Mise en avant

Crise sanitaire : Non au retour de l’information confinée

JT « grandes régions », suppressions d’émissions, travail à domicile imposé jusqu’à 5 jours par semaine : ce sont les règles fixées par la direction dans le cadre de son plan de continuité de l’activité, pour le réseau France 3, au moins jusqu’à fin janvier. Quelle étrange manière de souhaiter la bonne année aux salariés ! Le SNJ dénonce le caractère extrême de ces décisions. Elles portent gravement atteinte à nos missions, en particulier à l’information de proximité, et au respect dû à notre public.

Mais quelle mouche a donc piqué la direction de France TV ? Elle n’a visiblement pas tiré toutes les leçons des deux années de crise sanitaire que nous venons de vivre, tant son plan de continuité de l’activité contient d’incohérences.

Le SNJ considère qu’il y a pourtant des mesures à prendre, dans le respect de notre santé et de nos missions. Voici nos propositions.

Le reportage d’abord

Le télétravail renforcé et imposé, parfois jusqu’à 5 jours par semaine, a prouvé sa nocivité sur la santé psychologique des salariés pendant les premières vagues. Le renforcer aussi massivement est une erreur, d’autant plus qu’il n’y a toujours pas assez de matériel informatique utilisable à domicile pour la plupart des journalistes !

Au contraire, il est indispensable de reconstituer  les binômes pour les reportages. La mesure avait prouvé son efficacité, le risque de contamination étant vite circonscrit. Ce type d’organisation permet d’avoir moins  de gens présents dans les locaux pour les départs et retours de reportages, tout en respectant de bonnes conditions pour le montage dans les locaux.

La constitution des binômes permettait également le maintien de nos missions, en particulier celle de la proximité dans le réseau régional. La direction entendrait habituer notre public à la disparition de cette proximité  qu’elle ne s’y prendrait pas autrement qu’en imposant les JT communs.

Non à l’open space

Au lieu de vider une nouvelle fois les locaux en raison de la crise sanitaire, la direction aurait été mieux inspirée d’écouter les demandes maintes fois répétées du SNJ : il faut réaménager les locaux et en finir avec les open space.

Le web n’est pas une garderie

N’en déplaise à la direction, le web n’est pas une garderie destinée à occuper les journalistes privés de reportages et de JT. Or, une nouvelle fois, les journalistes du réseau régional sont planifiés massivement sur le web. La plupart n’ont pourtant pas bénéficié des formations nécessaires. De plus, la mesure impose une surcharge de travail aux rédacteurs en chef adjoints chargés du numérique.

Enfin, quel dédain pour le travail spécifique réalisé sur le web ! Car nous n’en doutons pas, sitôt la crise sanitaire passée, les effectifs et les moyens dédiés au numérique du réseau régional retrouveront leur niveau ridiculement faible.

Stop aux suppressions d’emplois !

Le plan de continuité d’activité révèle les errances de notre direction dans la conduite de l’entreprise. En supprimant des emplois, comme elle ne cesse de le faire depuis des années, elle a rendu des rédactions et des services exsangues, incapables de faire face à l’absence de quelques salariés. 

Les organisations syndicales qui ont validé la rupture conventionnelle collective devraient y réfléchir à deux fois avant de commettre à nouveau une telle erreur.

Les droits des CDD et pigistes doivent être préservés

Le SNJ exige le respect des droits des CDD et des pigistes. Tous les engagements de contrats doivent être respectés ! Or, nous avons déjà connaissance d’annulations de dernière minute, qui laissent nos confrères et consœurs sans activité professionnelle dans les prochaines semaines.

Gestes barrières mais pas seulement

Le SNJ dénonce également les incohérences et les retards dans l’équipement des locaux. Les gestes barrières sont importants, mais l’aération des locaux tout autant. Pourtant, elle n’est pas suffisamment mise en avant dans les préconisations et les communications de la direction. Quant aux capteurs de CO2, en faveur desquels le SNJ s’est battu, ils ne sont pas tous installés, loin de là.

