Info 2015 : la fusion contre les rédactions

AA lettrine articles

La direction actuelle de France Télévisions rêve d’une rédaction nationale unique. Cette même direction s’apprête à supprimer de nombreuses locales de France 3, notamment dans le Sud-ouest, en fusionnant leurs éditions avec celles des stations régionales. Avant peut-être de regrouper de grands bureaux de France 3, en profitant de la réforme territoriale ?

Les fusions dans la presse, écrite ou audiovisuelle, sont la plupart du temps des projets économiques, avec de graves conséquences éditoriales et sociales : éditions supprimées, réduction d’effectifs…  Depuis plus de deux ans, le SNJ dénonce Info 2015, un projet de rédaction unique construit contre l’avis des salariés et de leurs représentants.

Du point de vue de la direction, le premier acte de la présentation formelle du projet Info 2015 vient de s’achever. L’information-consultation des instances serait donc close ? Sûrement pas grâce à l’adhésion des élus du personnel, qui ont unanimement décidé de suspendre les dernières séances du CE Siège et du CCE. En réalité, la direction ne s’appuie que sur une décision de justice que les élus choisiront peut-être de contester en appel.

Nous ne sommes pas dupes : dans ce dossier, la direction s’est contentée de respecter le délai de consultation des instances, un délai prévu par la loi de sécurisation de l’emploi que le SNJ a dénoncé en 2013.  Mais que dire du contenu des échanges et de la qualité des informations livrées par la direction sur Info 2015 ?   Du point de vue des élus, c’est un scandale pur et simple. La direction campe depuis des mois sur une position déloyale, en ne proposant à la discussion que la première phase du projet. Une organisation qui n’a rien d’éditoriale et qui introduit la notion de journalisme industriel, le tout saupoudré de déclarations du style « C’est un projet de survie », ou « Pour différencier les éditions il faut fusionner » !

Sur l’offre d’information, la direction n’a convaincu personne. Info 2015 ne préserve en rien l’indépendance des rédactions. Info 2015 n’apporte aucune garantie sur le projet éditorial de chaque édition, sans même parler de l’identité éditoriale de chaque chaîne.  Et pour cause : la fusion des rédactions n’a pas pour but le développement de rédactions indépendantes. Cette fusion est pensée pour détruire les rédactions existantes et imposer le modèle de « l’usine info », la news-factory.  Travail sur tous les supports, pour toutes les chaînes, pour tous les sites numériques, avec un lien social qui disparaît peu à peu.

REDEPLOIEMENTS ET FUSION DES METIERS

Le modèle social, parlons-en, car la direction ne s’arrête pas à la fusion des rédactions. Elle pense déjà au 2e étage du missile Info 2015 : la fusion des métiers. Comment la direction compte-t-elle associer la rédaction unique aux bureaux régionaux et aux bureaux à l’étranger de France 2 ? Pas un mot n’est écrit sur le sujet dans le document officiel présenté aux élus.  Alors, après des heures de débats, la direction avoue du bout des lèvres que ces bureaux « auront vocation à travailler pour toutes les éditions, France 2, France 3 comme numériques… nous devons donc les renforcer ». Rien sur un éventuel travail en commun avec les stations régionales de France 3, visiblement elles n’intéressent pas plus que ça les concepteurs du projet Info 2015.

Si la direction refuse de dévoiler son plan aux élus, elle donne (oralement) quelques pistes : « On va redéployer des journalistes basés à Paris dans les bureaux régionaux. Et pour le montage… il faudra augmenter la capacité de montage des bureaux ».  La direction de l’Information va-t-elle mettre fin aux pratiques obscures de sous-traitance dans les bureaux régionaux en embauchant des chefs monteurs ? Non, hélas, Info 2015 c’est le moins-disant social : « Nous attendons de voir ce que les négociations sur les compétences complémentaires vont donner mais des postes de JRI-monteur ou monteur-JRI dans les bureaux en régions, ça nous intéresse ».

En bref : on fusionne, on ignore les stations régionales de France 3, on affaiblit les services communs de la rédaction nationale unique en redéployant des journalistes dans les bureaux régionaux. Enfin on dégrade les conditions de travail en généralisant les polycompétences inspirées des chaînes d’information en continu. 

LA CULTURE HORS DES JT !

Difficile dans ces conditions d’obtenir l’adhésion des élus et des salariés à ce projet. Mais pour la direction, qu’importe, nous ne sommes que des pions sur un tableau Excel. Pour cette équipe de dirigeants, la fusion s’imposera à tous, coûte que coûte, et son modèle social également. Exemple : la disparition des journalistes « Culture » des effectifs des JT nationaux.  D’ici à fin 2015, une dizaine de reporters spécialisés de France2 et France3 seraient transférés dans la rédaction numérique, sur le site « Culture Box ».  Le projet Info 2015 évoque bien une « proposition » de mutation qui serait faite à chaque journaliste, mais en réalité, la direction écarte le volontariat : « On doit trouver des journalistes qui vont aller travailler là bas, s’ils sont volontaires tant mieux mais dans tous les cas on doit les trouver ».
Au-delà de ce choix regrettable pour l’équilibre éditorial de nos éditions, c’est édifiant sur la conception du projet Info 2015 et sur la méthode employée par la direction.

