signer en juin. Alors que rien n’a changé.

Paris, le 5 juillet 2022