Égalité professionnelle femmes-hommes : avec le SNJ, on continue la lutte !

A la veille du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, retour sur l’accord égalité professionnelle femmes-hommes.
Grâce à l’action constante du SNJ, 2021 a été une année d’avancée pour une
meilleure reconnaissance des femmes à France Télévisions.

Le SNJ s’est pleinement impliqué dans la négociation d’un nouvel accord, bien meilleur que le précédent que nous n’avions pas signé, parce qu’il était insuffisant. Le nouvel accord apporte des changements positifs, principalement un dispositif complet de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, et une enveloppe spécifique de rattrapage des disparités en défaveur des femmes.

Les négociateurs du SNJ ont amené dans la négociation de nombreux amendements qui figurent aujourd’hui dans l’accord 2021/2024 que nous avons donc signé. (Cf Newsletter Egalité)

Pour autant, la lutte pour une meilleure équité ne s’arrête pas là et doit se poursuivre.

Sur les salaires tout d’abord. Deux enveloppes spécifiques de rattrapage en 12 ans (2009 et 2021), c’est mince pour une entreprise comme France Télévisions qui prétend à l’excellence sur ce sujet (notamment via le label Afnor diversité) et à crever le plafond de verre. Certaines entreprises, privées ou publiques, prévoient des rattrapages chaque année.

L’enveloppe 2021, qui devait bénéficier à 343 femmes dans l’entreprise, en a finalement concerné 286 dont 151 techniciennes et administratives et 131 journalistes. Si l’effort financier a été important, il n’a pas réglé toutes les disparités que la direction prétendait pourtant effacer d’un seul trait.

Pour les journalistes, avant 2021 la cartographie des différences de salaires n’incluait pas notamment les paliers de grand reporteur.

Certaines femmes, et aussi des hommes restent à la traîne à cause d’un niveau de salaire insuffisant au recrutement.

Chez les technicien.ne.s et administratif.ve.s, dans certains groupes de classification, se retrouvent plusieurs métiers, les uns majoritairement masculins, les autres à forte dominance féminine. Même si la direction étudie ces disparités par métier, le calcul est parfois faussé.

Enfin la direction a mis en place un observatoire de l’évolution des carrières qui doit être développé pour les fonctions de journalistes.

Sur un meilleur équilibre dans les effectifs, l’effort doit être poursuivi et intensifié pour féminiser certains métiers techniques comme les OPS et masculiniser d’autres fonctions comme la gestion RH ou la communication. Cela doit passer par une augmentation des alternant.e.s dans ces domaines. Et à plus long terme, par des relations plus étroites avec les collèges et lycées.

Sur la place de femmes sur les antennes, de gros efforts ont été consentis ces dernières années : un plus grand nombre de femmes présentatrices, animatrices d’émissions de débats, plus d’expertes, plus d’héroïnes de fictions. Mais la visibilité de quelques-unes ne doit pas cacher que cette volonté touche moins le réseau régional (France 3) et les Outre-mer (les 1ères), et très peu les journalistes correspondants à l’étranger. Souvent le naturel revient au grand galop, comme on l’a vu à l’occasion de la crise sanitaire avec des antennes souvent occupées par des spécialistes hommes, médecins ou scientifiques.

● Enfin, sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, l’application de ce tout nouveau chapitre dans l’accord devra être accompagné de nombreuses formations pour les encadrants, les responsables des ressources humaines comme pour les salariés.

Car les mentalités évoluent très lentement sur ce sujet. C’est un progrès, encore faut-il s’approprier les principales mesures contenues dans ce chapitre. Le SNJ, en pointe dans l’accompagnement des collègues dans certaines affaires ces dernières années, veillera scrupuleusement à son application.

Le SNJ s’engage à continuer de se battre pour cette question essentielle de l’égalité professionnelle.