 DENI ET DISSIMULATION

Même objectif pour les services « économie et social » de France 2 et France 3 à qui on dit simplement qu’ils seront les premiers à fusionner dans la joie et la bonne humeur, sans qu’on sache là non plus comment les choses seront organisées.

Et c’est pourtant bien le mandat des élus du personnel que de comprendre les conséquences d’un projet comme Info 2015 sur les organisations du travail des salariés, sur leur santé et sur l’emploi.  Mais la direction n’en a rien à faire, et nous demande de lui faire confiance. Quand les élus exigent le maintien des effectifs, la direction répond qu’elle ne peut pas s’engager à préserver les emplois. Elle répète encore et toujours que tout ira bien dans les services concernés, qu’on sera tous meilleurs et tous différents dans la fusion, et que tout se passera parfaitement dans les phases de déménagement (phases quasiment jamais évoquées lors des débats dans les instances).

Alors nous voilà à la fin de cette première manche. L’insistance des élus à obtenir des réponses vient d’obliger la direction à passer en force. Une victoire en trompe-l’œil pour une équipe plus proche de la sortie que de la mise en place de cette première phase de la fusion. Le SNJ n’a jamais caché son opposition au principe de la rédaction nationale unique. Mais au-delà de la philosophie générale de cette fusion, la direction refuse de dévoiler ses modalités concrètes.

L’HEURE DE LA MOBILISATION 

Le SNJ appelle les journalistes des rédactions concernées à ne pas se laisser aller aux sirènes d’une fusion dite salvatrice. Elle est bien au contraire funeste pour nos équipes éditoriales : personne ne sera épargné par cette organisation ! Pas moins France 2 que France 3 ou les rédactions numériques. La fusion est un outil économique, un modèle antisocial qui pense productivité avant éditorial, polycompétences plutôt que développement professionnel et « rapporteur d’éléments » plutôt que « journaliste reporter ».
Nous engagerons au plus vite les mécanismes unitaires de refus de ce projet dangereux pour tous ceux qui participent à la fabrication de nos éditions, sur nos chaînes comme sur le web.  En parallèle des recours juridiques, il est temps de vous donner la parole dans l’action militante.

Paris, le 14 avril 2015

 2015-04-14 Info 2015_la fusion contre les rédactions

Nominations par le CSA : Dangereuse opacité

AA lettrine articlesLe Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a décidé d’adopter une méthode particulièrement archaïque, choquante car anti-démocratique et inquiétante pour la nomination des PDG de l’Audiovisuel de Service Public.

Archaïque… en raison de l’opacité qui est mise en place pour toute la procédure :
– la liste des postulants n’est pas rendue publique, le CSA n’a donné que leur nombre (33) ;
– une « short list » sera établie dans les prochains jours par le CSA (dans quelles conditions? selon quels critères ? Mystère !) et les candidats retenus pourront, là encore, rester anonymes ;
– les auditions des candidats retenus seront effectuées à huis clos.
Cette disposition, à elle seule, ne peut qu’entraîner méfiances et soupçons quant à la légitimité de la personne nommée.
Choquante car anti-démocratique…
– car c’est une régression sans précédent dans le processus d’attribution d’une direction du Service Public, et pas des moindres, à une femme ou un homme.
En effet, dès 1987, pour l’attribution de TF1 au privé, les auditions étaient faites sous l’œil des caméras et rendues publiques. Cela a perduré des années pour les désignations des responsables de nos entreprises ;
– car décider du sort d’une entreprise de Service Public dans le huis clos de la délibération de huit personnes, seraient-elles les plus qualifiées, n’est pas sain et prête d’autant plus à toutes les suspicions que les membres du CSA sont nommés par les pouvoirs politiques ;
– car ne pas rendre publics l’identité et les projets stratégiques des 33 candidats est une atteinte à l’intelligence des citoyens. Ce sont eux les véritables actionnaires de notre Service Public, à France Télévisions comme à Radio France ;
– car ignorer qui sera retenu pour une « short list » et qui en sera éliminé, et sur quels critères, empêche toute approche analytique et critique du travail des membres du CSA.
Inquiétante… comme la situation de Radio France où, un an après sa nomination par le CSA, le PDG a déjà entraîné l’entreprise dans la tourmente. Une situation périlleuse dénoncée par les salariés de ce Service Public qui se mobilisent depuis des semaines pour défendre son existence et ses missions.
Inquiétante aussi pour France Télévisions, déjà déstabilisée très dangereusement :
– par le désengagement de l’Etat : où est la compensation « à l’euro près » qui devait équilibrer les comptes après la suppression des écrans de pub après 20h ? Une annonce qui n’a convaincu que celui qui prononçait cette promesse-poudre aux yeux !
– par une restructuration massive, effectuée à coups de boutoirs et qui n’en finit pas, sept ans c’est long !
– par la suppression de centaines d’emplois via le plan de départs volontaires lancé au printemps 2014 ;
– par la bienveillance des pouvoirs politiques envers tous les manquements et négligences des dirigeants de nos entreprises. Des ministères de tutelle qui n’ont qu’une antienne : « des économies, des économies, des économies » !
– car pour effectuer au mieux leurs missions (« Informer, Eduquer, Distraire ») les salariés de France Télévisions verront arriver un PDG dont ils ne sauront même pas pourquoi il a été désigné. À ce jour, seul le candidat soutenu par le SNJ a joué la transparence en publiant la totalité de son projet stratégique. Que cachent les 32 autres ?

