CSE Central du 13 septembre 2021 : préalable du SNJ

Le monde du football vient de clore son « mercato ». Cette période de transhumance financière qui voit des joueurs changer de club, parfois à contrecœur, quand ils sont un enjeu économique loin des destinées sportives.

Certains de nos professionnels sont en train de vivre le même sort. Puisque la direction de France Télévisions veut les transférer sans leur aval à France TV Studio, ce sont les salariés qui vont le payer au prix fort.

Un simple transfert d’actifs, avec en prime plus de 80 salariés, et tout cela pour ne plus assurer la gestion directe d’émissions historiques : « Thalassa  », « Télématin », « Passage des Arts », «  Des Racines et des Ailes », « Des Chiffres et des Lettres » et « Faut pas Rêver » …

Ces programmes emblématiques du service public seront donc produits par la filiale France TV Studio, mais avec quelles garanties ? Le document qui décrit l’opération et que les élus ont pu consulter après la victoire en justice des instances, reste bien flou sur les conditions de ces transferts. La pérennité des emplois n’est pas assurée, le recours prioritaire à la Fabrique pour la production des émissions n’est pas suffisamment étayé… On constate également une faille dans la démonstration. Il sera permis de faire appel à du personnel France Télévisions pour animer telle ou telle émission !

Alors pourquoi transférer des salariés qui pourraient tout à fait garder les contrats les liant à la maison mère ? Est-ce que les nouvelles têtes de pont de « Télématin » vont toutes être affiliées à France TV Studio même si elles travaillent pour d’autres émissions du groupe ?
Trop de questions sans réponse.

C’est la raison pour laquelle nous réitérons notre revendication première : les salariés concernés doivent conserver leurs contrats France Télévisions pour être totalement protégés, notamment d’un éventuel arrêt des émissions auxquelles ils collaborent.

La présidente fait un choix politique dangereux en transférant ces salariés. Notre vision du service public, telle que nous l’avions présentée devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, est fondée sur la nécessaire exemplarité dans la défense des salariés et des contenus.

Ce projet met clairement en péril l’égalité de traitement entre salariés ; comme un service public à deux vitesses, avec une seule variable d’ajustement : nous !

Paris, le 13 septembre 2021

Le SNJ condamne le contrôle de police «musclé» d’un monteur de France 2 Bordeaux

Un monteur du bureau de France 2 Bordeaux a été choqué, ce mercredi 1er septembre 2021, par le comportement des policiers qui lui ont fait subir un contrôle musclé aux abords du palais de justice de la capitale girondine.

Le JRI et le rédacteur étaient en train de couvrir l’ouverture du procès d’un gros bonnet de la drogue, présenté comme le « roi du shit » en France.

Alors que ce monteur se garait dans une rue adjacente, cinq policiers portant des gilets pare-balles et lourdement armés l’ont bombardé de questions, trouvant son comportement « anormal ».

Pourtant, notre collègue a gardé son calme, et rien ne justifiait ce qui s’est passé par la suite.

Ces représentants des forces de l’ordre l’ont pincé au bras puis fouillé, avant de jeter son portefeuille dans son véhicule. Des propos intolérables ont été tenus : « Il va être beau ton reportage, de toute façon à la télé, vous faites que de la merde ».

L’équipe du bureau de France 2 Bordeaux a signalé les faits au service communication de la DDSP (direction départementale de la sécurité publique).

Le SNJ condamne avec la plus grande fermeté cette attitude agressive et insultante de la police à l’égard d’un membre d’une équipe de reportage. Nous demandons à la direction de l’information de France Télévisions d’interpeller les autorités afin que de tels faits ne se reproduisent pas.

Paris, le 1er septembre 2021

Nouvelle agression d’un journaliste de France Télévisions

Dimanche dernier, le 15 août, un journaliste de France 3 Rouen a été lâchement agressé lors d’un tournage. Il a reçu un coup dans la nuque alors qu’il s’apprêtait à enregistrer un plateau de situation à Saint Etienne du Rouvray suite à une fusillade. Notre collègue a été très choqué et a immédiatement quitté les lieux avec le JRI. La direction a porté plainte.

Le Syndicat National des Journalistes tient à assurer ces deux confrères de son total soutien et condamne fermement ces actes de violence qui sont la négation même de toute liberté d’informer. Par ailleurs, l’équipe victime de cette agression avait déjà subi de multiples insultes la veille lors d’une manifestation anti-pass sanitaire.

A Caen samedi, des manifestants ont fait le siège devant la station de France 3 en proférant là aussi des insultes et en taguant les murs.

Depuis quelques années, les conditions de tournage se durcissent, des journalistes sont attaqués, physiquement ou verbalement.

Le droit à l’information reste un principe intangible de notre démocratie et nous serons toujours aux côtés de nos confrères et consœurs qui défendent ces valeurs en exerçant leur métier. Le SNJ reste vigilant quant aux conditions de sécurité indispensables à l’exercice de la profession de journaliste, qu’il faut préserver en toute circonstance

Paris, le 17 août 2021

La justice annule le licenciement du grand reporter Joseph Tual

Ce vendredi 18 juin 2021,le conseil des prud’hommes de Paris a donc annulé le licenciement de notre confrère Joseph Tual.