Le SNJ compte sur vous, femmes et hommes, pour lui donner le moyen de continuer son action. Votez et faites voter pour les candidat.e.s SNJ du 10 au 16 mars 2022 !

Paris, le 7 mars 2022

Mobilisation à Antibes

Les personnels de France 3 d’Antibes manifestent ce matin devant la mairie de Nice pour s’opposer à leur déménagement sur le site de la Victorine voulu par la Présidente de France TV.

Non à l’utilisation de 15 millions d’euros d’argent public pour construire un bâtiment qui sera donné à la mairie de Nice ! Mettez plutôt l’argent dans les programmes et l’information !

67 % de grévistes à France 3 Côte d’Azur :
un score jamais atteint !

Pas de JT à midi
Pas de JT ce soir
Pas de 18h40

Antibes, le 4 mars 2022

Non aux « placards » de fin de carrière !

France Télévisions condamnée pour manquement à l’obligation de sécurité

Six mois après avoir reconnu des faits de harcèlement moral au sein du service « Société » de la rédaction nationale, la direction de France Télévisions vient d’être condamnée pour la gestion de la fin de carrière d’un journaliste de « Faut Pas Rêver ». Ces dérives managériales visant trop souvent les « seniors » ne sont pas une fatalité : désormais reconnues par tous, elles doivent disparaître de nos rédactions. 

« En décidant d’interdire à monsieur A. l’exercice de sa profession de grand reporter, la société France Télévisions a profondément ébranlé son salarié, a pris un grand risque sur sa santé mentale et a ainsi commis un grave manquement à son obligation de sécurité ». 

Cette phrase est extraite d’un jugement du conseil des prud’hommes de Paris, rendu en novembre 2021, qui condamne France Télévisions pour « manquement à l’obligation de sécurité de résultat ».  La direction de France Télévisions ayant décidé de ne pas faire appel du jugement, celui-ci est donc définitif, et l’entreprise devra indemniser la victime de ces agissements.

Cette victime est l’un de nos confrères, récemment retraité, et qui a subi une fin de carrière indigne du service public. Grand reporter pendant 25 ans pour le magazine « Faut Pas Rêver », A. est victime d’un grave accident du travail lors d’un tournage en 2014. Sa longue convalescence s’accompagne d’une défiance injustifiée et d’humiliations professionnelles infligées par l’encadrement. Ce dernier décide notamment, de manière brutale et arbitraire, de ne plus lui confier la réalisation de reportages. À près de soixante ans, A. se retrouve donc puni, déclassé. Son activité se limite au « soutien » d’autres journalistes, notamment les présentateurs de « Faut Pas Rêver », avec lesquels il prépare les plateaux de l’émission. Cette exclusion, imposée par l’encadrement du magazine, est mise en pièces par le jugement de novembre 2021 : « la décision prise de priver monsieur A. de travail sur le « terrain » doit s’analyser comme une remise en cause de son poste, de ses fonctions, donc une rétrogradation s’analysant comme une exécution déloyale du contrat de travail ». Rappelons que la direction de France Télévisions n’a pas fait appel de ce jugement. 

A. va subir ce management violent pendant plusieurs années. Son état de santé se dégrade, et notre confrère ne peut plus travailler sereinement.  Affaibli physiquement et psychologiquement, il est licencié pour inaptitude (après avis de la médecine du travail) en 2019. Soutenu par le SNJ, il devra saisir la justice pour que ce management soit condamné et que le préjudice subi soit enfin reconnu… deux ans plus tard. 