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, met en garde les pouvoirs publics. Les salariés de France Télévisions n’accepteront pas qu’à l’issue d’une procédure opaque, leurs missions soient remises en cause, leurs emplois menacés et leurs conditions de travail dégradées. Comme à Radio France, ils sauront se mobiliser pour défendre leur Service Public.

Paris, le 13 avril 2015

2015-04-13 Nominations par le CSA – dangereuse opacité

Info 2015 : la procédure d’information-consultation n’est pas terminée

AA lettrine articlesContrairement à ce qu’écrit la direction de France Télévisions ce vendredi 10 avril, la procédure d’information-consultation des instances sur le projet Info 2015 n’est pas terminée.

Ce triomphalisme un peu hâtif ne tient pas compte du simple fait que les séances dédiées à ce projet, tant celle du Comité d’Entreprise que celle du Comité Central d’Entreprise, sont suspendues.

Les élus n’ont pas été en mesure de donner un avis compte tenu, notamment, de l’absence de visibilité sur les phases qui leur sont cachées. C’est-à-dire les phases 2 et 3.

Les élus SNJ de ces instances ont pris connaissance de l’ordonnance du tribunal de Paris du jeudi 9 avril, qui est contraire à l’action menée par le CE Siège, le CHSCT Siège et le CCE.

Les motifs de cette décision sont tellement discutables qu’ils vont examiner les recours possibles qui s’imposent.

 

Paris, ce 10 avril 2015

2015-04-10 Info 2015 – la procédure d’information-consultation n’est pas terminée

Communiqué de l’intersyndicale de TV5Monde

TV5Monde a été la victime d’une cyber-attaque puissante dont les auteurs se réclament de l’Etat Islamique.

Antennes arrêtées, site internet et réseaux sociaux vandalisés…

Les syndicats de TV5Monde condamnent avec la plus grande vigueur cette attaque qui a empêché des millions de personnes dans le monde d’être informées, mais aussi diverties à travers l’ensemble des programmes des chaînes du groupe TV5 Monde.

Les auteurs n’ont pas réussi à détourner les antennes à leur profit.

Si l’objectif de ce piratage était de bâillonner les journalistes de TV5Monde, il n’est pas atteint. Car jamais nous ne cesserons de développer et décrypter l’actualité internationale, jamais nous ne cesserons d’informer notre public.

Mieux, cette attaque renforce l’idée qu’il faut encore faire plus pour proposer à nos téléspectateurs du monde entier une vision claire, précise, indépendante et ambitieuse de notre planète et de ses conflits.

Toutes les équipes de TV5Monde et la rédaction d’une centaine de journalistes et de nombreux correspondants à l’étranger décodent et analysent l‘information internationale 24 heures sur 24, et chaque jour de l’année, elle offre un regard différent dans près de 200 pays.

Cette attaque contre la liberté d’expression ne fait que la renforcer.

Paris, le 9 avril 2015

Les syndicats de TV5Monde :

SNJ / FO / SUD / CFDT

Journée de lutte contre les politiques d’austérité

POUR LES SERVICES PUBLICS !

POUR UNE AUTRE POLITIQUE !

NON A L’AUSTÉRITE BUDGÉTAIRE

AA lettrine articlesCe mercredi 8 avril, près d’un an après le lancement d’un plan de départs volontaires qui doit supprimer plus de 300 postes à France Télévisions, la direction de Radio France annonce à son tour un plan d’austérité budgétaire et la suppression de centaines d’emplois.

Le SNJ s’indigne de ces attaques répétées contre le Service Public audiovisuel, ses missions et ses salariés.

Le SNJ exige que l’Etat s’engage enfin à défendre l’information et le pluralisme, notamment à travers le Service Public audiovisuel, premier employeur de journalistes en France avec plus de 5.000 consœurs et confrères.

Le SNJ exige également que l’Etat actionnaire cesse de préconiser des suppressions d’emplois dans les rédactions et services de l’audiovisuel public.

Le SNJ, membre fondateur de l’union syndicale Solidaires, sera présent dans les manifestations de ce jeudi 9 avril, pour combattre les politiques d’austérité qui nous font payer la crise et un système social terriblement inégalitaire.

Le SNJ France Télévisions appelle l’ensemble des journalistes et des salariés de l’entreprise à rejoindre ces manifestations pour défendre tous les services publics, dont celui de l’audiovisuel, aujourd’hui attaqué de toutes parts.

Des dizaines de manifestations sont organisées jeudi 9 avril dans la plupart des grandes villes françaises.

À Paris, le SNJ sera présent à 12h devant les colonnes de Buren, face au ministère de la Culture et de la Communication, avant de rejoindre le défilé interprofessionnel place d’Italie, à partir de 13h.

Ensemble, défendons nos services publics !

