18 points à l’ordre du jour à ce CSE de juin… Qui dit mieux ?

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DES 15 ET 16 JUIN 2022

Le nouveau mandat à peine débuté et déjà le calendrier social déborde de toutes parts et les élus sont déjà écrasés sous le poids des dossiers, réunions, commissions et négociations qui s’empilent.

En supprimant l’instance de juillet, on rentre tout au chausse-pied et pourtant rien ne permet d’affirmer que deux jours suffiront pour aborder toutes ces questions.

Tout cela n’est pas très respectueux pour le mandat des élus qui ont par ailleurs un métier à assumer.

Notre liminaire se bornera donc à appeler l’attention sur certains points cruciaux…

La menace de suppression de la contribution à l’audiovisuel public (CAP, ex-redevance) est un vrai sujet d’inquiétude et nous avons besoin que la direction soit à nos côtés pour défendre l’indépendance du réseau dans l’audiovisuel public.

Si on fait un focus sur la régionalisation ou ce qu’il en reste : hyper proximité, terme choisi par la direction pour cacher un mot désormais poussiéreux, le constat est tout autant alarmant et notre désillusion sur ce sujet est immense.

Lors du dernier CSE Central, Stéphane Sitbon-Gomez, qui supervise le projet, a clairement évoqué un rapprochement avec les 44 stations locales de Radio France. Il a parlé aussi de redéploiement des postes gelés ou cachés par des directions régionales soucieuses de les garder jalousement au fond d’un tiroir de peur de se les faire dérober.

Quand aurons-nous un tableau lisible de tous les ETP avec la correspondance par métier pour chaque région au regard des départs en RCC ?

Il est question aussi de revoir le dispositif de maillage territorial pour – citons le n°2 de France TV – « remplir les angles morts », ces territoires ruraux qui seraient délaissés par les BRI au profit des grandes métropoles.

M. Martinetti, nous avons besoin de réponses claires et concises sur ces propos qui ne lassent pas de nous interroger.

La santé des salariés, vous le savez, est au cœur de nos préoccupations mais aussi des vôtres, votre obligation de sécurité à notre égard n’est pas une option.
Pourtant, le rapport Secafi sur la fabrique de Bordeaux est accablant par la somme de constats désolants qu’il dresse dans la gestion désastreuse de salariés qui vivent un sentiment d’abandon.

Toutes les cases y sont cochées pour le concours du plus grand nombre de RPS dans un même collectif de travail.

Nous avons le sentiment d’être dans un trou d’air, un entre-deux reformes prévues de longue date pour nous essorer encore. La mise en place prend un peu plus de temps que prévu et dans plusieurs métiers les postes sont gelés dans tout le réseau.

Les métiers de scriptes, par exemple, que vous avez prévus de faire évoluer avec l’arrivée de l’assistant de production. Cela entraîne une pénurie de scriptes qui dure, faute de vivier et de formations sur site. Les RP de France 3 Limousin viennent justement de déposer une alerte pour danger grave et imminent suite à cette pénurie de scriptes qui était pourtant prévisible. D’autres antennes ont dû se résoudre à des JT communs avec leurs voisins faute de scripte, comme ce fut le cas en Côte d’Azur. Et cela sans aucun regret de la part de la direction.

On retrouve ce même décalage à la fois dans le suivi du projet de proximité, quasiment à l’arrêt, et aussi dans le bilan du plan de formation. Les grandes lignes stratégiques développées par la direction viennent totalement contredire une réalité dans les antennes qui se comptent en « moins » tous les jours et en engagements non tenus.

Vous juriez la main sur le cœur, il y a encore quelques mois, que les installations de France Bleu dans les locaux de France 3 n’étaient qu’un hasard, une opportunité de bâtiment, pourtant toutes les pistes explorées par notre tutelle ne parlent même plus de rapprochement, mais plutôt de fusion, on comprend aisément que la manœuvre a commencé depuis longtemps.

Nous aimerions vous entendre dire que nous savons où nous allons, que la route est tracée, que les financements sont présents, pérennes et garantissent notre indépendance garante de notre démocratie. Mais même avec votre vocabulaire très inventif en novlangue ce n’est pas possible.

Nous sommes fragilisés comme jamais et dans une incertitude totale. Ce liminaire est donc forcément un peu amer, et nous nous souhaitons du courage pour sauver notre bien commun.

Paris, le 15 juin 2022

Ras-le-bol !

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 15 ET 16 JUIN 2022

Nous n’avons jamais réellement cru à l’illusion d’un management bienveillant. Ni au contenant, ni au contenu.

Un certain nombre d’événements récents nous donnent malheureusement raison…

Un journaliste écarté de l’antenne de France info pendant la quinzaine de Roland Garros, remplacé par une consœur venant de l’extérieur, sans avoir été prévenu en amont. Ce choix est d’autant plus incompréhensible qu’il intervient à un moment où l’on nous parle de forte contrainte budgétaire. Depuis, la direction de France Info a présenté ses excuses au salarié concerné au cours d’un entretien réclamé par le SNJ.