Ce grand reporter, figure de la rédaction nationale de France 3, avait été mis à la porte en 2018, après plus de trente ans passés dans les rédactions du service public, et alors même qu’il luttait contre une grave maladie.
Ce licenciement était totalement disproportionné au regard des faits allégués. La direction reprochait notamment à Joseph Tual d’avoir relayé et commenté sur les réseaux sociaux des textes d’organisations (syndicats, SDJ…) critiques à l’égard des patrons de l’Information de France Télévisions.
Les syndicats SNJ et SNJ-CGT étaient justement intervenants volontaires dans cette procédure, en soutien de notre confrère. Le conseil des prud’hommes a jugé notre intervention syndicale recevable, au titre du « préjudice causé à la profession de journaliste ».

La direction a quelques semaines pour faire appel de cette décision de justice, dont les motivations précises doivent être communiquées d’ici quelques jours. Nous y reviendrons très prochainement dans un nouveau texte.
Quoi qu’il en soit, nous sommes ravis pour Joseph Tual, dont la ténacité dans ce combat est une nouvelle fois exemplaire.
Le SNJ se félicite de cette décision du conseil des prud’hommes de Paris, qui a su entendre les arguments brillamment développés lors de l’audience par maître Joyce Ktorza. L’avocate, qui plaidait à la fois pour Joseph Tual et pour les syndicats de journalistes, a rappelé les faits (un grand reporter qui conteste des choix éditoriaux et le traitement de ses enquêtes) et le contexte (la fusion des rédactions nationales, la mise à l’écart de plusieurs professionnels reconnus, un management brutal infligé à de nombreux « anciens  »).

Méthode indigne contre un représentant du SNJ

Le SNJ déplore en revanche certains passages choquants de la plaidoirie de l’avocat mandaté par la direction, notamment ceux où l’honnêteté de plusieurs salariés de France Télévisions a été mise en cause.
L’un de nos délégués syndicaux, qui avait produit une attestation en faveur de Joseph Tual, a été particulièrement visé. Selon l’avocat de la direction, ce confrère ne serait là que pour « instrumentaliser » la procédure afin de servir ses propres intérêts ! Devant la justice prud’homale, il est expliqué que cet élu du personnel ne peut pas être de bonne foi, puisqu’il a été « candidat à la présidence de France Télévisions »  !

Au-delà de l’aspect grotesque de cette allégation, il est honteux de voir une direction, par l’intermédiaire d’un avocat, agir ainsi contre l’un des nôtres, délégué SNJ régulièrement élu par les salariés !
Avoir porté devant le CSA un projet différent de celui de la présidente était parfaitement légitime, et ne discrédite en rien l’action sincère d’un représentant du personnel !
Nous exigeons que la direction cesse d’employer des méthodes indignes qui ne servent aucune cause valable et ne font qu’abîmer les relations sociales au sein de notre entreprise.

Paris, le 21 juin 2021

Soutien aux éclairagistes et électriciens de plateaux en grève

Le SNJ l’a dit devant les élus du Comité Social et Economique du siège, il soutient avec force le mouvement de grève des éclairagistes et des électriciens de plateaux. Un mouvement qui a débuté aujourd’hui.
Il fait suite à l’avis négatif rendu à l’unanimité des élus et syndicats du CSE sur le projet d’évolution du système d’éclairage des plateaux du siège.

Un projet destructeur pour l’emploi, les conditions de travail, et qui fait fi des conditions de sécurité déplorables des installations électriques révélées par l’expertise du CSE.

Au regard d’une direction qui a choisi l’épreuve de force et le conflit social, le Syndicat National des Journalistes réitère son soutien aux salariés concernés et demande à la direction de reprendre la négociation.

Nous appelons nos adhérents et sympathisants à rejoindre le mouvement pour lui donner un peu plus d’ampleur encore.

Paris, le 14 juin 2021

Audience syndicale : plus que jamais, le SNJ s’impose comme la première organisation de la profession

La Direction générale du travail a rendu public, ce mercredi 26 mai, les chiffres de l’audience syndicale au niveau national interprofessionnel et dans les branches, sur le cycle électoral 2017-2021. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) enregistre une très forte progression de ses résultats puisque notre audience passe de 37,83% à 40,42%. Depuis la mise en place de la représentativité syndicale en 2008, le SNJ n’avait jamais atteint un tel score !

Plus que jamais, le SNJ s’impose comme la première organisation de la profession.

Le paysage syndical dans la branche des journalistes est chamboulé puisque la CFDT-Journalistes passerait devant le SNJ-CGT. Surtout, le SGJ-FO n’atteindrait pas les 8% d’audience lui permettant de rester représentatif chez les journalistes.

La représentativité syndicale détermine le poids de chaque organisation, qui leur donne accès aux négociations d’accords de branche, alors qu’une Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI) vient d’être créée chez les journalistes. La mesure de représentativité syndicale des journalistes doit faire l’objet d’un arrêté en septembre prochain. En tenant compte de l’audience ainsi obtenue, le SNJ devrait peser 49,12% dans la branche n°1480 des journalistes.