 

Paris, le 8 avril 2015

2015-04-08 Non à l’austérité budgétaire

Communiqué intersyndical SNJ-SUD-FO de France Médias Monde : Je vous aime, mais je pars

AA lettrine articlesLa présidente de France Medias Monde (France 24 et RFI) est candidate à la présidence de France Télévisions. Mise au point sur son  bilan désastreux, par l’intersyndicale SNJ-SUD-FO

Marie-Christine Saragosse est donc candidate à la présidence de France Télévisions. Ce n’est pas une surprise. Tout le monde s’en doutait à France Medias Monde même si notre présidente entretenait un vrai faux suspens. Et l’on s’abstiendra de tout commentaire sur les raisons invoquées pour justifier sa candidature, à savoir sa volonté de « sauver l’audiovisuel public ». L’actuelle équipe dirigeante de France Télévisions appréciera…

Ce qui est surprenant, en revanche, c’est la conviction affichée par Mme Saragosse, lors de son annonce devant les organisations syndicales, selon laquelle son éventuelle nomination par le CSA récompensera « son travail » à la tête de France Médias Monde … On croit rêver ! Car le bilan de notre présidente est, en réalité, désastreux. En moins de trois ans, Marie-Christine Saragosse a de fait poursuivi dans la lignée de son prédécesseur, Alain de Pouzilhac. Si la méthode utilisée a été, en apparence, moins brutale, le résultat est tout aussi calamiteux.

Sous la houlette de notre « efficace » présidente, comparée aux grandes concurrentes, RFI perd son statut de radio internationale. Elle devient une radio dédiée à la seule Afrique francophone. Toutes les autres zones de diffusion de RFI dans le monde, et toutes les autres langues, ont été négligées, voire laissées à l’abandon.

 Quant à France24, si la distribution de la chaîne a progressé, son audience reste toujours mystérieuse. Les rédactions ignorent à qui elles s’adressent. La chaîne arabe, présentée comme le plus beau développement de ces dernières années, reste encore largement sous-dotée. Tous les moyens ont été engloutis par le chantier de la HD, alors que France24 n’est toujours pas diffusée en Haute définition. Les rédactions, elles, sont exsangues à force de faire toujours plus d’antenne, sans aucun moyen de production.

Les propos lénifiants et apaisants de notre présidente ne peuvent masquer ce constat accablant.

Quelques exemples…

De 2004 à 2008, RFI avait installé plus de 30 émetteurs FM supplémentaires dans le monde poursuivant ainsi une action de développement engagée depuis les années 90. Quel est le nombre de nouveaux émetteurs installés depuis 2012 ? On les cherche, désespérément…

Qu’est devenu le projet d’antenne en langue anglaise 24h/24, pourtant jadis accepté et soutenu par les tutelles, qui aurait enfin permis à RFI de se développer, notamment, en Afrique anglophone, voire en Asie où la BBC connaît une forte progression de son audience dans cette langue ? Le projet a été remplacé par l’idée saugrenue de diffuser le son de France 24 en anglais, en baissant la production originale !

Où est passé le projet d’antenne lusophone ? Aux oubliettes, certainement, alors que la France cherche à développer ses relations avec le Brésil, mais aussi l’Angola et le Mozambique…

Pour France24, l’antenne en espagnol est toujours brandie comme LE grand projet dont les tutelles n’auraient toujours pas compris le fantastique potentiel. Mais ce projet a-t-il seulement été plus loin qu’un demi-paragraphe dans une version préliminaire du COM (contrat d’objectif et de moyens), et de vagues promesses à la Rédaction Amérique latine de RFI ?

Pour tout cela, notre présidente était sans doute trop occupée à préparer sa candidature à France Télévisions…

Mme Saragosse a échoué dans beaucoup de domaines. Elle s’est contentée de « piloter à vue »,  de gérer le groupe sans conviction avec un seul objectif : « ne pas faire de vagues ». On pouvait attendre mieux qu’une « paix sociale » en trompe-l’œil qui n’a réglé aucun des problèmes auxquels les salariés sont confrontés.

On pouvait espérer la mise en place d’un statut commun pour tous les personnels de France Médias Monde dont on ne sait toujours pas s’il verra le jour.

On aurait aimé voir cette présidence mieux défendre le budget des rédactions, rogné chaque année, malgré une actualité internationale toujours plus chargée.

Quant à la finalisation de l’accord d’entreprise présenté par notre présidente et son équipe comme la « pierre angulaire » de sa politique sociale, le projet est devenu l’Arlésienne de son mandat !

Que Mme Saragosse soit nommée -ou non- à France télévisions n’est ni le problème des personnels de France 24, ni de MCD, ni de RFI. Mais l’état dans lequel elle quitte France Médias Monde les inquiète à juste titre.

« Dans l’univers fortement concurrentiel des médias internationaux, qui ne progresse pas régresse, et cela de façon définitive » écrivait Marie-Christine Saragosse lors des négociations sur le Contrat d’Objectifs et de Moyens.

Son bilan montre qu’elle a vite oublié cette évidence.

 Que notre présidente aille, ou non, poursuivre sa carrière à France Télévisions, il revient aujourd’hui à l’Etat d’intervenir pour mettre fin à cette dérive et de clarifier sa position sur les moyens qu’il entend attribuer à l’audiovisuel public extérieur pour mener à bien ses missions.

 

 

Radio France : tribune de Hubert Huertas, élu SNJ

AA lettrine articlesFolie des grandeurs d’un PDG, budget en déficit, chantier de la Maison ronde qui dérape, grève d’une durée historique révélant un malaise social profond, Radio France est aux prises avec une crise majeure. En proposant de regrouper les rédactions, la Cour des comptes révèle la nature politique de cet imbroglio.