En complément des mesures mises en place, le SNJ demande que la direction mette des masques FFP2 à disposition des salariés qui le souhaitent, en reportage mais aussi dans les locaux.

La santé et la sécurité des salariés doivent être préservées, c’est une évidence.

En attendant d’éventuelles mesures à la rédaction nationale et dans le réseau ultramarin, le SNJ considère que le plan de continuité de l’activité mis en place par la direction est d’ores et déjà démesuré et inadapté.

C’est un confinement des salariés, de l’information et de nos missions de service public.

Paris le 3 janvier 2022

Mise en avant

Grève massive à la rédaction de franceinfo.fr

« En raison d’un appel à la grève de l’intersyndicale SNJ et SNJ-CGT, à France Télévisions, le fonctionnement du site franceinfo.fr est perturbé mardi 30 novembre. Nous vous prions de nous en excuser ». Pendant 24 heures, ce bandeau s’est affiché sur les écrans, pour informer les lecteurs de franceinfo.fr.

Une grève suivie à près de 93% ne peut être ignorée par la direction. Le SNJ et le SNJ-CGT, qui ont déposé le préavis de grève, à la demande de la rédaction numérique de franceinfo.fr, saluent la mobilisation exemplaire des journalistes et de l’assistante de la rédaction.

Les deux syndicats ont d’abord déposé une saisine, le 20 octobre, avec des revendications sur les effectifs et la charge de travail, puis un préavis de grève pour le 30 novembre. A chaque fois, dans les négociations, la direction de l’information et la RH n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes, renvoyant aux arbitrages budgétaires et à la « trajectoire de baisse des ETP »  (équivalents temps-plein).

Seules propositions, pour alléger la lourde charge de travail : « faire moins, limiter la copie, réduire les ambitions, adapter l’offre, renoncer à des projets… », privilégier les activités de desk, le « chaud », c’est-à-dire revenir à la vision du web d’il y a dix ans. L’offre d’information du service public, sur le numérique, ne saurait se résumer à ça.

Ce serait donc, à quelques mois de l’élection présidentielle, la seule ambition de France Télévisions pour le média global de l’audiovisuel public ? Réduire la voilure, alors que franceinfo.fr se classe parmi les tout premiers sites d’information français ? Cantonner les journalistes à l’actu chaude, leur demander de renoncer à des papiers d’analyse, des angles originaux, des « grands formats » qui font la valeur ajoutée du site et permettent aux journalistes de mettre en pratique leur expertise ?

Les journalistes en grève (rédacteurs, secrétaires de rédactions et rédacteurs en chef adjoints) ont clairement exprimé que leur santé et leur vie privée ne devaient pas faire les frais d’une charge de travail devenue trop lourde. Ils disent non aux horaires et aux journées de travail sans fin. Pour autant, la solution ne passe pas par un rabougrissement, mais par des créations d’emplois, à la hauteur des enjeux d’information et des missions du service public.

Franceinfo.fr ne doit pas être condamnée à devenir essentiellement un « hub », une plateforme de contenus produits pour la télévision. Il s’agirait d’une stratégie vouée à l’échec, face à la concurrence des grands médias privés.

La rédaction tient à défendre la spécificité de ses métiers, son projet éditorial, avec des formats propres au web. Elle demande au directeur de l’information de s’engager et de dire comment il conçoit l’avenir et le développement de franceinfo.fr.

Le SNJ et le SNJ-CGT rappellent les revendications de la rédaction de franceinfo.fr :

  • Un renforcement des effectifs à franceinfo.fr, avec le recrutement immédiat en CDI de deux rédacteurs-journalistes spécialisés (pôle Inter et pôle Police Justice), d’un secrétaire de rédaction et d’un rédacteur en chef adjoint.
  • Le maintien du poste de rédacteur vidéo à franceinfo.fr et l’intégration en CDI du journaliste présent sur ce poste en CDD depuis 22 mois.
  • La confirmation du remplacement de la journaliste quittant franceinfo.fr dans le cadre de la RCC, dès son absence du planning en janvier 2022.
  • Le maintien des ETP à franceinfo Afrique et franceinfo Culture. Dans cette dernière rédaction, nous demandons également le comblement du 2/5e d’ETP laissé vacant par le temps partiel d’une salariée, ainsi que le remplacement des arrêts maladie.
  • L’intégration des activités de community management et de motion design au sein de la rédaction de franceinfo.fr.