Le SNJ, leader dans la profession, remercie ses militantes et ses militants, ses adhérentes et adhérents des différentes sections qui font confiance à son expertise, ses compétences et ses conseils. Le SNJ remercie les journalistes qui lui ont accordé leur voix lors des précédents scrutins électoraux dans les entreprises de presse et lors des élections dans les très petites entreprises.

L’Union syndicale Solidaires, dont le SNJ est membre fondateur, a recueilli une audience syndicale de 3,68% au niveau national interprofessionnel, soit une progression de 0,22 point.

L’Union syndicale Solidaires est représentative dans 30 branches professionnelles dont sept dans le secteur des médias (notamment grâce aux voix du SNJ).

Document(s) joint(s) : PDF iconCommuniqué Solidaires audience syndicale 260521 – Office spreadsheet iconAudience branches HCDS 260521

Paris, le 28 Mai 2021

DECLARATION LIMINAIRE INTERSYNDICALE, 21 mai 2021 – Projet d’Avenant Rémunération de l’accord collectif, le compte n’y est pas !

Alors qu’un nouvel avenant « rémunération » devait être signé avant le début de la négociation annuelle obligatoire (déterminant les augmentations individuelles 2021), les organisations syndicales représentatives FO, CFDT, CGT et SNJ déplorent le manque d’ambition affiché par la direction pour permettre la conclusion de ce nouvel avenant 11.

Elles ne l’ont donc pas signé, et demandent, en ouverture de la NAO, la poursuite des négociations, en remettant sur la table certaines revendications qui n’ont pas été prises en compte lors de la rédaction de la version mise à la signature.

Certes, des avancées ont été actées dans le projet d’accord :

  • Augmentation minimale fixée à 2% du salaire de base, avec un plancher à 620 €
  • Indication en pourcentages de l’écart entre le salaire et le salaire médian correspondant.
  • Forfait-jours à 5 % immédiatement.

Mais nous estimons que le nouvel avenant doit aussi être l’occasion d’acter des garanties supplémentaires. Les organisations syndicales représentatives se sont  concertées, afin de vous présenter leurs propositions :

  • Primes ponctuelles : nous demandons le plafonnement de l’enveloppe des primes à 10% de la RMPP.
  • Traitement des disparités : Priorité aux salariés dont la rémunération est inférieure à 95% de la tendance de rémunération 
  • Prévention des disparités :
  • priorité aux salariés n’ayant bénéficié d’aucune revalorisation individuelle depuis 3 ans et plus 
  • Examen à 3 ans de la situation du salarié : le salarié bénéficie d’une mesure individuelle tous les 3 ans; en cas de refus d’attribution de la mesure,  ce refus doit être argumenté et des dispositions doivent être prises pour permettre au salarié de bénéficier d’une mesure l’année suivante (formation, remise à niveau, évaluation des compétences, etc.). Au cours de l’entretien annuel qui est mené l’année des 3 ans, le responsable hiérarchique expliquera sa décision au salarié concerné (p. 8).
  • Une mesure automatique est attribuée à 4 ans (au lieu de 5).
  • Salaires d’embauche : nous demandons qu’il soit écrit que le salaire à l’embauche ne peut se situer en dessous de la courbe de tendance.

Nous demandons également que le périmètre de cette courbe de tendance soit bien celui de l’entreprise FTV.

  • Pas de cumul de mesures 2 années de suite, sauf pour les salariés en disparité.
  • Gel de mesures individuelles pour l’encadrement, dont les salaires sont supérieurs de x % à la médiane. Notre objectif est de réduire les écarts entre encadrement et salariés « de terrain »
  • Nous demandons un palier d’ancienneté à 35 ans pour les journalistes (30%)
  • Paliers et fonctions des journalistes : l’accès à la fonction JS après 15 ans d’ancienneté et après 20 ans pour la fonction GR doit être acté.
  • Durée de stationnement sur une fonction et un palier : ce point doit être rediscuté.
  • Nous demandons communication, comme en 2020, du tableau RH « Courbes de tendance au 1er janvier 2021 PTA et journalistes »
  • Comités locaux des salaires : L’encadrement concerné, chef de service ou rédacteur en chef, qui décide des mesures et peut éclairer le comité sur ses choix, doit y participer.
  • Comité salaires : le comité doit pouvoir examiner la situation salariale des encadrants qui le souhaitent.
  • Informations communiquées aux membres du comité : Le comité doit pouvoir travailler à partir des courbes de tendance entreprise, qui seraient la référence pour évaluer la situation des salariés. Ces courbes de tendance FTV doivent être fournies aux membres des comités suffisamment en amont.

Les tableaux proposés doivent différencier les éléments qui composent le salaire : salaire de base, prime d’ancienneté, primes intégrées, reconversion, CC ou biqual.

LE SNJ, la CFDT, la CGT et FO

Paris, le 21 mai 2021