D’abord, accuser son chien d’avoir la rage. La rage de la dépense. Donc le mettre au pain sec. Et tant pis si l’État a signé en 2010 un contrat d’objectif et de moyens (Com) prévoyant une augmentation des crédits jusqu’en 2015, puis décidé en 2012 de revenir sur sa signature pour baisser les dotations. Et tant pis si le chantier de rénovation de la Maison de la radio a dérapé dans ses coûts. Il manquera donc 20 millions d’euros dans le budget 2015 de Radio France.

Constater ensuite la colère provoquée sur les personnels par ces restrictions successives, puis par l’annonce d’un plan social. Y ajouter les révélations sur les dépenses du jeune PDG présumé prodige, et en déduire que décidément ce chien a bel et bien la rage.

Glisser enfin d’un problème purement budgétaire, qui incombe aux errances de l’État et aux erreurs des directions successives, pour jeter le bébé avec l’eau du bain, en proposant de régler leur compte à des antennes écoutées chaque jour par le quart des Français. Adieu France Inter, France Info, France Culture, France Musique. C’est le sens de ce que recommande la Cour des comptes dans un rapport publié ce mercredi. Radio France serait donc au bord du gouffre, si on s’en tient au discours du gouvernement, et désormais de l’UMP, laquelle emboîte le pas de la Cour des comptes pour demander le regroupement des rédactions, ainsi que la fusion des deux orchestres.

À les entendre il y aurait le feu au lac. La quantité d’argent public engouffrée dans ce tonneau des Danaïdes serait effrayante.

Quelle est donc l’ampleur du drame ? Radio France, c’est-à-dire une cinquantaine d’antennes nationales et locales, ainsi que deux orchestres de renommée mondiale, coûtera 650 millions d’euros en 2015, essentiellement prélevés sur la redevance. Cela représente donc environ 10 euros annuels par Français, soit 80 centimes par mois. Voilà l’enjeu qui fait frémir !

Le déficit qui justifie l’effroi public sera quant à lui de 20 millions d’euros cette année, et sera le premier de toute l’histoire du groupe Radio France. 20 millions ! Une horreur économique si l’on en juge par l’émotion suscitée. Une somme presque cinq fois moins élevée que ce que coûte le seul Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain (95 millions d’euros annuels). Bien sûr l’argent de la radio est public, et celui du foot est privé, mais tout de même ! Dans ce pays, le patrimoine national que constituent France Inter, France Info, France Culture, France Musique, ainsi que deux formations symphoniques, vaudrait moins qu’un buteur ?

On a donc du mal à croire que le mélodrame politico-économique qui se joue devant le pays puisse reposer sur des ressorts aussi modestes. Il faut chercher ailleurs la nature des enjeux véritables, et la Cour des comptes vient étrangement d’en révéler les dessous.

Le procès en dépenses excessives ne date pas d’hier à Radio France. En 1986, le programme législatif de la droite alors dans l’opposition prévoyait déjà des fermetures d’antenne. À l’époque, les locales implantées depuis 1981 étaient accusées de coûter trop, et d’être moins écoutées que les radios locales privées. C’est vrai, on payait des journalistes pour faire de l’information, et des animateurs pour distraire en informant, et cela avait un prix. C’est vrai, mais trente ans plus tard quel autre réseau subsiste ? Et qui peut ignorer que le Réseau Bleu talonne ou dépasse RMC Info en terme d’audience ?

Quant aux antennes nationales, qui peut sérieusement soutenir que France Inter n’est pas une radio différente, que France Info n’a pas été imitée partout, et ne prouve pas chaque jour son utilité, que France Culture n’occupe pas un créneau irremplaçable ? Qui peut soutenir que ces radios ne sont pas différentes entre elles ? Or, au nom d’une crise financière très relative (20 millions d’euros de déficit représentent 3 % du budget), voilà qu’on ressort le dogme ultralibéral : différentes ou pas, les antennes de Radio France seraient identiques et coûteraient cher puisqu’elles seraient publiques. Et puisqu’elles sont les mêmes il faudrait les regrouper !

Supprimer, tailler, concentrer, l’idée fixe est obsédante, et son principe circule depuis longtemps dans les travées de la Maison ronde. L’innovation de la Cour des comptes est simplement de la porter à un niveau que personne n’avait osé formuler. On ne fusionnerait plus des services, sport ou politique par exemple, mais toutes les rédactions. Il n’y aurait plus trois ou quatre voix, susceptibles d’apporter trois ou quatre messages différents, mais le vieux rêve pompidolien de « la voix de la France ».

Le remède ne serait pas de se livrer à une chasse aux gaspillages (il en existe), pas de réduire les abus (il en existe aussi, marginalement), pas de renégocier des avantages excessifs (s’ils existent…), pas de nommer des dirigeants compétents, mais de liquider les antennes ! Officiellement Inter, Culture, Info, Musique, ne disparaîtraient pas, puisque seules les rédactions seraient concernées. Vaste blague ! Comment se traduirait cette innovation sur les antennes, au moment stratégique des matinales ? À France Inter, le 6-9 est exclusivement présenté et préparé par la seule rédaction. Donc il disparaîtrait. Même chose avec France Info. Et à France Culture la rédaction occupe la moitié du temps. Donc à la trappe avec les autres, au profit d’une voix unique comme le Parti du même nom…

L’objectif ultime de la séquence n’est donc pas de nature économique mais de nature politique. Il s’agit de réduire la part du public dans le secteur de la radio, alors même que ce service public avait su, tout au long de son histoire, apporter une offre différente. Aujourd’hui encore, à l’heure du développement d’Internet, Radio France tire son épingle du jeu. Le site de France Culture est par exemple l’un des plus podcastés de France…

