Liminaire des élus SNJ au CSE Réseau régional des 30 juin et 1er juillet 2021

En premier lieu, le SNJ vous souhaite un bel été
et surtout un repos amplement mérité après une année harassante.

La pandémie nous a tous épuisés, tout comme le calendrier social extrêmement chargé par une direction empressée de faire signer au plus vite bon nombre d’accords.

Un CSE unique qui montre aussi ses limites avec des ordres du jour surchargés et parfois expédiés faute de temps, des visioconférences rendues nécessaires par la crise sanitaire mais qui ont engendré fatigue et frustration.

L’été ne sera pas néanmoins en pente douce avec une grille estivale appauvrie et dépourvue d’originalité avec ici et là des réductions drastiques d’antennes.
La formation des salariés, comme le révèle la commission emploi, n’est pas au beau fixe.
L’emploi est à la traîne, voire carrément sacrifié, puisque tous les départs dans le cadre de la RCC ne sont toujours pas remplacés (plus de 50 départs pour la seule région PACA, une saignée) et que les réductions d’effectifs dans les antennes font déjà des dégâts collatéraux depuis le début d’année avec le 18h30, comme nous le prédisions.
Le déménagement décidé au forceps de France 3 Côte d’Azur ne lasse pas de nous interroger et nous ne sommes pas les seuls car même la presse s’en étonne.

On sait maintenant à quoi est destiné le financement de la régionalisation.
13 millions pour déménager et pas un euro pour les programmes régionaux. Mais nous en reparlerons en temps et en heure dans cette instance.

Une rentrée qui s’annonce déjà maussade sous la bannière d’une régionalisation annoncée avec tambours et trompettes mais qui se présente surtout en pointillé et souvent nez au vent.
La régie automatisée qui sort par la grande porte de l’inspection du travail à Rouen mais qui refait son apparition par la fenêtre en Alsace.

Parlons de l’Humain maintenant.
Des salariés souvent épuisés et démotivés après cette crise sanitaire qui les a tenus éloignés et souvent esseulés. Et leurs représentants, les élus de ce CSE, peu écoutés voire méprisés avec lesquels vous entretenez une relation de défiance.

N’en jetez plus la coupe est pleine, mais malgré tout cela, vous, la direction de cette entreprise et du réseau, demeurez sourde et aveugle.
Les élus ont beau vous alerter à différents niveaux , rien n’y fait.
Vous prenez chaque alerte comme une attaque personnelle alors qu’il s’agit ni plus ni moins pour vous de répondre à une exigence, à une obligation encadrée par la loi : assurer la santé et la sécurité des salariés dans l’entreprise.
Ne vous plaignez plus alors si un jour vous êtes rattrapés par la patrouille.
Demander toujours plus d’antenne à des équipes dont vous réduisez les moyens, cela a un coût humain direct.
Un coût sur la santé physique et psychique des salariés qui se traduit par une perte de sens dans leur travail quotidien .
Interrogez chacun d’eux dans le réseau et ils seront nombreux à vous dire combien ils se sentent dévalorisés dans leur mission de service public de l’information.

Les différentes expertises sur la santé des salariés révèlent de manière criante que des risques psycho-sociaux se multiplient dans le réseau avec un encadrement dépassé et une direction des ressources humaines trop souvent aux abonnés absents ou mal formée sur ce sujet.
Et malgré tout cela, la direction veut encore s’attaquer aux métiers en encourageant la polyvalence et le déclin vers une télévision low cost.

Pour toutes ces raisons, le SNJ affichera sa plus grande vigilance face aux évolutions annoncées.
Il s’agit pour nous de préserver la qualité de l’information sur le service public de la télévision régionale dans l’intérêt des journalistes et de tous les salariés de France 3, mais aussi pour nos téléspectateurs qui doivent être notre priorité.

Le 30 juin 2021

Locales du littoral : une bouteille à la mer ?

Les trois éditions de proximité Nice, Marseille et Toulon doivent fusionner leurs éditions pour proposer une spéciale « locale de la mer  ». En théorie, donner un rendez-vous régulier aux téléspectateurs pour évoquer l’actualité « du littoral » semble être une bonne idée au départ à condition de ne pas empiéter sur l’information de proximité, l’un des mantras de notre mission de service public notamment dans le projet de chaînes régionales cher à Delphine Ernotte.

L’actualité des villes portuaires et les enjeux des zones du bord de mer sont certes riches d’informations. Sauf que mathématiquement, cette fusion des trois antennes de 7 minutes en une seule locale diminue de fait le temps consacré au traitement de l’actualité pour chacune.

Pour le SNJ, ce choix éditorial aurait des conséquences chiffrées sur le temps d’antenne locale et donc en terme éditorial avec moins de sujets en proximité à l’heure où la direction du réseau se gargarise de régionalisation.
On ne peut s’empêcher de penser que, gagner des moyens en mutualisant trois éditions une fois par semaine n’a pas que des vertus sinon économiques.
On nous promet qu’il n’y aura pas de diminution du nombre d’équipes. Maintenant peut-être mais après ?

Cela pourrait être imposé par le réseau dans un contexte toujours plus contraint.

Au SNJ, nous préférons les équations sans inconnue. Partager les moyens pour enrichir des éditions : oui. Les diviser : non.

Alors, jetons une bouteille à la mer : pourquoi ne pas envisager de garder chaque édition locale le vendredi en organisant des possibilités de compléments d’informations des autres locales quand cela se justifie ?
Avec une véritable coordination pour ne pas avoir cet effet de juxtaposition de sujets maritimes locaux. Et si le rendez-vous est pertinent, pourquoi pas une émission supplémentaire sur un nouveau temps d’antenne ? Faut pas rêver ? Et pourquoi pas ? Le pari n’est pas si risqué.

On pourrait même, comme en gastronomie, élargir à la montagne. Un terre et mer pour un menu complet. Ce ne sont pas les idées qui manquent, les équipes en ont. Elles pourraient même envisager , quand cela serait justifié, de proposer des sujets de cette nouvelle tranche dans des éditions d’informations pour concourir à l’effort collectif.

Mais pas au détriment du temps d’info de proximité.

Le SNJ s’oppose à cette mutualisation arbitraire décidée au détriment des équipes des locales de Nice, Toulon et Marseille et au mépris de l’information locale qui est le pilier de notre mission de journalistes en région.

Antibes et Marseille, le 3 juin 2021

JT communs : le monde d’après ?

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ / CGT

Les salariés de France 3 Auvergne regrettent le projet de JT grandes régions, les week-ends de vacances, envisagé par la direction régionale.

Nous rejetons cette perspective qui éloignerait encore un peu plus le téléspectateur de son information locale. Pour preuve, pendant le confinement, le public n’a pas compris la logique de ces JT grandes régions qui n’en ont que le nom. Les retours ont été catastrophiques.

Notre mission de service public se joue 365 jours par an, week-ends compris. Nous nous devons d’offrir une information de proximité et de qualité. Hors confinement, depuis sa création, l’antenne auvergnate a toujours assuré cette continuité, en proposant des magazines le samedi et un JT des sports particulièrement suivi le dimanche soir.

Au fil des années, nous avons su construire et entretenir cette fidélité qui fait de France 3 Auvergne l’une des plus belles audiences du réseau. Un JT grande région, ne serait-ce que le week-end, serait très mal perçu par le public et les salariés.

Pour toutes ces raisons, nous considérons ce projet de mutualisation comme une aberration éditoriale, contraire à l’information de proximité si chère à nos yeux et à ceux de nos téléspectateurs.

Clermont-Ferrand, le 5 mai 2021