Déclaration liminaire des élus SNJ au CSE réseau régional des 28 et 29 septembre 2021

LE CHANGEMENT, C’EST POUR QUAND ?

(EPISODE 2 / SAISON 1)

Il y a tout juste un mois, Monsieur Martinetti, vous avez répondu aux différents liminaires des élus lors du CSE d’Aout en présentant votre feuille de route.
Vous vouliez replacer l’humain au cœur des évolutions technologiques, aller au bout des choses en matière de santé, et instaurer un dialogue social renouvelé, apaisé, constructif…
Un mois plus tard que constatons-nous ?

Le projet de Régionalisation continue sa marche de bulldozer.

On nous parle de tester l’automate à Strasbourg pour nous faire avaler une pilule grossière sans ériger le moindre garde fous pour les salariés.
Cette nouvelle expérimentation sous forme d’une plateforme de test c’est justement ce que l’inspecteur du travail de Rouen avait dénoncé en son temps.

M. Dagognet a beau faire de jolis moulinets pour nous annoncer sa transformation régionale, nous constatons qu’aucun moyen sérieux de financement n’est mis en œuvre et que la seule nouveauté consiste à faire revenir par la fenêtre une régie automatisée dont l’expérimentation à Rouen fut un échec cuisant pour cette même direction.

Au sujet des évolutions numériques, la direction ne s’appuie que sur les demandes d’internautes sondés et non pas sur une réflexion éditoriale des rédactions régionales.

Un travail mené lors d’ateliers principalement fréquentés par des rédacteurs en chef et des pilotes web. Une réforme télécommandée en somme, bien au-dessus de la direction du réseau.

Où est donc le changement ?

En matière de santé, la direction a multiplié les bonnes paroles et les jolies intentions : management participatif, bienveillance, accord santé et bien-être au travail. Pourtant, depuis deux ans, malgré de multiples alertes, pas de réponse de la direction sur les dérives autoritaires et claniques d’un rédacteur en chef.

Dérives confirmées et étayées dans l’expertise diligentée par le CSE sur l’antenne de Montpellier.

Une expertise édifiante par le nombre de salariés concernés, par la gravité des atteintes individuelles et par la durée de « déviances managériales régulières  ».Un manager autocratique qui est toujours présent dans l’encadrement de la rédaction de Montpellier.

Est-ce cela aller au fond des choses ? Est-ce cela instaurer un dialogue apaisé et constructif ?

Aujourd’hui, votre responsabilité est donc grande face à ces manquements à la sécurité et à la santé des salariés de la part de l’employeur.

Des décisions rapides sont nécessaires, le collectif de travail les attend. Elles seront scrutées de près par les salariés et par leurs élus.

Quant au traitement de la crise sanitaire, il est toujours aussi lent : nos journaux télévisés continuent de faire des reportages vantant les mérites des capteurs de CO2 ou les purificateurs d’air, indispensables en matière de détection et d’assainissement des espaces de vie au travail.

Mais à France télévisions, la direction attend toujours de voir s’il existe de meilleurs capteurs que les modèles chinois jugés peu fiables. S’ajoutera à cela le temps nécessaire à un futur appel d’offre. Un temps de réaction totalement en décalage avec l’urgence sanitaire.

Dans la même idée, les nouveaux bâtiments à Pau, comme récemment à Tours, n’ont fait l’objet d’aucune réflexion posée ni même d’un débat éclairé sur les espaces de travail partagés en temps de pandémie.

Et contrairement à de grandes entreprises, France TV continue de gérer l’immobilier comme si la Covid-19 n’avait jamais existé.

A France 3 , la tête du réseau a changé mais les vieilles méthodes perdurent.

Alors… le changement, c’est pour quand exactement ?•

Paris, le 28 septembre 2021

Une rentrée particulière

Préalable des élus SNJ au CSE Siège des 15 & 16 septembre 2021

Des grands projets de la direction ces dernières années, certains ne retiennent que leur mise en place et leur évolution. Trop facile d’oublier les absences d’explications, les passages en force, les salariés abimés, et au bout du compte peu importe, parce qu’une idée chasse l’autre dans la tête de nos dirigeants ! La fusion des rédactions nationales, les multiples réformes des ressources humaines, les changements de pieds dans l’organisation de l’entreprise, un jour transversale un jour en silo et vice versa. Il y a de quoi donner le tournis…

Nous avons sans relâche dénoncé ces pertes de repères pour les salariés, ballotés par les nombreux mouvements hiérarchiques. En ligne de mire, les salariés des programmes affectés par le transfert de la gestion directe d’émissions vers France Télévisions Studio ! Comme le CSE Siège, le CSE Central vient de dire non au projet proposé par la présidence. Le SNJ s’oppose donc une fois de plus, clairement, au transfert des salariés. Ils doivent rester sous contrat France Télévisions SA.

Une revendication qui doit être entendue, comme doit l’être également ce que nous réclamons depuis des années à la rédaction nationale ! Les éditions ne doivent plus être les seules maîtres à bord. Il faut de toute urgence rééquilibrer les choses pour que l’éditorial reprenne ses droits et que les journalistes soient placés au cœur du dispositif. Cet engagement, pris par la nouvelle direction de l’information, doit se mettre rapidement en place, maintenant que le nouvel organigramme est installé. Nouveaux directeurs adjoints, nouveaux présentateurs, nouveaux rédacteurs-en-chef, nouveaux cadres dans les services…

Mais cela ne suffit pas. Nous ne sommes pas dupes ! Derrière tous ces changements, nous attendons un projet éditorial respectant les métiers, en particulier celui de journaliste.