Il est d’ailleurs symptomatique, dans ce domaine comme dans bien d’autres, que la Cour des comptes, d’abord chargée de contrôler l’exécution des dépenses, prétende aujourd’hui dicter leur politique aux politiques, au seul nom de « la dépense ». Imaginez un peu la même Cour dans les années 1960, enjoignant le pouvoir d’interrompre le programme du Concorde au nom de raisons d’argent. Charles de Gaulle aurait tonné : « La politique de la France ne se décide pas à la corbeille » ! Les temps ont changé. Aujourd’hui, la Cour recommande à l’État de se faire tout petit, dans tous les domaines. Enfin presque tous… Chaque année les 735 magistrats de la Cour des comptes coûtent au pays 214 millions d’euros.

Texte initialement publié par Mediapart : www.mediapart.fr

Renouvellement des caméras : le choix de Sony

AA lettrine articlesC’est donc officiel : la direction de France Télévisions a choisi Sony comme fournisseur des caméras de reportage de France Télévisions.

Marck Krief, directeur délégué à l’ingénierie, l’a confirmé aux élus du Comité Central d’Entreprise (CCE). Le renouvellement des caméras concernera toutes les stations de France Télévisions, sans exception, et le déploiement des 750 unités prévues devrait s’étaler de fin 2015 à début 2017.

Cette annonce était très attendue dans les antennes de France Télévisions, en particulier dans les rédactions. Elle permet d’espérer (enfin!) un parc unifié de caméras sur l’ensemble de l’entreprise, avec des systèmes compatibles et des échanges simplifiés.

Les centaines de JRI et OPV de France Télévisions ont sans doute envie de pousser un « ouf » de soulagement : le parc actuel, composé essentiellement de caméras Panasonic ou Sony achetées entre 2006 et 2008, est en effet à bout de souffle. Dans de nombreuses rédactions, nous sommes confrontés depuis trop longtemps à un matériel usé, à des modèles inadaptés aux besoins, voire parfois à la pénurie de caméras.

La direction annonce donc l’achat de « 750 unités environ », avec trois modèles Sony entièrement compatibles entre eux : caméra dite d’épaule, la plus lourde ; caméra de poing, nettement plus légère ; et enfin un troisième modèle, au poids et à la maniabilité intermédiaires. La direction affirme que les images produites seront « d’égale qualité, qu’importe le modèle ». L’ensemble du parc permettrait de travailler en SD comme en HD, et serait garanti cinq ans.

Cette diversité de modèles répond, sur le principe, à une demande exprimée par de très nombreux JRI et OPV ainsi qu’aux recommandations de la médecine du travail. Il est indispensable de pouvoir choisir (en tenant compte des priorités éditoriales mais aussi des contraintes physiques et logistiques) le matériel le plus adapté à chaque tournage. Rappelons que les caméras de poing, souvent très utiles, ne sont pas adaptées à toutes les situations et n’évitent pas les troubles musculo-squelettiques.

Mais à l’issue des premiers échanges entre élus du CCE et représentants de la direction, il apparaît que cette répartition des différents modèles selon les stations ne s’appuierait pas sur les souhaits des utilisateurs, mais plutôt sur des arbitrages budgétaires des directeurs des pôles et des rédactions ! On pourrait donc, par exemple, déployer une majorité de caméras de poing dans une station, avant même d’avoir consulté les JRI et OPV locaux !

La direction annonce pourtant vouloir s’appuyer sur une « démarche participative ». Le SNJ exige qu’elle respecte cet engagement en associant les salariés et leurs représentants à la mise en place de ce nouveau parc de caméras de reportages. La concertation doit avoir lieu dans toutes les stations, où ce « panachage » doit être débattu, tout comme l’environnement technique (trépied, micros, lumières, accessoires…) de ces caméras. Il en va de la qualité de nos reportages et de la santé des JRI et OPV de l’entreprise. Le SNJ sera également extrêmement vigilant sur l’accès aux formations sur ce nouveau matériel.

Paris, le 30 mars 2015

2015-03-30 Renouvellement des caméras – Le choix de Sony

Compte-rendu SNJ – CE du 25 mars 2016

AA lettrine articlesD’abord un préalable SNJ-SUD-CFDT* (voir plus bas) et 1 CGT à propos du projet de chaîne info.

– Inquiétudes des élus sur les infos qui filtrent du siège. 3 jours de formation annoncés en région pour initier 9 personnes aux « nouvelles » façons de travailler en rédaction : stand-up, etc. Les rédac chefs doivent travailler sur de nouvelles approches éditoriales pour le 12/13. Gérard Vallès (GV) commente: ces formations ne seront pas à l’usage exclusif de la chaîne info, ne sont pas directement en lien avec elle, mais que si elle en bénéficie, ce sera tant mieux. Pour GV, c’est bien « d’upgrader les gens »… !!! Michel Field va faire des propositions.

Dans le pôle SO, les formations se feraient à Bordeaux  par « tranches » de 3 personnes / rédaction. Ex : sessions avec : 3 journalistes de Bordeaux, 3 de Poitiers, 3 de Limoges, pour ne pas perturber le fonctionnement des rédactions.