Les deux syndicats en appellent au directeur de l’information, pour qu’il réponde sans tarder aux demandes de la rédaction numérique, dont la mobilisation massive témoigne d’un fort attachement à ses missions d’information.

Paris, le 1er décembre 2021

Mise en avant

Plateforme numérique France Bleu – France 3 : pour nous, c’est NON !

Lannonce du dernier gadget gouvernemental nest pas pour nous rassurer. Il sagirait de créer un « grand média numérique de la vie locale », c’est-à-dire un site commun aux réseaux France 3 et France Bleu, piloté par un groupement d’intérêt économique (GIE), avec une double gouvernance, dont les contours restent mystérieux.

Voilà que ce projet de rapprochement, qui avait échoué en début d’année, revient sous la baguette de la Ministre de la Culture, au mépris de l’indépendance et de la pluralité éditoriales du service public.

Au moment où la direction de la stratégie numérique de France 3 annonçait une réforme de ses sites régionaux, au moment où une nouvelle plateforme de France Bleu était annoncée, cette injonction gouvernementale remet tout en cause sans aucune concertation préalable avec les journalistes des deux entreprises.

Cette « offre numérique commune » devrait voir le jour en mars 2022, en pleine campagne présidentielle, ce qui, pour le SNJ, apparaît davantage comme une opportunité politique que comme une décision concertée et éclairée en matière d’audiovisuel public.

Les directions de Radio France et de France Télévisions ont beau répéter que les journalistes des deux réseaux garderont leurs contrats de travail, le SNJ s’interroge en cas de transferts de certains salariés vers une entité qui pourrait être moins-disante en termes de garanties sociales.

Et comment faire cohabiter un réseau de France 3, avec ses 13 régions, qui possède déjà des services dédiés au web, et celui de France Bleu, avec ses 44 locales, où les journalistes sont « tous contributeurs », épaulés par des équipes supports réduites ?

Cette distinction importante amène une série de questions sans réponse à ce jour :

  • Quid du pluralisme de l’information et du traitement d’une même actualité par les deux médias ?
  • Quelle sera la ligne éditoriale commune et qui la pilotera ?
  • Comment garantir l’indépendance des rédactions des deux entreprises ?
  • Quelle sera la hiérarchie de l’information de « la vie locale » ?
  • Cette plateforme vise-t-elle à faire disparaître les sites de France Bleu et de France 3 ?
  • Quels seront les moyens alloués ?
  • La publicité y aura-t-elle sa place, dans quelles proportions ?
  • Comment seront pris en compte les droits d’auteur des journalistes ?

Le SNJ dénonce un projet confus. Le développement numérique ne doit pas être prétexte à économies, ou vecteur de conditions de travail dégradées, alors que déjà, dans nos deux entreprises, la santé des salariés est malmenée.

C’est pourquoi le SNJ sera très vigilant pour défendre les journalistes de France Bleu et de France 3 et leurs missions de service public. Il se battra pour empêcher tout projet qui viserait, à terme, à fusionner les rédactions de l’audiovisuel public au détriment de l’emploi, mais aussi du pluralisme de l’information. Nos publics, internautes, auditeurs et téléspectateurs n’y ont rien à gagner, eux non plus.

Paris, le 22 novembre 2021

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Le transfert autoritaire des salariés à France TV Studio est abandonné

Ce matin, lors du Comité Social et économique du Siège, le secrétaire – au nom des élus – a fait la déclaration suivante :

Suite à une alerte pour danger grave et imminent, hier en CSE Central extraordinaire, la Présidente de France Télévisions a donné en partie raison aux élus des instances qui demandaient soit un retrait du projet de transfert des émissions produites en interne , soit un transfert des salariés de FTV SA vers FTV Studio sur la seule base du volontariat.