Des journalistes expérimentés à qui l’on impose des formations de quasi-débutants sous prétexte de lutter contre les castings des éditions. Cette initiative particulièrement humiliante est un aveu, de la part du directeur de l’information et du directeur de la rédaction nationale qui reconnaissent en filigrane l’existence d’un management pyramidal, et d’une mise à l’écart de certains journalistes. Ce fléau à l’origine de tant de souffrances, voilà donc comment ils souhaitent le traiter, en étant forts avec les faibles, et faibles avec les forts ! Le SNJ aurait préféré que l’on s’en prenne aux méthodes autoritaires de certaines éditions, et notamment du 20h de France2. Mais pour cela, il faudra repasser !

Autre exemple, une formation qui n’en est pas une autour de l’illustration sonore. Une véritable usine à gaz résumée en quelques pages et qui ne définit en rien le « qui doit faire quoi ». Le SNJ le dit clairement, ce mode de fonctionnement est inadapté à la pratique au quotidien des journalistes et des monteurs. Mais il est vrai que ceux qui décident de notre avenir ne passent pas beaucoup de temps à s’inquiéter de nos conditions de travail, trop occupés qu’ils sont à nous imposer leurs visions éditoriales.

Enfin, le deux poids deux mesures au registre des sanctions disciplinaires. Il existerait donc pour certains salariés, une deuxième chance. Un cadre, un ex-cadre même, puisque il a été sanctionné, vient d’être discrètement détaché quelques semaines pour… encadrer dans une autre rédaction que celle du Siège ! Oubliées les victimes qui lui reprochaient son autoritarisme, ses propos plus que déplacés et son penchant pour la stigmatisation à tour de bras. La tolérance zéro vient donc de s’autodétruire avec la complicité du directeur de la rédaction nationale qui assume cette décision. Les élus SNJ demandent maintenant à la présidente de redéfinir sa ligne en matière de procédure disciplinaire. Un dispositif qui ne serait sans pitié que pour les petits ? Doit-on considérer que toutes les victimes ne se valent pas ?

Le SNJ est engagé dans la lutte contre un certain nombre de comportements qui hélas n’ont toujours pas disparu et reviennent même en force. Management brutal parce que pyramidal, pressions sur les salariés précaires et titulaires, humiliations professionnelles… Oui tout cela est toujours d’actualité ! Nous demandons aux salariés de ne plus l’accepte. Signalements à la médecine du travail, auprès de vos élus, et à la RH, tout doit être fait pour que ces abus d’autorité soient connus puis sanctionnés.

Quand on nous parle de respect mutuel, il faudrait déjà que l’exemplarité soit au programme de la part de ceux qui nous dirigent. Pour toutes ces raisons, nous ne sommes pas dupes devant ce concept de management bienveillant. Il ne suffit pas de changer les mots, pour mettre les MAUX sous le tapis.

Paris, le 15 juin 2022

Projet campus : le dernier mensonge de la direction ?

Préalable au CSE Malakoff du 2 juin 2022

Le vote favorable du conseil d’administration de FTV
intervenu mardi sur le projet Campus de regroupement
des sites parisiens autour du Siège a scellé le sort de
l’établissement de Malakoff……. pour lire la suite, cliquer ci-dessous

Déménager, ce n’est pas seulement changer d’adresse

PREALABLE SNJ AU CSE CENTRAL DU 25 MAI 2022

Le document transmis aux membres du CSEC contient des informations en matière de localisation, de surfaces, de prix, de calendrier mais ne renseigne en rien les représentants des salariés sur les caractéristiques des sites retenus, Seine Ouest et Quadrans.
Pour apprécier la qualité de ces locaux, les données fournies doivent être complétées. Il nous parait nécessaire de disposer d’informations, notamment sur la performance énergétique de ces bâtiments, leur impact sur l’environnement, ainsi que sur leur exposition aux risques naturels, en particulier aux crues de la Seine. A l’heure du réchauffement climatique et de la transition énergétique cet angle mort de la documentation transmise aux élus pose problème.
En termes d’organisation, si la majorité des sites concernés par le projet relève d’un même établissement, celui du Siège, ce n’est pas le cas du centre Pierre Bourdan de Malakoff. Son cas est particulier parce qu’il s’agit d’un établissement distinct, mais aussi parce qu’il constitue un élément du réseau Outre-mer.
La fermeture de Malakoff pénalisera mécaniquement les stations si les services qu’assument pour elles aujourd’hui les équipes de Malakoff ne sont pas tous maintenus dans un futur site. Malakoff est un centre de conception éditoriale, de fabrication de programmes et de diffusion. Malakoff répond aux demandes des stations et formule des propositions. Sa rédaction exerce un rôle d’agence en radio et télé pour les chaînes 1ères.
L’établissement assure également des prestations RH pour l’ensemble des stations et contribue à la visibilité des Outre-mer par la fourniture de journaux TV et radio sur les antennes du groupe, celles de Radio France et de France Médias Monde.
Ces missions pourront-elles être maintenues à l’identique une fois Malakoff fermée ?
La question n’est pas théorique. Le déménagement de la direction régionale Ile-de-France de Vanves au Siège a permis de mesurer l’impact d’une telle migration sur le potentiel du collectif de travail concerné. Le risque pour les stations des Outre-mer serait que la fermeture de Malakoff débouche sur l’instauration d’une relation entre elles et le siège analogue à celle qui prévalait à l’époque de FR3 DOM-TOM avant la création de RFO en 1982.
La mise en œuvre de ce projet constituera par ailleurs, pour de nombreux salariés des sites parisiens déjà présents dans l’entreprise en 2009 lors de la fusion des ex-sociétés, une nouvelle épreuve de réorganisation. De nombreux salariés qui travaillent actuellement à EOS, Boulogne ou Linois ont déjà été confrontés à ce type de situations. Un facteur générateur de risques psycho-sociaux à ne pas négliger. Une catégorie d’impacts à prévoir pour le futur bilan du projet.