Vos élus SNJ insistent sur le risque d’appauvrissement des JT régionaux, sur les effectifs, la forme et le fond. GV, dit en être conscient. Ça pourrait faire mal à sa (et notre) carte de presse.

– ETP : le credo de la direction FTV : pour 2016 sur le pôle SO le chiffre est lâché entre deux phrases: l’objectif est de 764 ETP.

– Audiences : les Docs désormais placés le Lundi soir vers minuit font la moitié de l’audience par rapport à leur précédente exposition. Mais LM (Laurence Mayerfeld) relativise et explique que c’est une case pour donner une chance à des réalisateurs récents dans le métier, ce qui ne serait pas possible sur une case plus regardée.  Cap Sud-Ouest, qui a aussi changé d’horaire depuis janvier, fait moins en PDM, mais au moins autant d’audience qu’avant, voire plus, en nombre de téléspectateurs.

– Entretiens professionnels : ils correspondent à une exigence légale, et se rajoutent à ceux déjà existants.  Dans beaucoup de cas, ils seront probablement couplés aux entretiens annuels, mais il faut distinguer entre les 2, qui n’ont pas le même objectif. Dans le pôle, 90% des entretiens annuels sont réalisés selon la direction.

– Locales : la commission des locales, dans son rapport, constate une perte de téléspectateurs, due notamment au fait que la direction stoppe la diffusion pendant les ponts, vacances scolaires etc. Les élus avaient précédemment demandé que les locales soient sur les Box. GV a pris en compte la demande et pense finalement qu’il serait possible pour les locales d’avoir accès aux Box. La direction du pôle reviendra vers les élus pour donner d’autres infos par la suite.

Mais pour lui, il faudra « en finir avec la notion d’édition, cela ne correspond pas aux supports numériques. Il faudra travailler autrement ». LM précise : pas question de baisser l’offre des locales, mais il faut mieux les exposer en faisant des offres différenciées sur le Net.

– Smartphones : à Toulouse, des Iphones 5 dorment depuis Janvier dans les placards, alors qu’ils sont destinés aux journalistes.

– Règlement intérieur et charte informatique : projet de refonte de ces 2 documents. Avis négatif des CHSCT de Limoges et Bordeaux. Les élus du CE sont inquiets de certaines dérives mettant en cause les libertés individuelles dans ces projets de textes, notamment pour la charte informatique (accès aux mails et données personnelles des salariés possible pour la direction notamment). A L’UNANIMITÉ, LES ELUS REFUSENT DE DONNER UN AVIS. Ils demandent le report de la consultation pour pouvoir notamment faire analyser ces projets de textes par des juristes.

– Bilan de l’emploi : la commission qui devait s’y pencher estime qu’elle n’a pas eu toutes les infos de la part de Bruno Girault (BG), le DRH. Et celles qu’elle a eues manquaient souvent de fiabilité. BG, vexé : « puisque c’est ça, je ne vous donnerai plus les tableaux de l’emploi sur 5 ans, je ne suis pas obligé, je suis le seul à les fournir ». Na !

En tous cas, difficile d’y voir clair sur le bilan du PDV, la commission a travaillé avec ce qu’elle a pu. 19 postes étaient à supprimer dans le pôle, en gros c’est fait. Quelques licenciements (6) ont été réalisés. Mais il y a encore 18 demandes de salariés de niveau 2 non satisfaites.

Mais globalement, la direction le reconnaît, le PDV n’a rien apporté en matière de baisse de la masse salariale dans le pôle… Car il y a eu parallèlement, notamment, des requalifications…

– Intérimaires : F3 a de + en + recours aux intérimaires : 5 ont travaillé + de 100 jours… Le recours à l’intérim en lieu et place des autres contrats est en furieuse augmentation, la chaîne croit qu’elle n’est pas redevable à ces salariés qu’elle pense plus malléables… Elle risque d’avoir des surprises…

– Heures supplémentaires : la direction a donné un document global faisant état des heures sup’ dans le pôle. Pour le détail, là encore, il faut faire avec les approximations de notre DRH… Le secrétaire de CE est en possession d’un document plus détaillé et chiffré, mais pas le DRH… qui veut bien qu’on lui passe le fameux document… lequel mentionne par exemple qu’au 30 juin 2015, l’équipe de gouvernance du pôle SO aurait effectué 331 heures sup’.

– Postes vacants :

– les 5 CDD de Montpellier et Perpignan requalifiés par la justice le mois dernier, suite : la direction du pôle leur a proposé des CDI sur les postes qu’elle a « sous le coude » : des titulaires de Nîmes pourraient venir à Montpellier, négociations en cours.

-Poitiers : 2 postes de rédacteur pourvus récemment (1 journaliste de Marseille, 1 d’Amiens). 1 seul était en consultation, mais suite à un décès, le second a été pourvu sans être publié dans la foulée du COCA. 1 autre poste est gelé. La rédaction a grand besoin de JRI, car il existe un déséquilibre entre ceux qui exercent ce métier dans les faits, et les rédacteurs. La direction n’a pas eu de retour en ce sens de son encadrement sur place  et estime donc qu’il n’y a pas d’urgence…

-L’ex poste vacant de pilote Web de Bordeaux a été pourvu sans être publié. Pourtant, lors du précédent CE, la direction nous avait affirmé qu’il l’avait été. Cette fois, elle dit « non, on ne vous a jamais dit cela ». Rires : c’est marqué dans le PV !