Cette deuxième option à été retenue. Le recours à l’article L-1224-1 du Code du travail qui permettait de transférer de force les salariés dans la filiale est abandonné, enfin ! Rien ne pourra se faire sans leur consentement.

Il aura malheureusement fallu un drame (la tentative de suicide d’une salariée) pour que les salariés concernés soient entendus et leurs représentants avec ! C’est bien une pitoyable conduite de projet qui a été stoppée hier ! C’est bien un mauvais projet également qui s’arrête ! 

Il va falloir désormais réparer les dégâts causés à ces salariés bien inutilement plongés dans le stress pendant plus de 6 mois. Il va falloir aussi préciser les conditions du volontariat et se pencher sérieusement sur le management pathogène qui a causé le drame.

Que cela serve de leçon à celles et ceux qui s’accrochent à des projets qui abîment les collectifs de travail et les personnes qui les composent.

Et que cela nous donne aussi confiance dans les combats à mener ! Sans cela, ils seraient tous perdus d’avance ! 

Bien sur le SNJ s’associe largement à cette déclaration. En séance, vos élus ont demandé que la direction prenne ses responsabilités au regard de ce cruel échec dans la conduite de ce projet. Et que celles et ceux qui ont défendu le transfert forcé pendant des mois tirent toutes les leçons de ce fiasco managérial et politique.

Paris, le 19 octobre 2021

Mise en avant

Transfert de salariés : Danger Grave et Imminent

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Voilà comment nous qualifions la situation de blocage dans laquelle la direction s’est installée dans le dossier des transferts de salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions studio.

Mercredi 6 octobre, à la demande de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) sous la houlette du secrétaire du Comité social et économique, nous étions réunis en CSE extraordinaire pour une alerte DGI (danger grave et imminent).

Une alerte pour interpeller en urgence la direction sur les risques psychologiques qui pèsent sur les femmes et les hommes concernés par ce transfert (plus de 80 salariés). La direction dit ne pas nier les témoignages que les élus ont produit en séance, mais pour autant propose un plan d’accompagnement inadapté !

Le souci n’est pas un manque de soutien psychologique, c’est bien le projet lui-même qui est nocif. Des témoignages validés par la médecine du travail en séance, ce qui est imparable pour la direction si elle était tentée de nier les propos des élus.

Le SNJ réitère donc sa demande claire et cohérente depuis le début. Ce projet doit être arrêté immédiatement ! De plus, les garanties données aux salariés et que la direction a communiquées par courrier individuel sont des garanties en trompe l’œil, car rien n’est dit quant à leur avenir si les émissions sont supprimées. Rien n’est dit non plus sur le régime appliqué en cas de licenciement !

Les élus du CSE siège, soutenus par le SNJ, la CGT, l’UNSA et la CFDT ont voté une résolution qui donne mandat au secrétaire du CSE pour qu’une enquête soit réalisée auprès des personnels en souffrance avec l’appui de psychologues indépendants. Le syndicat Force Ouvrière s’est abstenu, choisissant la voie de la négociation avec la direction, validant en quelque sorte le transfert.

La direction doit préserver la santé de ses salariés et mener toutes les actions nécessaires pour les protéger. Ce n’est pas le cas ici en maintenant ce projet, elle met clairement en danger des personnes qui se disent trahies, qui ont perdu toute confiance après avoir tant donné à l’entreprise ! Des détresses que vos élus SNJ ne laisseront pas dériver encore plus longtemps.

Paris, le 8 octobre 2021

Mise en avant

JT communs : le monde d’après ?

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ / CGT

Les salariés de France 3 Auvergne regrettent le projet de JT grandes régions, les week-ends de vacances, envisagé par la direction régionale.

Nous rejetons cette perspective qui éloignerait encore un peu plus le téléspectateur de son information locale. Pour preuve, pendant le confinement, le public n’a pas compris la logique de ces JT grandes régions qui n’en ont que le nom. Les retours ont été catastrophiques.