Paris, le 25 mai 2022

CSE Siège des 18 et 19 mai 2022 : notre compte-rendu

Débat crucial sur l’avenir des chargés d’éditions de franceinfo TV et sur les formations qui seraient dispensées pour des reconversions vers des emplois de journalistes ; projet de transfert d’émissions emblématiques vers la filiale FTV Studio à nouveau sur le devant de la scène… L’ordre du jour de ce CSE du Siège était particulièrement dense.

Le SNJ refuse la suppression de la redevance

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 18 ET 19 MAI 2022

Défendre la redevance n’est certes pas populaire, mais vouloir la supprimer est populiste !

Annoncée pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron a déjà mis sa menace à exécution. La redevance sera abrogée dès cette année.

Cette mesure dévastatrice sera inscrite cet été dans le projet de loi “pouvoir d’achat”. Oui, car le Président de la République pousse la mauvaise foi et le cynisme jusqu’à considérer, ou plutôt laisser croire, que la suppression de la redevance est un véritable coup de pouce au pouvoir d’achat des Français. En tout et pour tout, cela représente 11,50 € par mois, pour ceux qui la payent. Cette économie peut être salutaire pour celles et ceux qui sont dans le besoin, mais franchement, le tour de passe-passe est un peu gros.

Imaginer que cette somme permette aux Français de combattre les effets de l’inflation, de lutter contre la vie chère, est d’une démagogie sans limite.

Ajoutons à cela que supprimer ce que le Président réélu appelle « un impôt » revient à le remplacer par un financement de l’Etat, donc par l’argent des contribuables. Ce prétendu cadeau aux Français, on vous le donne d’un côté et on vous le reprend de l’autre. On est donc bien dans du grand n’importe quoi !

Comment seront compensés les plus de 3 milliards que rapporte chaque année la redevance, une manne qui bénéficie à plus de 60 % à France Télévisions ? Par le budget de l’Etat, une subvention décidée en Conseil des ministres qui pourra être modulée, accordée ou retirée chaque année, au gré des vents. C’est donc bien une volonté d’affaiblir l’audiovisuel public qui se profile. Un nouveau coup dur, un nouveau train d’économies demandées à l’encontre de cet audiovisuel public que le Président considérait comme “la honte de la République”.

Le SNJ ne peut accepter cette nouvelle attaque en règle et France Télévisions au budget déjà exsangue, ne pourra en aucune manière sortir indemne de nouvelles coupes claires. Dégâts de la Rupture conventionnelle collective, la RCC que nous n’avons pas validée, emploi en berne, CDD en danger… Et à tout ce lot de mauvaises nouvelles, vient maintenant s’ajouter la suppression de la redevance. Il y a de quoi inquiéter les salariés de France Télévisions mais aussi tous ceux qui participent à faire de notre entreprise une incontournable force.

Notre indépendance est en jeu, elle passe par un budget pérenne, qui ne varie pas en fonction du bon vouloir des députés ou du gouvernement. Ce que semble préparer l’actuelle majorité met en danger l’information de Service Public en s’attaquant une nouvelle fois aux moyens nécessaires pour la produire.

Le SNJ demande de toute urgence à être reçu par Emmanuel Macron, sans même attendre l’issue des prochaines élections législatives. Nous voulons une remise à plat de ce dossier plus que sensible. Il en va de l’avenir du Service Public, de sa crédibilité et même de son existence. Par cette décision dogmatique, celui qui prétendait représenter le camp républicain face au danger de l’extrême droite est en train de s’en prendre ostensiblement à l’un des piliers de notre démocratie.

Paris, le 18 mai 2022