– Passage en HD: pour l’instant, le signal qui part de France 3 sera reconverti en HD par TDF. Dans les semaines à venir, F3 s’équipera dans le pôle de matériel pour la conversion en HD, qui sera faite début juillet. Le matériel à disposition (Avid etc) n’étant pas encore adapté au HD, les nouveaux caméscopes, compatibles HD, seront réglés dans un premier temps sur le SD (format actuel). Au fur et à mesure du renouvellement des régies, elles seront équipées de matériel HD.

– Maquillage : à Bordeaux et Toulouse, cette fonction est assurée par des permanents. Ailleurs : soit des contrats d’intermittents, soit des prestataires, comme à Limoges. Les élus se posent des questions sur le statut de ces prestataires, qui sont des entreprises privées : sont-ils (elles) des auto-entrepreneurs ? Réponse la prochaine fois, la direction ne sait pas exactement… mais prévient : il y a le secret des relations commerciales…

– Conditions de travail : suite au rapport Vacquin, l’ANACT (agence pour l’amélioration des conditions de travail) interviendra dans 2 sites F3: Grenoble et Bordeaux. A Bordeaux, elle lancera une étude sur le processus de fabrication des JT, pour identifier des pistes d’amélioration dans l’organisation du travail ou encore l’éditorial,… A Bordeaux, le groupe de travail, de 10 à 15 personnes, sera animé par 1 personne de l’ANACT et l’adjoint au chef de centre. 5 réunions sont prévues, la 1ère le 29 avril, la dernière le 5 juillet.

– Collaborations extérieures des journalistes : la liste a été publiée nationalement antenne par antenne. Or, pour Limoges et Poitiers, les cases sont vides, alors que des « prestations » ont très vraisemblablement été faites à l’extérieur. Pourquoi ? GV ne sait pas. Il indique que la règle est que les demandes transitent par les rédacteurs en chef ou les DRA et lui remontent pour validation. Il est donc fort possible que certaines demandes ne soient pas parvenues jusqu’à lui… Mais c’est vrai, Bordeaux, Toulouse, c’est beau mais c’est loin !

Bordeaux, le 28 mars 2016. 

 

 

 

* Préalable SNJ/ SUD/ CFDT 

Niveau « éditorial standard », stand-up de 50 secondes, « mise à niveau », 9 journalistes par antenne mis à disposition de la future chaîne Info… Ces informations ont été délivrées par certains rédacteurs en chef devant leurs journalistes au cours de la présentation de la refonte du 12/13… Cela augure mal du mode de participation des journalistes en région à la future chaîne Info.

Ces 9 rédacteurs ou « compétents complémentaires » identifiés dans chaque antenne comme correspondants de la chaîne Info subiront 3 jours de formation pour une « mise à niveau » en rapport avec les attentes de la future chaîne.  

A l’instar de nos confrères des bureaux de France 2, serons-nous transformés en simples contributeurs des JT, fournissant sur commande des « éléments de sujet », ou des stand-up pré-formatés, pour satisfaire une nébuleuse ligne éditoriale?

Une situation que les signataires ne peuvent évidemment pas admettre. Comme le rappelle la Charte professionnelle, le journaliste n’est en aucun cas un simple exécutant faisant parvenir des pièces détachées pour un assemblage final hasardeux.

Une telle contrainte risque d’appauvrir considérablement le fond de nos journaux régionaux, déjà victimes du manque de moyens. 

Ces « contributeurs » seront-ils remplacés dans leurs rédactions ? Ou bien y aura t-il des hommes/femmes-orchestre à la disposition à la fois de la chaîne Info et des éditions régionales?

Une chaine low cost, dans laquelle le personnel technique sera plus que réduit, le métier de monteur bafoué, d’autres métiers mis sur la touche. Exemple : les scriptes.

Nous exigeons plus d’informations de la direction du pôle SO sur ce qui est décidé dans les nombreuses réunions éditoriales parisiennes du moment, et qui concernera à très court terme chacun d’entre nous.

Nous n’accepterons pas à France Télévisions une uberisation du métier de journaliste.

Bordeaux, le 25 mars 2016

Compte-rendu SNJ – CE du 25 mars 2016

Agression d’un JRI : communiqué du SNJ FTV

AA lettrine articlesLe SNJ France Télévisions tient à apporter son total soutien à notre confrère journaliste reporter d’images agressé hier à Paris.

Ce JRI, employé en CDD par la rédaction nationale de France Ô, couvrait le procès de l’abbé Xavier Beauvais, poursuivi pour une injure raciale qui aurait été lancée dans une manifestation du mouvement catholique Civitas.

Pris à partie par un des partisans de l’abbé Xavier Beauvais, notre confrère a été molesté et frappé au visage. Son agresseur aurait été arrêté par les gendarmes.

Très choqué, le JRI a été transporté à l’hôpital pour plusieurs examens (l’œil gauche a été touché).

Le SNJ France Télévisions dénonce cette agression et souhaite à ce confrère un rétablissement des plus rapides, suite à ce traumatisme subi dans l’exercice de son métier. Une plainte a été déposée et nous espérons que la direction de France Télévisions, comme elle s’est engagée à le faire, se portera aux côtés de ce journaliste dans cette procédure judiciaire.

Paris, le 26 mars 2015

2015-03-26 Agression d’un JRI – communiqué du SNJ FTV