La décision des juges dans le dossier de A. fait tristement écho aux conclusions du rapport d’expertise présenté, en juillet 2021, aux élus du CSE du Siège de France Télévisions. Ce rapport détaillait la maltraitance et les brimades infligées à D., journaliste du service « Société » de France Télévisions. Reporter en fin de carrière, D. a lui aussi subi une mise à l’écart et un dénigrement injustifiés pendant plusieurs années, en particulier entre 2011 et 2018. Lui aussi a vu son état de santé se dégrader fortement. Lui aussi a été licencié pour inaptitude, après ce que l’expert a qualifié de « faits constitutifs de harcèlement moral ». Le SNJ avait publié un compte-rendu détaillé de la restitution de ce rapport: CSE-S-15-et-16-juillet-2021.pdf (snj-francetv.fr)

Lors de cette restitution, Laurent Guimier (directeur de l’information) et Michel Dumoret (directeur de la rédaction nationale) avaient déclaré « accepter les conclusions » de l’expert et « en tirer de nombreux enseignements ».  La direction s’était engagée publiquement à indemniser le préjudice subi par D. Lors de cette restitution, le SNJ avait rappelé que le cas de D. n’était malheureusement pas isolé, et que d’autres journalistes ont subi, ou subissent encore, ces « mises au placard » ou déclassements professionnels. Certaines victimes sont actuellement en procédure devant les tribunaux. 

Le SNJ réaffirme sa solidarité avec A., D. et tous les journalistes « seniors » poussés vers la sortie, ou placés dans des impasses professionnelles par leur encadrement. Ce traitement inacceptable est dénoncé par les experts et condamné par la justice ! Depuis des années, les représentants du personnel SNJ combattent ces dérives managériales et exigent que la direction y mette fin. 

Le SNJ soutient nos consœurs et confrères victimes de telles pratiques et les accompagnera devant les tribunaux s’ils le souhaitent. 

Paris, le 28 février 2022

Plateforme numérique commune France Bleu – France 3 : « Ici » ou ailleurs, nous n’en voulons pas !

/// Communiqué commun SNJ France TV / Radio France \\\

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de France Télévisions et de Radio France réaffirme son opposition au projet politique de fusion des sites internet de France Bleu et de France 3 sur une plateforme baptisée « ici ».

Sur le fond, ce projet, mené à marche forcée, n’a pas de sens. Les plateformes web et les applications des deux réseaux ont largement trouvé leur public et sont devenues des sites de référence, notamment en termes d’information locale.

Chaque réseau s’est construit avec des professionnels motivés et volontaires qui, au fil des années, ont trouvé leur propre organisation pour répondre aux besoins des internautes de plus en plus nombreux à consulter nos sites.

Le projet de Groupement d’Intérêt Économique (GIE), qui a été décidé par les directions, risque de détruire tous les efforts consentis par les salariés.

A l’heure du « web first » et du développement des réseaux sociaux, perdre nos plateformes et nos marques, c’est inacceptable !

Sur la forme, plus nous interrogeons nos directions respectives, moins l’organisation future semble claire, en particulier sur la coordination éditoriale, dans les cas d’informations contradictoires, ou d’urgence de publication.

A Radio France, comme à France Télévisions, l’expérience de France Info a laissé des traces et les plaies sont loin d’être refermées, concernant le site de la chaine.

Des moyens pour de vrais projets

Ce n’est pas d’un projet commun dont nos sites ont besoin, mais de vrais moyens pour les faire tourner, dans les rédactions de France 3 et dans les locales de France Bleu.

Il faut des moyens aussi pour enrichir la grille de France 3 le matin, sans passer par l’artifice d’une matinale de radio filmée à peu de frais, et très peu regardée.

Enfin, les réseaux du service public de proximité n’ont pas besoin d’un début de fusion, mais de moyens pour être réellement présents dans les territoires.

Pour porter des projets ambitieux qui respectent les identités, les salariés et le pluralisme de l’information, le SNJ sera toujours là. Il continuera de se battre contre les stratégies dictées par des injonctions politiques absurdes.

Le SNJ appellera les salariés et les organisations syndicales de France télévisions et de Radio France à une mobilisation contre le projet de plateforme numérique commune, qui porte atteinte au pluralisme de l’information, détruit nos emplois, et dégrade nos conditions de travail.

Paris, le 25 février 2022