De ce point de vue, les premières tendances qui émergent de cette rentrée sont loin d’être satisfaisantes. Un 13 heures ultra rubriqué transformant parfois les journalistes en guides touristiques, un 19/20 sans nouveau souffle, un 20 heures chantre du casting qui rend beaucoup de journalistes invisibles, et enfin un 12/13 fabriqué, parfois, avec les faibles moyens du bord… Il faut immédiatement renforcer les moyens alloués a l’élaboration des journaux à l’heure où des efforts semblent être consentis partout dans l’entreprise, sauf à l’information au quotidien.

A l’instar d’une direction qui préfère investir dans les bougies de France Info plutôt que dans le gâteau ! Se féliciter des 5 ans de la chaine est bien normal, mais ne rien faire pour régler les problèmes de la 27 pour la rendre encore plus performante est désolant ! Emploi, situation de certains salariés, organisation éditoriale… il y a encore beaucoup à faire pour que l’info s’éclaire vraiment et tout le temps.

Nos défis sont nombreux en cette année présidentielle, et au-delà des quelques émissions vitrines réservées à quelques-uns, comme d’habitude. La démocratie n’est pas un projet d’entreprise mais un enjeu de société ! A France Télévisions, afin de préserver le niveau d’exigence d’une information de service public digne de ce nom, soyons exemplaires, c’est notre seule mission !

Paris, le 15 septembre 2021

CSE Central du 13 septembre 2021 : préalable du SNJ

Le monde du football vient de clore son « mercato ». Cette période de transhumance financière qui voit des joueurs changer de club, parfois à contrecœur, quand ils sont un enjeu économique loin des destinées sportives.

Certains de nos professionnels sont en train de vivre le même sort. Puisque la direction de France Télévisions veut les transférer sans leur aval à France TV Studio, ce sont les salariés qui vont le payer au prix fort.

Un simple transfert d’actifs, avec en prime plus de 80 salariés, et tout cela pour ne plus assurer la gestion directe d’émissions historiques : « Thalassa  », « Télématin », « Passage des Arts », «  Des Racines et des Ailes », « Des Chiffres et des Lettres » et « Faut pas Rêver » …

Ces programmes emblématiques du service public seront donc produits par la filiale France TV Studio, mais avec quelles garanties ? Le document qui décrit l’opération et que les élus ont pu consulter après la victoire en justice des instances, reste bien flou sur les conditions de ces transferts. La pérennité des emplois n’est pas assurée, le recours prioritaire à la Fabrique pour la production des émissions n’est pas suffisamment étayé… On constate également une faille dans la démonstration. Il sera permis de faire appel à du personnel France Télévisions pour animer telle ou telle émission !

Alors pourquoi transférer des salariés qui pourraient tout à fait garder les contrats les liant à la maison mère ? Est-ce que les nouvelles têtes de pont de « Télématin » vont toutes être affiliées à France TV Studio même si elles travaillent pour d’autres émissions du groupe ?
Trop de questions sans réponse.

C’est la raison pour laquelle nous réitérons notre revendication première : les salariés concernés doivent conserver leurs contrats France Télévisions pour être totalement protégés, notamment d’un éventuel arrêt des émissions auxquelles ils collaborent.

La présidente fait un choix politique dangereux en transférant ces salariés. Notre vision du service public, telle que nous l’avions présentée devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, est fondée sur la nécessaire exemplarité dans la défense des salariés et des contenus.

Ce projet met clairement en péril l’égalité de traitement entre salariés ; comme un service public à deux vitesses, avec une seule variable d’ajustement : nous !

Paris, le 13 septembre 2021

Un transfert au prix fort… pour les salariés !

Préalable du SNJ au CSE extraordinaire Siège du 3 septembre

Le monde du football vient de clore son « mercato ». Cette période de transhumance financière qui voit des joueurs changer de club, parfois à contrecœur, quand ils sont un enjeu économique loin des destinées sportives.
Certains de nos professionnels sont en train de vivre le même sort. Puisque la direction de France Télévisions veut les transférer sans leur aval à France TV Studio, ce sont les salariés qui vont le payer au prix fort.

Un simple transfert d’actifs, avec en prime plus de 80 salariés, et tout cela pour ne plus assurer la gestion directe d’émissions historiques : « Thalassa  », « Télématin », « Passage des Arts », «  Des Racines et des Ailes », « Des Chiffres et des Lettres » et « Faut pas Rêver » …

Ces programmes emblématiques du service public seront donc produits par la filiale France TV Studio, mais avec quelles garanties ? Le document qui décrit l’opération et que les élus ont pu consulter après la victoire en justice des instances, reste bien flou sur les conditions de ces transferts.

La pérennité des emplois n’est pas assurée, le recours prioritaire à la Fabrique pour la production des émissions n’est pas suffisamment étayé… On constate également une faille dans la démonstration. Il sera permis de faire appel à du personnel France Télévisions pour animer telle ou telle émission !

Alors pourquoi transférer des salariés qui pourraient tout à fait garder les contrats les liant à la maison mère ? Est-ce que les nouvelles têtes de pont de « Télématin » vont toutes être affiliées à France TV Studio même si elles travaillent pour d’autres émissions du groupe ?

Trop de questions sans réponse.
C’est la raison pour laquelle nous réitérons notre revendication première : les salariés concernés doivent conserver leurs contrats France Télévisions pour être totalement protégés, notamment d’un éventuel arrêt des émissions auxquelles ils collaborent.

La présidente fait un choix politique dangereux en transférant ces salariés. Notre vision du service public, telle que nous l’avions présentée devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, est fondée sur la nécessaire exemplarité dans la défense des salariés et des contenus.

Ce projet met clairement en péril l’égalité de traitement entre salariés ; comme un service public à deux vitesses, avec une seule variable d’ajustement : nous !

Paris, le 3 septembre 2021