Notre mission de service public se joue 365 jours par an, week-ends compris. Nous nous devons d’offrir une information de proximité et de qualité. Hors confinement, depuis sa création, l’antenne auvergnate a toujours assuré cette continuité, en proposant des magazines le samedi et un JT des sports particulièrement suivi le dimanche soir.

Au fil des années, nous avons su construire et entretenir cette fidélité qui fait de France 3 Auvergne l’une des plus belles audiences du réseau. Un JT grande région, ne serait-ce que le week-end, serait très mal perçu par le public et les salariés.

Pour toutes ces raisons, nous considérons ce projet de mutualisation comme une aberration éditoriale, contraire à l’information de proximité si chère à nos yeux et à ceux de nos téléspectateurs.

Clermont-Ferrand, le 5 mai 2021

Propos racistes à l’encontre d’une journaliste de Nouvelle-Calédonie la 1ère

Le SNJ tient à dénoncer les propos racistes tenus par plusieurs internautes, à l’encontre de notre consœur Nadine Goapana. Des propos inadmissibles qui ont été tenus sur les réseaux sociaux dans un contexte politique tendu. Ils démontrent une fois de plus que les journalistes sont des proies faciles, et que la liberté de la presse est une nouvelle fois attaquée. Et ce, dès que les propos des journalistes déplaisent à certains.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre de commentaire haineux est diffusé sur la toile, une autre journaliste en a également été victime cette année. Le SNJ tient à réaffirmer son total soutien à nos consœurs et confrères agressés, et il se tient à leur disposition pour les accompagner devant les tribunaux.

Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, tient également à condamner la montée de violences à l’encontre des journalistes, que ce soit lors de reportages effectués sur des manifestations ou sur les réseaux sociaux, et rappelle que le respect de la liberté de la presse est essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie.

Nouméa, le 21 décembre 2021

Agressions de journalistes d’Envoyé Spécial : le procès s’est tenu à Tarascon, délibéré le 21 février 2022

COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL SNJ / CFDT-journalistes / SNJ-CGT

Le SNJ, la CFDT-Journalistes et le SNJ-CGT étaient parties civiles à ce procès devant le tribunal de police de Tarascon. Le prévenu était un gros exploitant local qui répondait de « violences légères » envers une équipe de reporters du magazine de France 2 Envoyé Spécial qui enquêtaient sur l’exploitation de travailleurs saisonniers dans le sud de la France en 2020. 

A l’audience, le prévenu a refusé obstinément de reconnaître des violences pourtant filmées par les journalistes victimes et ne s’est pas excusé, expliquant son geste par un accès  « de colère » !

Son avocat a comparé les faits à d’autres violences légères comme celles qui consistent « à arroser une personne avec un tuyau d’arrosage » ou  « ébouriffer quelqu’un sans son consentement (sic) ».

Le président du tribunal, qui a visionné les images du reportage d’Envoyé Spécial  a, lui, donné une tout autre vision de l’agression, la décrivant comme « violente tant physiquement que verbalement. Si vous vouliez faire peur aux journalistes, et bien vous avez réussi votre coup, ils ont eu très peur », a t’il estimé. 

Pour le représentant du ministère public, qui a réclamé 700 € d’amende contre l’exploitant agricole soit quasiment le maximum prévu par la loi (750€), ce dossier aurait dû être jugé devant un tribunal correctionnel car le fait de foncer sur les journalistes avec un véhicule 4X4 de 2 tonnes qui représente une arme par destination aurait pu blesser plus grièvement notre confrère.

L’avocat des syndicats de journalistes (SNJ – CFDT-Journalistes – SNJ-CGT)  a demandé au tribunal de condamner l’intéressé à 1 € symbolique et aux entiers dépens de l’instance au nom des agressions répétées contre une profession de plus en plus menacée en France et de l’atteinte intolérable faite à la liberté de la presse. 

Nous syndicats de journalistes, dénonçons ces violences inadmissibles et nous demandons à la justice de les considérer comme des délits qui sont susceptibles d’être poursuivis devant un tribunal correctionnel et non comme des contraventions de simple police.

Le nombre dagressions ne cesse de croître et nous ne pouvons plus tolérer de tels actes de violence à l’égard des journalistes qui ne font que leur métier, celui dinformer et d’éclairer légitimement les citoyens.

Dans une démocratie, la liberté d’informer librement est une garantie de progrès. La bafouer, c’est interdire le libre accès à une information éclairée et certifiée.

Paris, le 21 décembre 2021

L’été de tous les dangers pour les JT d’Auvergne-Rhône-Alpes

LETTRE OUVERTE AU DIRECTEUR DU RÉSEAU

Après un nouveau préavis de grève, les salariés de France 3 Auvergne ont obtenu gain de cause : il n’y aura pas de JT communs AURA pendant les « petites » vacances, et l’Auvergne récupère son JT pendant toute l’année. Nos collègues ont pris leurs responsabilités et nous saluons leur victoire. Mais vous, Monsieur le directeur du réseau, quand allez-vous prendre les vôtres ?

Nous vous écrivons aujourd’hui cette lettre, en forme de cahier de doléances, en tant que garant d’une équité entre les différentes régions du réseau France 3. Ce que vous nous dites, depuis plusieurs mois déjà, vouloir défendre à tout prix.
Vous avez annoncé à certains salariés du réseau, au cours de réunion d’échange avec eux, que sous réserve de l’approbation du Conseil d’Administration vous aviez obtenu pour 2022 de la présidence de France TV que le réseau cesserait d’être ponctionné. Ce fut le cas ces dix dernières années, les régions de France 3 ayant même fait les plus grosses économies en ETP (Equivalent Temps Plein).

La région Auvergne-Rhône-Alpes est réputée depuis longtemps pour sa gestion « au cordeau », ce qui a lui a valu d’être maintenue dans un sous-emploi chronique. Mais cela ne suffit pas : les salariés vont devoir encore faire des sacrifices, au mépris d’une cohérence éditoriale et d’un respect de nos téléspectateurs.

A l’heure de la régionalisation et devant une concurrence locale féroce, n’est-il pas nécessaire de renforcer l’information de proximité plutôt que de l’affaiblir ?
Que nous propose-t-on entre Lyon et Grenoble pour 2022 ?

Soit un été de JT communs sur 5 semaines complètes et 9 week-ends, soit des Tout Images dans chaque antenne. Tout en continuant les mutualisations entre Alpes et Rhône-Alpes les week-ends des autres vacances scolaires.
En somme, de partager une tente à 2 ou à 3, selon les cas !

Pire : en donnant raison aux salariés auvergnats, ce qui est légitime, ou en renforçant les équipes pendant les vacances de février dans les Alpes, tout autant légitime, on cherche à mieux diviser les salariés des antennes !

La réponse aux seules antennes à s’être mobilisées sur les moyens inexistants du 18h30, contre les JT communs et pour davantage de moyens, est qu’elles devraient subir aujourd’hui une double-peine ! En particulier pour Grenoble et Lyon, qui devraient désormais supporter seuls le poids du plan d’économies.

Les élus SNJ du CSE ont pourtant bien entendu les signes de compréhension que vous avez montrés lorsqu’ils dénonçaient l’incurie des moyens. C’est d’autant plus insupportable !

Par ailleurs, certaines régions, qui étaient en dépassement budgétaire, -ce n’était pas le cas d’AURA-, n’ont pas recours à des restrictions aussi dramatiques.

Comment expliquez-vous cette contradiction ? Serions-nous, malgré tous les efforts déjà consentis, région pilote d’une nouvelle austérité ?
Ou simplement coupables, malgré notre usure, d’avoir toujours envie de faire notre métier et de défendre la qualité de nos JT ?

Le SNJ appelle tous les salariés du réseau, journalistes et techniciens confondus, leurs représentants et les organisations syndicales à refuser cette fatalité.

Le SNJ demande au CSE du réseau de se saisir de ce dossier sous peine de voir encore s’allonger la longue liste des antennes en souffrance et en alerte sur la santé.

Paris, le 17 décembre 2021

Les Délégués Syndicaux SNJ en AURA :
Myriam Figureau, Vincent Habran, Julien Le Coq